L'huître de bruyère

Par Olif

Les Bruyères et l'huître, l'argile et le calcaire, improbable association de la terre et de la mer, que d'aucuns n'hésiteraient pas à considérer contre nature. Mais à l'instar du coq, l'huître peut s'accommoder de la bruyère.

A ma gauche, un Arbois Les Bruyères 2000 de Stéphane Tissot, droit dans ses bottes, fier d'être jurassien, avec sa minéralité argileuse qui s'enveloppe d'un léger gras pour se complexifier, tout en gardant une certaine tension et de la vivacité.

A ma droite, des Gillardeau spéciales n°3, particulièrement charnues et goûtues, aux délicats arômes de noisette, finement iodés.

Le ring, c'est la terrasse du Jura pontissalien, débarrassée de sa neige qui, en regardant bien, traîne encore un peu dans les coins, mais que le soleil printanier darde de ses rayons primesautiers.

La victoire s'est jouée aux points, 10 sur 10 partout, match loin d'être nul. La victoire, c'est surtout celle de savourer ces petites bêtes (sans les coquilles), à la neige, en terrasse et en tee-shirt, avec un vin que certains n'imaginent pas dans des accords extra-régionaux. L'huître de Bourcefranc aime la sensualité et le dépaysement. Ce superbe Chardonnay jurassien lui a procuré de bien jolies sensations, avant qu'elle ne décide de s'autolyser de plaisir dans le gosier d'un autochtone aux bourses franches.

Dieu me tripote, comme disait Desproges!

    

Olif

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