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The Element of Freedom : la chronique

Publié le 02 janvier 2010 par Aliciakeysfrance

Le postulat de départ est simple : Alicia Keys ne nous refera plus ses deux premiers albums. Ou alors dans vingt ans, quand elle aura épuisé ses propres possibilités et tellement repoussé ses limites que la seule façon de renouer avec le succès sera pour elle d’opérer un retour nostalgique vers les origines. Les fans de la première heure, qui auront vieilli eux aussi, seront alors ravis de retrouver cette Alicia qui les avait fait chavirer au début des années 2000 mais qui au fil du temps leur en avait fait voir de toutes les couleurs. Ils pousseront alors l’artiste presque cinquantenaire au sommet du Billboard 200 qui sait, lui, faire abstraction de l’âge et accueillir les artistes de toutes provenances, même les plus improbables.

Mais restons en à cette Alicia Keys version 2009 qui a bousculé les certitudes de ses admirateurs et dérangé leur confort. “The Element of Freedom”, le dernier album de la jeune femme, réalise une grande première parmi ses fans : il ne fait pas l’unanimité. Déjà “As I Am” s’était démarqué des deux premiers albums, “Songs In A Minor” et “The Diary of Alicia Keys“, en tournant le dos au son soul qui avait marqué le début de la carrière d’Alicia. Cette fois, “Freedom” va chercher des influences très loin ailleurs et surtout dans des sphères musicales que l’on pensait étrangères au monde d’Alicia Keys.

Car Alicia, qui avait réussi à faire croire, grâce à son image de post-adolescente surdouée, qu’elle était à elle seule l’héritière de la musique black des années 70, est en réalité une jeune métisse élevée au sein d’un melting pot incomparable, New York, et qui semble être à elle seule un carrefour d’influences, de toutes les influences, quitte à en devenir éventuellement difficile à suivre. Et si elle est, peut-être, la surdouée dont on nous parlait il y a quelques années, il n’y a alors rien d’étonnant à ce qu’elle soit, comme tous les surdoués, légèrement incontrôlable, voire insupportable à ses heures, et surtout adepte de la religion du “Je fais ce que je veux” qui peut engendrer le meilleur comme le pire.

“The Element of Freedom” est un album particulier qui dans sa globalité s’apparente plus à un concept qu’à l’exercice musical qu’il serait sensé se contenter d’être. Alicia le revendique comme celui de la liberté enfin trouvée de créer comme bon lui semble mais il suffit d’une seule écoute de l’album pour réaliser que la liberté dont elle parle est en réalité celle d’aimer qui elle veut. Embarquée (malgré elle ?) dans une confusion médiatique qui a depuis quelques mois mis en avant sa vie privée, phénomène auquel elle était peu habituée, la jeune femme s’est tenue à l’écart et a répondu aux ragots par un silence obstiné et intelligent qui lui a permis d’éviter la surenchère. Et c’est finalement avec “Freedom” qu’elle apporte une réponse assez claire à toutes les suppositions, “Oui je suis amoureuse, oui celui-dont-ne-doit-pas-dire-le-nom est présent dans ma vie et sur l’album, oui j’ai envie de nouveaux sons et je m’offre le luxe de faire l’album qui me plait et pas celui que vous aimeriez entendre”.

Le résultat de cette “mise à nu” est un album inégal mais solide qui, encore une fois, laisse entrevoir les merveilles qu’Alicia Keys pourrait nous offrir si elle avait, ou s’accordait, la possibilité de travailler sans retenue. Car, mais on ne va pas le lui dire pour ne pas la blesser, c’est plus entravée que jamais qu’elle nous apparaît dans son nouvel album, presque incapable de nous parler d’autre chose que d’amour absolu et sans limite.

Mais peu importe finalement. Si cette entrave lui permet de composer des titres comme “Try Sleeping With A Broken Heart“, “Love is Blind“, “Love Is My Disease” ou “How It Feels To Fly”, alors nous sommes rassurés. Son travail sur le son et la mélodie de ces titres témoignent de son ouverture vers d’autres champs musicaux et font rimer richesse et diversité. Quand elle nous présente “Un-Thinkable” ou “Distance And Time“, on se dit qu’Alicia est égale à elle-même, elle ne prend pas de grands risques mais reste dans le travail appliqué et soigné qui porte sa marque. Cependant, quand Alicia cède à une certaine facilité avec “Doesn’t Mean Anything“, on lui en veut presque d’aller perdre son talent dans un titre acceptable certes mais certainement pas digne d’elle.

Dans ce contexte, “Put It In A Love Song“, le duo d’Alicia avec Beyoncé, fait figure de récréation. Mais bien qu’il soit en définitive assez drôle à écouter, il a un inconvénient majeur. Il nous donne l’impression de nous réveiller en sursaut au milieu de l’album et de nous empêcher ensuite de retrouver le rêve agréable qui animait notre sommeil. Le titre est loin d’être la catastrophe que certains redoutaient mais il est particulièrement mal placé dans l’ordre de la tracklist.


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