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Les voeux du président de l’université

Publié le 14 janvier 2010 par Y.

Les voeux du président de l’université

Non, il ne s’agit pas de ceux de Nabotléon sous les lambris de l’Elysée, mais du président de cette chère université, prononcés sous les faux-plafonds du salon des symboles.
M. Fulchiron est dans les petits papiers de Valérie Pécresse, car selon ce qui se dit, il appliquerait tout ce qui vient du ministère, directives, lois etc. D’ailleurs, elle l’aime tellement qu’elle n’est pas pour rien dans sa réception au grade de chevalier de la légion d’honneur (selon le JO du 1er janvier 2010). Lionel Collet, président de l’université Lyon 1, sera aussi fait chevalier sur la liste proposée par Mme Pécresse.

Allocution et réception très courtoise. On se garde de dire mot des sujets qui fâchent, des rivalités entre membres de l’administration actuelle, et chacun va à qui mieux-mieux dans la salle à la pêche aux soutiens.

Le thème du discours se dit en un mot : AU-TO-NO-MIE. Autonomie dans le cadre de la LRU, loi de réforme des universités, ou loi Pécresse (encore elle !). A L’hiver 2009 M. Fulchiron avait pourtant émis, à demis-mots quelques réserves sur plusieurs points de la loi en matière de recrutement et de carrière des enseignants, mais ceux-ci ont été levés.
Autonomie, puisque l’université Lyon 3 est autonome depuis le 1er janvier 2010 en matière de recrutement et de financement. Une fondation sera créée pour financer une partie des projets de l’établissement. Rapprochement avec le monde du travail, et collaboration plus étroite avec le PRES de Lyon. Toutefois l’autonomie semble limitée puisque les enveloppes budgétaires viennent toujours d’en haut, donc du ministère, et d’autre part, le président est réticent à l’autonomie en ce qui concerne la gestion du patrimoine immobilier de l’université, disparate, dont il souhaite que l’Etat garde la tutelle (les frais d’entretien et de rénovation sont en effet toujours onéreux, on le voit avec Lyon 2 à Bron). L’IUT devrait être construit prochainement sur le site de l’ancien hôpital Saint Joseph, pour l’instant un parking au milieu du 7e. Lyon 3 va aussi investir dans la réhabilitation de l’ancienne prison Montluc, dans le 3e mais à quelques mètres de la Manufacture. Le site, alliera donc enseignement et mémoire de ce lieu où furent emprisonnés de nombreux résistants, dont Jean Moulin. Le lieu est donc symbolique.
Le président a aussi fait l’apologie d’une université ouverte et démocratique, remarquant au passage que 28 % des étudiants sont boursiers : une réponse à la polémique sur les quotas d’étudiants boursiers dans les grandes écoles.
On tient à Lyon 3 à l’égalité des chances. L’université a signé une charte en ce sens hier, à l’occasion du passage à Lyon de Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances.

Suite au discours, ruée de l’assistance sur les buffets dressés à l’intention des convives, c’est-à-dire le corps professoral et le personnel. Rassurez vous, nos impôts, et mes frais d’inscription, sont bien investis. Au menu: Beaujolais et Blanc de Blanc (très bon d’ailleurs), eau de Thonon, jus d’orange et Coca Cola. Verrines diverses, canapés, toasts, macarons (pas extras), frangipanes et diverses sucreries.

Surprise de voir l’ancien président Gilles Guyot dans l’assistance, mais il se garde bien d’aller serrer la main à l’actuel président dont je me rappelle quelques prises de bec il y a quelques années… D’ailleurs, on l’avait perdu de vue au début de l’année universitaire. Guy Lavorel et Pierre Vialle, anciens présidents comme Guyot étaient présents également. Les crétins de la Corpo étaient aussi de sortie, ces faluchards pétainistes n’ont rien d’autre à faire que d’écumer les buffets ayant un vague rapport avec le Droit.

En ce début d’année 2010, voilà plus de deux ans que M. Fulchiron est président de l’université, et son bilan est globalement positif : l’image de l’université s’est améliorée à l’extérieur, les excès des uns et des autres ont été blâmés, le ménage a été fait, dans le personnel et l’administration. L’université a gagné en transparence dans sa gestion et sa gouvernance. Mais il reste beaucoup à faire, et les querelle d’ego et de prérogatives sont toujours d’actualité.


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