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Back to the Future

Publié le 16 janvier 2010 par Jb

Je le disais dans mon post précédent, musicalement cette première décennie 2000 m’a largement paru s’adonner au recyclage généralisé de courants musicaux préexistants. Un peu comme s’il ne paraissait pas possible de trouver d’autres voies que faire du neuf avec du vieux. Cela donne parfois de très bonnes choses, j’en veux pour preuve ces deux albums récemment parus, l’un des Flaming Lips, l’autre des Nisennenmondai.

embryonic_flaming_lips.jpg
Avec Embryonic, leur dernier disque, les Flaming Lips continuent de (re-)explorer des territoires très fortement empreints de psychédélisme. Il faut dire tout de suite que les Flaming Lips sont des vieux de la vieille puisqu’ils ont été formés par Wayne Coyne dans les années 80, leur psychédélisme ne date donc pas d’hier ! Preuve de leur indéfectible affection pour ce mouvement musical, alors qu’Embryonic est tout juste dans les bacs, les Lips ont sorti fin décembre 2009 The Flaming Lips and Stardeath and White Dwarfs With Henry Rollins and Peaches Doing the Dark Side of the Moon : il s’agit, comme son nom l’indique (ou presque), d’une reprise intégrale et réarrangée de l’album des Pink Floyd The Dark Side of the Moon, en collaboration avec Henry Rollins et Stardeath and White Dwarfs. Je n’ai pas encore écouté mais ça m’intrigue !

Malgré les heures de vol, la musique des Flaming Lips n’a rien perdu de son imagination et de sa fantaisie, peut-être même retrouve-t-elle ici une nouvelle jeunesse. Amusant d’ailleurs de voir que, pile dix ans après The Soft Bulletin (paru en 1999 et considéré par beaucoup comme l’un de leurs sommets), Embryonic semble à la fois clore un cycle et en entamer un nouveau. Il semblerait que les fins de décennies inspirent beaucoup ce groupe !

Embryonic a un côté un peu revêche, plusieurs morceaux surprennent à la fois par leur construction et leur production "agressive" (basses saturées, batteries lourdes, guitares abrasives) et, même si cette dimension n’est pas absente, le côté un peu "potache" du groupe, qui pouvait par instants rappeler Ween, est moins présent que sur leurs deux ou trois précédents albums, remplacé qu’il est par des passages un peu plus dark. Par exemple, sur le titre "Evil" et ses synthés dépressifs, Wayne Coyne chante : "I wish I could go back in time", ce qui me paraît révélateur.

Sans doute faut-il, pour apprécier Embryonic à sa juste valeur, se livrer à quelques écoutes successives car, dans un premier temps, il peut avoir quelque chose d’un peu "fourre-tout" et déstabilisant. Mais plus on l’apprivoise, plus le disque, à la limite du trip philosophique, constitue une bonne pioche de la fin d’année 2009 (même si je ne crierais pas, comme beaucoup, au chef d’œuvre, notamment parce que je ne vois pas l’intérêt de certains titres qui étirent inutilement l’album et l’alourdissent).

nisennenmondai_destination_tokyo.jpg
De leur côté, les trois japonaises de Nisennenmondai ne creusent pas tant le psychédélisme que, dans leur dernier album Destination Tokyo, la disco. On le sait, j’aime bien ce qui vient du pays du Soleil Levant, y compris parfois en termes musicaux : ainsi Cornelius ou Shugo Tokumaru. Trois jeunes nanas qui font du rock, ça ne pouvait donc pas me laisser totalement insensible !

Dans leur précédent disque, Neji/Tori, fusion de deux EP "bombes atomiques", les trois folles de Nisennenmondai se livraient à un rock instrumental noisy et déjanté, misant déjà sur des rythmiques très chaloupées mais flirtant davantage du côté des Sonic Youth et de This Heat (un de leurs titres s’intitulait d’ailleurs… "Sonic Youth" et un autre… "This Heat" !).

Sur Destination Tokyo, les compos (toujours instrumentales) ingurgitent plutôt une certaine philosophie disco-funk (un de leurs titres s’intitule d’ailleurs… "Disco" !), qu’elles fusionnent avec leur sensibilité noisy-punk de départ. Batteries balancées et omniprésentes, "héroïnes" de ce trio, on ne peut qu’applaudir face au jeu acrobatique et totalement "groovesque" proposé par Sayaka Himeno !

Alors bien sûr, il faudra s’accrocher pour pleinement apprécier cinq titres avoisinant ou dépassant souvent les dix minutes, extrêmement répétitifs, assez bruts de décoffrage, lesquels du reste doivent rendre encore bien mieux en live. Mais personnellement, je trouve que les groupes de filles ces dernières années se sont faits bien trop rares, que par ailleurs les groupes où la batterie est un peu le centre de tout sont encore bien plus rares : voici déjà au moins deux raisons qui militent pour ne serait-ce que tenter de découvrir Nisennenmondai !


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