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Nous courons pour rester à la même place

Publié le 18 janvier 2010 par Bastienb

Nous courons pour rester à la même place

bijoubaby

Dernièrement, je revoyais un des films de Futurama (excellente série à l’occasion), « Into the Wild Green Yonder ». Dans ce film, Fry (un des personnages de futurama… complètement idiot) reçoit le don de télépathie et entre en communication avec un être suprême. Cet être suprême lutte depuis le début des temps avec un autre être dans un combat évolutionniste: pour survivre l’un l’autre, les deux êtres évoluent sans cesse. Et là, tout se télescope dans la tête: Futurama, reine rouge, de l’autre côté du miroir, Alice aux pays des merveilles, Archimède. Je m’explique.

Dans le livre « De l’autre côté du miroir », suite du très célèbre « Alice aux pays des merveilles », Alice fait la rencontre de la Reine Rouge. Après une courte discussion, les deux interlocutrices s’arrêtent et se mettent à courir. Alice demande alors: « Mais, Reine Rouge, c’est étrange, nous courons vite et le paysage autour de nous ne change pas ? ». La Reine répondit: « Nous courons pour rester à la même place. » C’est dans ces mots que constitue le « paradoxe de la réalité », ou « paradoxe de l’évolution », ou également appelé « Théorie de la Reine Rouge »: dans un système co-évolutif et concurrentiel, la mutation d’un des agents de ce système qui apporte un changement favorable affecte son environnement qui va favoriser également les agents concurrents qui développent des mutations avantageuses. Lorsque l’un des agents évolue, l’autre évolue d’autant plus, poussant ainsi une nouvelle évolution du premier agent, etc. Un système coévolutif antagoniste peut se voir comme un cercle vicieux, où chaque mutation/amélioration pousse à d’avantage de mutations et d’améliorations, mais sans améliorer pour autant la « qualité de vie », dans le sens où chaque amélioration est aussitôt compensée par une autre. Courir pour rester à la même place.

Des exemples dans la nature sont foisons: le développement des orchidées conjointement à celui des oiseaux-mouches par exemple, avec un tube plus long pour la fleur contre un bec en conséquence pour l’oiseau (en plus d’un vol stationnaire).

Mais ce paradoxe est visible à d’autres niveaux, bien plus proches de notre réalité: la course à l’armement nucléaire entre le bloc soviétique et le Etats-Unis, avec la surenchère de l’acquisition de l’arme pour au final rester à un même niveau en terme d’arsenal l’un par rapport à l’autre, ou même les opérateurs de téléphonie mobile, qui développent de nouvelles stratégies publicitaires, de nouvelles technologies, etc. mais pour au final rester à la même position (Orange 1er opérateur en terme de clients, SFR 1er opérateur en terme de couverture réseau, Bouygues 1er opérateur en terme de service client). Bien sûr, pour le dernier exemple, nous ne prendrons pas en compte les ententes plus ou moins illicites entre opérateurs…

Tout ça pour revenir à « Archimède ». Car c’est dans cette vieille émission d’Arte que je découvris pour la première fois cette théorie et paradoxe et qui me poussa à la réflexion de la nécessité du travail: travailler plus pour gagner plus (comme dirait notre cher Président), certes, mais ceci, appliqué à un niveau global, induit une inflation et une dévaluation de la monnaie pour au final gagner moins, nous poussant ainsi à devoir travailler plus pour gagner plus, etc. Bref, dans un tel système coévolutif, la critique que nous faisons souvent de l’oiseau mouche (qui, au lieu de se fatiguer et s’épuiser à voler pour se nourrir, devrait se poser pour dépenser moins d’énergie et nécessiter moins d’apport alimentaire – nous disons en résumé « mais qu’il est con cet animal ») devrait également nous être attribuée (bref, « Glandons » me paraît le mot approprié). Mais ceci n’est qu’un avis personnel, et ceci est une autre histoire.


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