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Lecture # 10 : Gone Baby Gone

Par Soupaloignon

Lecture # 10 : Gone Baby Gone

Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda McCready, disparue mystérieusement par une belle soirée d’automne. Leur rencontre avec la mère d’Amanda est pour le moins troublante : cette jeune femme de vingt-huit ans, célibataire, paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille qu’elle avait laissée seule, le soir du drame, pour aller dans un bar. Sa vie ne tourne qu’autour de l’alcool, de la drogue et de la télévision. C’est néanmoins la drogue qui fournit à Patrick et Angie leur première piste. Ils découvrent en effet que la jeune femme “dealait” pour le compte d’un certain Cheddar Olamon, à présent derrière les barreaux, et qu’elle aurait détourné les deux cents mille dollars de sa dernière livraison.
Le marchand de drogue se serait-il vengé en kidnappant la fille de son “employée” ?

Dès les premières pages, l’auteur marque le coup en revennant, le temps d’une note, sur le problème de la disparition d’enfants aux USA.  Il y donne les chiffres du nombre et y différencie les cas de fugue, enlévèment par un membre de la famille et montre le constat des cas non résolus.

Toujours plongé dans un thriller urbain, le duo se fait engager par la tante et l’oncle de la fillette enlevée car sa mère est trop occupée à se montrer aux médias. Comme à son habitude, Dennis Lehane nous mène en bateau avec de fausses pistes qui font piétiner et n’aboutissent à rien. Puis finalement ces détails insignifiants, qui pourtant sont démentis se révèlent être les indices qui permettront de trouver les réponses.

Mais encore une fois, l’histoire ne sert vraiment qu’à monter une galerie de personnages. L’Amérique qui ne vit que par la TV en ne pensant qu’à regarder ses émissions préférées, à essayer d’y passer et se voir y passer. Ces personnes totalement déconnectée de la réalité et abrutis par l’écran télévisuel au point d’en oublier ses enfants, sont totalement représentés par la mère d’Amanda. On retrouve également les dealers pour qui, la seule chose qui compte est d’avoir une meilleure réputation et de la maintenir. Il place également un certain type de policiers qui sont également prêt à tout pour leurs convictions et chef.

Le tout formant une réflexion que sur la société américaine tout en laissant le lecteur se faire sa propre opinion, comme cela avait déjà été abordé avec le racisme dans le premier tome.

L’intrigue en elle-même est basique dans sa construction avec ses fausses pistes qui nous font piétiner en n’aboutissant à rien avant de se révéler être des indices pouvant apporter la réponse. Les règles du polar sont maintenues avec une enquête qui sera évidement résolue. Mais contrairement à ce que l’on attendait, la résolution de celle-ci sera moins évidente qu’elle en a l’air, la faute (la chance surtout puisque cela permet de faire durer la lecture) par l’instinct de Patrick Kenzie qui sera confronté à Angela dans une question d’éthique où l’on sent que l’auteur lui-même se pose une vraie question sur un sujet qui doit lui tenir à cœur, du fait de son passé d’éducateur.

Plus fort émotionnellement que A Drink Before The War mais moins violent que Darkness, Take My Hand, ce livre plonge encore plus le lecteur dans la noirceur des personnes que l’on peut cotoyer tous les jours  et qui ne sont pas toujours ce qu’ils semblent être.  On l’en apprend encore sur le couple Kenzie – Gennaro et sur la vision de l’auteur de la société américaine. Cependant, j’aurais préféré que son point de vue soit un peu plus clair et plus accès sur ses personnages principaux.

Mais cela n’enlève en rien les énormes qualités de Dennis Lehane qui est vraiment un grand Ecrivain.


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