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Silence radio

Publié le 03 janvier 2010 par Malesherbes

Jeudi soir 31 décembre, notre Président a prononcé une allocution télévisée à la veille de cette nouvelle année, pour nous présenter ses vœux. N’ayant pas eu l’occasion d’assister à cette prestation en direct, j’ai tenté après coup, avant de me reporter à la toile, d’en recueillir sur les ondes quelques échos. J’ai alors été surpris par un phénomène tout à fait inhabituel : les paroles de notre auguste augure n’ont guère suscité de réactions, si ce n’est quelques rares critiques venues de l’opposition.

Je me suis interrogé sur les raisons de cet étrange silence. D’ordinaire, après chaque intervention de Nicolas Sarkozy, ses valets se confondent en prosternations et multiplient les marques d’adoration : quelle fermeté, quelle vigueur, quelle énergie, quelle force dans la démonstration, quel sens de l’Etat, quelle élévation dans la pensée ! Et là, rien, quelques rares mots d’approbation, de ci, de là. J’avance une première explication : comme nombre de Français, ses thuriféraires se sont octroyé quelques vacances. Mais ils préfèrent ne pas les gâcher en travaillant plus sans gagner plus et surtout, ils ne tiennent pas à révéler en quels lieux ces temps de crise et d’écologie les ont conduits à se réfugier.

Je devine aussi une deuxième possibilité : s’exprimant devant les médias, ils s’exposaient à se faire questionner sur le camouflet infligé par les sages du Conseil constitutionnel en censurant la loi sur la contribution carbone. Il me semble avoir entendu une de ces éminences tenter de discréditer cette décision en la qualifiant de politique. Le temps me manque ici pour souligner l’absurdité de cette appréciation mais j’ai la ferme intention d’y revenir.

Comme si cela ne suffisait pas, j’ai relevé une nouvelle insulte lancée à la face de celui qui a su arrêter les Russes en Géorgie, lancer (vers où) l’Union de la Méditerranée, instaurer un nouvel ordre financier mondial, parler haut et clair à Pittsburgh et à Copenhague, avec les éblouissants résultats que l’on sait. Imaginez vous que ces coquins d’Etatsuniens ont choisi, pour la couverture du premier numéro de Time magazine paru en 2010, daté du 11 janvier, un portait en pied d’Angela Merkel, au regard résolu, dans une tenue sombre et sobre, avec un collier discret. Son buste est barré de cette mention outrageante, en caractères  imposants, d'un blanc éclatant : « Frau Europa » (Madame Europe). Et pour enfoncer encore davantage la corne dans le cœur, comme chantait Brassens dans une autre histoire de cocu, ce titre usurpé est suivi de la phrase suivante : « Angela Merkel a plus de pouvoir que tout autre leader du continent. Que va-t-elle en faire ? »

Vite, « qu’un sang impur abreuve nos sillons ! » A Berlin !


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