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Qui a dit : “être capable de vendre n’importe quoi à n’importe qui” ?

Publié le 22 décembre 2009 par Kamizole

besson-pilier-de-comptoir-4-dec-2009.1261399687.jpgNon ! Si vous pensiez à Bernard Tapie, vous avez tout faux… Il ne vaut sans doute guère mieux – encore que la seule qualité que je reconnaisse à “Nanard” soit précisément d’avoir combattu Le Pen - mais c’est un homme politique français qui me semble encore pire : Eric Besson. Quand il se dit «sans états d’âme» au ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, je ne suis plus surprise… S’il avait déjà cette mentalité à 24 ans, lors de son échec à l’ENA – alors qu’il achetait pour 15000 francs un encart publicitaire dans Le Monde – il est capable de tout pour arriver.

Je me suis intéressée à cette fameuse pub, précisément par ce qu’elle figure dans «l’enquête sur l’homme le plus haï de la République» menée par Vanessa Schneider dans Marianne (n° du 12 au 18 décembre 2009) et qu’elle a déclenché ma curiosité de petite souris chercheuse. Je ne suis pas déçue du voyage !

En allant sur Google j’ai déniché un article du Parisien-Aujourd’hui en France paru le 7 octobre 2009 L’heureux recalé de l’ENA qui m’en apprend beaucoup. D’abord, en ce qui concerne son échec au concours d’entrée à l’ENA, il se contentait d’écrire que «le jury a estimé que je ne correspondais pas aux critères qui font un bon haut fonctionnaire»

Soit. Mais il se garde bien d’en donner les raisons. Selon ce que je lis «Le jury le prend de haut, finit par lui reprocher son arrogance. « Vous avez l’échine raide»… Il ne se mouchait déjà pas avec le pied ! Mais contrairement au titre, je ne pense pas que cet échec l’ait rendu heureux, bien au contraire. Une blessure narcissique de plus.

Ceci dit, personne n’aime les échecs et moi pas plus que quiconque. J’ai passé pas mal d’oraux dans ma vie mais je n’ai jamais fait preuve d’arrogance. L’exercice est redoutable quand vous êtes interrogé par un jury de cinq voire sept personnes. Je pouvais sembler avoir une certaine aisance car j’étais à peu près sûre de moi et habituée à de bonnes notes mais j’étais sacrément nouée à l’intérieur !

Etre capable de vendre n’importe quoi à n’importe qui… Même mentalité petit marchand de tapis que son maître (actuel) Nicolas Sarkozy. C’est bien ce que fit Eric Besson, notamment en Afrique. Il avait été engagé par Renault-Véhicules Industriels (RVI). «J’ai signé pour les pays les plus durs », raconte le ministre. Il part en Angola, au Mozambique, en Guinée-Bissau «vendre des flottes de camions ou des usines clés en main»… Tout ce dont l’Afrique a besoin ?

Rentré en France après un séjour en Chine et avoir brièvement dirigé la rédaction du journal Challenges, crée une boîte de chasseurs de tête qu’il dirige pendant cinq ans, il rencontre ensuite Jean-Marie Messier que l’on ne présente plus : il a précipité la chute de Vivendi par sa folie des grandeurs et des appétits démesurés en matière d’acquisitions. L’article dit qu’Eric Besson a «touché de l’or en proposant des emplois aux jeunes des quartiers»

Cette phrase ne pouvait que m’intriguer et je voulais bien évidemment en savoir plus… Rien de tel que Wikipedia pour son pedigree. Bingo ! «il rejoint le conseil en ressources humaines et la lutte contre l’exclusion (Fondation Face et Fondation Vivendi). Il est délégué général (1996-2001) de la Fondation de la Compagnie générale des eaux (CGE), transformée en Fondation Vivendi par son ami Jean-Marie Messier».

Je voulais en savoir plus sur les emplois proposés aux jeunes des quartiers et j’ai déniché sur le site de Vivendi un compte-rendu du cinquième anniversaire de la Fondation qui s’était tenu à Paris le 22 janvier 2001. J’y apprends que 1493 projets primés - et un budget de 130 millions de francs - avaient permis la création de 15500 emplois en 5 ans dans les activités de services, essentiellement «dans les services traditionnels comme l’aide aux personnes âgées, l’animation culturelle ou la protection de l’environnement»

Bref, la panoplie habituelle des “petits boulots” proposés sous le gouvernement Jospin aux jeunes des cités. On ne dit rien en matière de formation… Mais ces emplois n’en nécessitent guère. Il est bien évident que Besson – à cette époque délégué général et membre du Parti Socialiste, proche de Jospin – n’est pas allé au contact des jeunes des cités. Il s’est contenté de faire du fric.

Aujourd’hui, il essaie de nous “vendre” le débat sur «l’identité nationale»… Je ne suis pas acheteuse.

L’article signale qu’il affirme «Je pars à chaque fois que je me lasse». Espérons qu’il se lassera très vite d’être «L’homme le plus haï de la République»… Continuons à lui pourrir la vie en épinglant chacune de ses vilenies… Qu’il parte le plus vite possible !

:)


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