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1941

Par Gicquel

 » 1941″ de Steven Spielberg ( Universal )

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Ca , ce sont les gardiens de Los Angeles, qui du haut de la grande route d'une fête foraine , surveillent le ciel . Effarant , non ?

Ce film , c’est toute une  histoire, et encore un peu plus. C’est pourquoi le making of est très bavard, qui de Steven Spielberg à toute l’équipe technique, tentent d’expliquer les tenants et les aboutissants d’une loufoquerie aujourd’hui encore conservée dans son formole de bizarrerie.

Les scénaristes partent d’une histoire vraie : après le traumatisme de Pearl Harbour, l’Amérique voit des japs partout et craint surtout une invasion sur la côte californienne. Aussi le jour où un sous marin du soleil levant réussit à s’approcher du goémon américain, c’est la panique à Los Angeles.

A partir de là , les scénaristes Robert Zemeckis , et Bob Gale imaginent ce que cela aurait pu donner dans une version on ne peut plus absurde. «  En réalité on partait plutôt sur l’humour noir » confie le duo «  mais une fois dans les mains de Spielberg et au fur et à mesure que le casting s’élaborait c’est devenu quelque chose de plus drôle ».

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Rien que le cas  du capitaine Will Bill Kesto est très parlant . Au départ c’est un rôle plutôt mineur, mais quand le choix de l’acteur se porte sur John Belushi il n’est plus question de le minimiser. Surtout que le bougre, imprévisible,  en rajoute à sa façon . Spielberg en sourit encore . «  Je ne savais jamais s’il allait donner la bonne réplique, ou s’il n’allait pas improviser. Il y a une scène où il n’arrive pas à grimper sur l’aile de l’avion et se casse la figure , bien sûr ce n’était pas prévu, mais on l’a gardée au montage ».

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Il faudrait tout un dvd pour évoquer le blue brother , dit encore le cinéaste,qui pour l’occasion projette quelques images de sa collection personnelle sur l’individu.

Des anecdotes de ce type et des renseignement encore beaucoup plus sérieux Spielberg en a des tonnes qu’il confie dans les suppléments , tout en confiant son amertume de n’avoir pas été compris .

«  Pour moi j’ai abordé cette réalisation comme  un jeu vidéo du genre Dom II, mais nous étions en 1979, et j’étais un peu en avance avec mes explosions d’images , et de son . Je pense que la génération actuelle pourrait mieux le comprendre » . Avec par exemple cette torpille en folie qui traverserait  toute la ville , avant de s’échouer lamentablement .

A la lecture du scénario, même ses plus proches amis avouent leur réticence, et John Wayne contacté pour le rôle du major Stillwell (Robert Stack) se dit horrifié par «  un tel projet anti-américain . Il discrédite la mémoire de ce qui s’est passé. » Idem pour  Charlton Heston , qui le trouve anti-patriotique . Même si l’Amérique n’est pas vu sous son jour le plus flatteur, on peut quand même en rire , reprend Spielberg qui parle alors de tartes à la crème , comme dans les vieux films muets.

1941

John Belushi, bien loin des " Blue Brothers"

En réalité le réalisateur reconnaît  qu’il n’est pas allé jusqu’au bout de son idée, qui était de faire une comédie musicale sur l’âge d’or hollywoodien . Une fois l’aveu entendu, tous les techniciens, des effets spéciaux à la photographie, en passant par le casting,  rapportent leurs propres anecdotes. Ca dure près de deux heures, avec en prime des scènes coupées . On ne s’en lasse pas, ce qui n’est pas le cas pour le film .

Si  ce n’est pas le film culte que l’on pouvait entrevoir à la fin des années 80 , « 1941 » demeure une page inénarrable dans l’histoire du cinéma. Que Spielberg évoque très bien à travers sa propre réalisation et tous ses à-côtés. Vous pourrez alors toujours vous amuser à retrouver quelques clins d’œil sympathique à un duel routier épique ou à un requin que le même Spielberg avait mis en scène . Attention, il n’y a rien à gagner .


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