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Une lettre de franc-nohain

Par Bruno Leclercq

Mon cher ami,
J’ai trouvé votre aimable invitation en rentrant de St Raphaël, et les loisirs de mon journal et de la critique dramatique ne me permettent pas, hélas ! de repartir aussitôt. J’en éprouve le chagrin le plus vif, car vous savez mon affection pour Terrasse, et la joie que j’aurais eu à assister aux belles fêtes que vous avez si justement et si joliment organisées en son honneur. Je préviens [deux mots illisibles] notre correspondant lyonnais d’avoir à nous envoyer un compte-rendu complet.
Et mon regret se double de manquer une aussi agréable occasion de vous revoir.
Avec mon meilleur et dévoué souvenir.
F. Nohain
N’allez-vous pas monter la Marche Indienne aux Célestins, puisqu’elle marche très bien à l’Odéon ? Vous devriez en parler à Gémier qui doit aller à Lyon samedi.
13. III. 27

Cette lettre de Franc-Nohain pourrait bien être adressée à Charles Moncharmont, directeur du théâtre des Célestins à Lyon, en effet du 15 au 21 mars 1927 est représenté dans ce théâtre Monsieur de La Palisse Opéra-bouffe en 3 actes avec une musique de son ami Claude Terrasse (livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet). Claude Terrasse est mort en 1923 à 56 ans, sa collaboration avec Franc-Nohain commence à l’époque du théâtre des Pantins, avec Alfred Jarry, A.-Ferdinand Herold, et les peintres Bonnard ou Ranson. Dès 1898 Terrasse et Franc-Nohain écrivent Vive la France ! Trilogie à grand spectacle, Trois tableaux, un prologue, une apothéose, interdite par la censure après une représentation au théâtre des Pantins, la même année paraissent les chansons du Répertoire des Pantins, au Mercure de France, 6 fascicules on l’on retrouve les deux compères avec Trois chansons à la charcutière, La Complainte de Monsieur Benoît, Paysage de neige et Berceuse obscène. Plus tard ce seront des opérettes, Opéra-bouffes et Comédie-musicales dont La célèbre Fiancé du scaphandrier (1902) aux hilarantes péripéties.
La pièce de Franc-Nohain, La Marche Indienne était à l’affiche du théâtre de l’Odéon pour la saison 1926-1927, nous ne savons pas si elle fut reprise au théâtre des Célestins. Firmin Gémier dirigeait l’Odéon, à la suite d’Antoine, depuis 1922.
Pour en savoir plus sur Claude Terrasse la fréquentation du site créé par Philippe Cathé est fortement conseillée par le blogueur dilettante.
A lire :
Philippe Cathé Claude Terrasse, préface d’Ornella Volta, l’Hexaèdre éditions (2004)
Sur Franc-Nohain voir le chapitre que lui consacre François Caradec dans son indispensable biographie d’Alphonse Allais aux éditions Fayard (1997).

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