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Max | Solaire Camus

Publié le 07 janvier 2010 par Aragon

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C'est lui qui aurait du utiliser le pseudo "Abellio".

Que Georges Soulès me pardonne, ce n'est pas lui faire offense que d'avoir cette tentation déviante qui ne tirera aucune ombre sur leurs deux mémoires respectives.

Tentation tellement modeste, elle n'émane que de moi et nul n'en saura jamais rien.

Abellio, car si quelqu'un eut une vocation solaire ce fut bien lui. Solaire, je ne peux le définir qu'ainsi. Philosophe, tout le monde l'est. Qui ne saurait être ami de la sagesse ? Romancier, il y en a tellement. Il y a tellement de talents philosophiques et littéraires. Mais solaire ! Ça c'est une autre paire de manches.

Il fait dire aussi par la bouche de son Caius Caligula "qu'il suffit peut-être de rester logique jusqu'à la fin". Solaire et logique il le sera. Libre de toute appartenance, de tout enfermement, sentimental, politique, philosophique, clanique, social, environnemental. Solaire et libre.

Il résiste dès 1941. Il est le seul intellectuel, au mois d'août 45, à dénoncer les bombardements atomiques sur le Japon. Il condamnera de toute sa force, de tout son poids, le crime, la déshumanisation, les aberrantes monstruosités qu'un régime politique peut générer. Sartre, aveuglé, empêtré, ne lui pardonnera pas quand il dénoncera un "parti des travailleurs" qui enferme dans des camps, assassine des millions de personnes.

Il crie : massacres de Sétif en 45, la France assassine 45.000 algériens qui commencent à parler d'indépendance. Il crie : massacres de Madagascar en 47, la France assassine 89.000 malgaches qui avaient les même velléités. Espagne fasciste, il crie. Répression soviétique en Hongrie, il crie. Position contre la peine de mort, il crie. Le drame algérien et la guerre d'indépendance seront "un malheur personnel".

Janus biface. Deux cycles dans son oeuvre. D'un côté l'absurde, de l'autre, la révolte. Un troisième en gestation que le destin fracassera. Dans le coeur de Janus : l'Amour. Tout pourrait être contenu en  ces trois mots. Absurde, Révolte, Amour. Absurde, cet appel de l'homme auquel ne répond que le silence déraisonnable du monde. La révolte ? Connaître notre destin et l'affronter. L'Amour unique moteur, unique essence, unique réponse non pas à l'interrogation ou au désir de l'homme. Amour, unique destination finale. Pour en finir avec le ressac , les regrets et les vagues. Pour en finir avec les mots de  Caligula : "Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux." Pour en finir avec Sisyphe. Pour s'envoler, enfin, plein soleil.


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