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L'eau-forte, ou la "gravure des peintres"

Par Botablo
1. Le dessin
L’eau-forte désigne à l’origine l’aqua-fortis, mélange d’eau et d’acide nitrique utilisé par les anciens alchimistes. Ce procédé de gravure en creux chimique est utilisé pour l’imprimerie dès ces débuts au XVème siècle.
Dans cette technique, l’artiste dessine des lignes et des points directement à l’aide d’une pointe-sèche sur une plaque de métal (cuivre, acier ou zinc) recouverte d’une mince couche de vernis résistante à l’acide. Cette plaque gravée est appelée la « matrice ». Les endroits mis à nu par la pointe sont ensuite « mordus » par l’acide dans lequel on plonge la plaque. Selon la durée du bain, la morsure est plus ou moins profonde. Par ailleurs, plus les traits sont profonds, plus ils seront noirs à l’impression. Il est aussi possible de jouer sur la dilution du bain ou du mordant afin d’obtenir des effets plus riches et nuancés (brume par exemple, en utilisant de la fleur de soufre en suspension).
2. L’impression
Une fois le vernis enlevé avec un solvant, la plaque peut être encrée comme une gravure directe. On enlève l’excès de pigments par étape : étoffe de coton (tarlatane), papier journal puis papier de soie. Enfin, la plaque est recouverte d’une feuille de papier humidifiée, puis de plusieurs épaisseurs de feutrine. Les cylindres de la presse vont, en appuyant fermement, imprimer la forme de la matrice sur le papier et permettre le transfert de l’encre. L’image obtenue est inversée, tel un négatif, par rapport à l’image gravée sur la plaque.
3. L’œuvre finale
Une quantité limitée d’épreuves sont imprimées, appelée le tirage. L’artiste signe chaque épreuve au crayon à papier, indique le titre, le cas échéant, et le numéro d’ordre du tirage. Ce numéro indique sa position dans l’édition globale : 5/30 est le cinquième tirage d’un total de 30. L’artiste peut se réserver des impressions supplémentaires, non numérotées, marquées EA ou AP en anglais, qui signifient « épreuve d’artiste / artist proof » qui sont particulièrement recherchées.
La matrice est ensuite rayée pour garantir la non réalisation d’impressions supplémentaires. Chaque gravure réalisée de la main de l’artiste est donc considérée comme une œuvre d’art à part entière, signée par l’artiste en édition limitée. Il ne s’agit en aucun cas d’une reproduction.
4. Aquafortistes renommés
Parmi les artistes qui ont abondamment pratiqués l'eau-forte, on peut citer : Albrecht Dürer (1471-1528) – Francesco Mazzola (1503-1540) dit « le Parmesan » - Rembrandt (1606-1669) – Gabriel de Saint-Aubin (1724-1780) – Goya (1746-1828), Picasso (1881-1973), Matisse (1869-1954).
L’eau-forte est « la gravure des peintres » appréciée pour la liberté de dessin qu’elle offre car il est plus aisé de dessiner dans le vernis (le métal n’étant pas atteint) que de réaliser une gravure au burin.

L'enlèvement de Proserpine de Dürer, eau-forte du Parmesan et eau-forte de Rembrandt

Académie Particulière de Saint-Aubin, eau-forte de Picasso et eau-forte de Matisse
5. Yuwana, une artiste aquafortiste d'aujourd'hui

Yuwana POONWATTANAWIT est une artiste thaïlandaise née en 1971. Diplômée en art graphique, elle expose depuis 1993, notamment aux Pays-Bas, Bangladesh et Japon. Polyvalente, elle peint sur toile ou bois et pratique avec bonheur la technique de l’eau forte, notamment avec ses fameux visages abstraits, ses femmes et ses éléphants, fils conducteurs de son œuvre.

Eau-forte de la série "Women", Visage abstrait et Eléphant noir et blanc

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