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tUnE yArDs

Publié le 25 janvier 2010 par Deliciouscopitone

Tune yards

[MP3] tUnE yArDs- Jamaican

tUnE yArDs sera en tournée de Février à Avril, en Europe puis aux Etats Unis, en attendant ses concerts, voici de quoi en savoir plus sur cette Delicious Lady:

tUnE yArDs will be on tour from February to April, in Europe and then in the States, here’s something to wait until her shows, and to learn more about this Delicious Lady:

Delicious Scopitone: One of your melodies (Lions) reminds me of a child-game song; you’ve been working with puppets; we also hear children’s voices on some of your songs. As an artist, do you feel connected with the child you’ve been? Or has it something to do with your recording process, using the sounds that surround you, whatever they are?Do you consider those sounds like an inspiration, or do you pick them up only when you need them?

Une de tes musiques (Lions) me rappelle l’air d’un jeu d’enfant; tu as travaillé avec des marionnettes; on entend aussi des voix d’enfants dans certaines de tes chansons. En tant qu’artiste, te sens-tu connectée avec l’enfant que tu étais? Ou est-ce quelque chose qui a à voir avec ta façon d’enregistrer, d’utiliser les sons qui t’entourent, quels qu’ils soient ? Considères-tu ces sons comme une inspiration ou les utilises-tu uniquement quand tu en as besoin ?

tUnE yArDs: I was a nanny when I began recording Bird-Brains; I was very inspired by the innocence and endless curiosity of the child I cared for. I think in many ways he is what allowed me to finally stop judging myself and my work and allow the songs and recordings to happen. I remembered how important music was to me as a kid, and I saw how much kids around me were affected by it. How important it was to movement, and dance, and feeling life and joy around us.
I think so many of those childhood melodies and tunes are deeply embedded in my brain, so they just come out when I make music. And then I think it’s pretty creepy and cool to bring childhood back into adult music, because we tend to cover up our younger selves in life, when really there’s a lot of interesting stuff to be explored there. A lot of stuff, maybe, they we should take a look at, about how we became who we are.
And are those sounds inspirations? Definitely. All sounds are, and were, when I recorded. They were both practical and emotional: I needed a percussion instrument, for instance, and what I had was a child’s sneeze, which then added an emotional aspect to that song, Jamaican, I think.

Je travaillais comme nounou quand j’ai commencé à enregistrer Bird-Brains; l’innocence et la curiosité permanentes de l’enfant dont je m’occupais m’ont beaucoup inspirée. Je pense que de bien des façons c’est lui qui m’a finalement permis d’arrêter de me juger, moi et mon travail, et de laisser les chansons et les enregistrements se faire. Je me souviens combien la musique était importante pour moi enfant, et j’ai vu à quel point les enfants autour de moi étaient touchés par elle. A quel point c’est important pour bouger, danser et ressentir la joie et la vie autour de nous.
Je pense que beaucoup de ces mélodies pour enfants sont profondément gravées dans ma mémoire, donc elles ressortent quand je fais de la musique. Et je pense aussi que c’était plutôt bizarre et cool de remettre de l’enfance dans de la musique d’adulte, parce que dans la vie de tous les jours, on a tendance à dissimuler l’enfant qui est en nous, alors qu’il y a beaucoup de choses à explorer là-dedans. Beaucoup de choses auxquelles, peut-être, nous devrions jeter un oeil, pour voir comment nous sommes devenus ce que que nous sommes.
Est-ce que ces sons sont une inspiration ? Carrément. Tous les sons le sont et l’ont été pendant que j’enregistrais. Ils sont tout à la fois concrêts et sensibles: j’ai eu besoin d’une percussion, par exemple et ce dont je disposais, c’était un éternuement d’enfant, qui, de fait, a ajouté un aspect émotionnel à cette chanson, « Jamaican » je pense.

DS: You lived in Africa for a few weeks, did you learn to sing in a traditional African way (like you do on Hatari) when you were there, or is something that came « naturally » to you?

Tu as vécu quelques semaines en Afrique, as-tu appris à chanter à la manière des chants traditionnels africains (comme ce que tu le fais sur Hatari) quand tu étais là-bas ou est-ce quelque chose qui t’es venu « naturellement » ?

T.Y: I was in Kenya for 6 months on a study abroad program. I learned about music there, mostly Taarabu* from the Swahili coast. The Hatari vocals are me doing a poor imitation, or at best, learning from, Pygmy music from Central African Republic. A friend gave me a CD of that music after I had injured my voice from singing on tour and thought I’d never be able to sing through a break in my voice. So I had started to sing above and below it, back and forth, which was like yodeling. The Pygmy music fulfilled a desire I have for odd-meter rhythms, and intersecting lines. Three, four, or five individual parts that have their own phrasing and color and rhythmic structure but which come together to weave this very complicated cloth of sound. Ahhhhhhhhh. For someone who does not know much music theory, it is good to be awed by music that is learned by ear. And to imitate feel and how music affects the body and the breath versus learning something on paper, which is also incredible, but a very different experience.
* music and art form mixing Swahili, Arabic, Indian, Egyptian and other cultures… more informations here: http://www.zanzibar.net/specials/zanzibar_music_-_taarab

J’ai passé 6 mois au Kenya dans le cadre d’un programme d’études à l’étranger. Là-bas j’ai appris des choses sur la musique, surtout sur le Taarabu*, sur la côte swahili. Les voix sur Hatari, c’est moi en faisant une pâle imitation, au mieux en train d’apprendre cette musique pygmée de République d’Afrique Centrale. Un ami m’a offert un CD de cette musique après que je me sois cassée la voix durant une tournée et que je croyais ne plus jamais pouvoir passer la cassure de ma voix. Alors j’ai commencé à chanter au-dessus et en-dessous, dans un va-et-vient, ce qui ressemblait à du yodel. La musique des Pygmées a exaucé mon désir de rythmes aux mesures irrégulières et de croisement des lignes musicales. Trois, quatre ou cinq parties indivuelles qui ont leur propre phrasé, couleur et structure rythmique mais qui se retrouvent ensemble pour former la trame de ce tissu de sons très complexe. Ahhhhhhhhh. Pour quelqu’un qui n’y connait pas grand chose en théorie musicale, c’est agréable d’être impressionné par une musique qui s’apprend à l’oreille. Et copier le feeling, comment la musique affecte le corps et la respiration vs apprendre quelque chose sur le papier, ce qui est également une expérience incroyable, mais très différente.

* musique et forme d’art mélangeant les cultures swahili, arabe, hindoue, égyptienne et autres… Plus d’infos ici (en anglais): http://www.zanzibar.net/specials/zanzibar_music_-_taarab

DS: Your sister Ruth and your mum are also musicians, it seems to be a family business. Can you tell us about your musical education ? How did you get to make your own music?

Ta soeur Ruth et ta mère sont également musiciennes, ç’a l’air d’être une affaire de famille. Peux-tu nous parler de ton éducation musicale ? Comment en es-tu arrivée à faire ta propre musique ?

T.Y: My dad is a musician too, my parents met playing for folk dances. I had music all around me as a kid, and musicians all around me. Singing, harmonizing, going to a summer Early Music program with my mom where she taught harpsichord and hearing the viola da gamba ensembles through the trees…I took piano from my mom from age 6-13, and my dad taught me fiddle tunes in high school. I think I never thought I, too, would be a musician, but I feel blessed that I have so much music and musicality in me to make it my profession now.

Mon père est également musicien, mes parents se sont rencontrés en jouant des danses folkloriques. Lorsque j’étais enfant, j’étais entourée de musique et de plein de musiciens. Chanter, harmoniser, aller au programme d’été d’Eveil Musical avec ma mère, où elle enseignanit le clavecin et écouter les ensembles de violes de gambe à travers les arbres… J’ai appris le piano avec ma mère entre 6 et 13 ans et mon père m’a enseigné des airs de violon au lycée. Je pense que je n’ai jamais envisagé que je serais une musicienne, moi aussi, mais je me suis sentie bénie d’avoir eu autant de musique et de musicalité autour de moi et de pouvoir en faire mon métier aujourd’hui.

DS: My first question was about childhood connection but the words in your album, BiRd-BrAiNs, are woman’s words. Sounds like you have some bones to pick with somebody…and that you’re not so bird-brained…

Ma première question portait sur la connection à l’enfance mais les textes de ton album sont des textes de femme. On dirait que tu as des comptes à régler avec quelqu’un…et que tu n’es pas si « tête en l’air »…

T.Y: No bones to pick, just getting stuff out of my system, processing it. Yep, I’m 30, I’m a grown-up, and pretty smart, I guess.

Pas de comptes à régler, juste des choses à éliminer en cours de fabrication. Ouais, j’ai 30 ans, je suis adulte et plutôt maline je crois.

DS: In the booklet you end your presentation with the words « you can do it ». Do you think an artist has to encourage the other people to express themselves ? Does it have something to do with commited art ?

Les derniers mots dans le livret de l’album sont « tu peux le faire ». Penses-tu qu’un artiste doit encourager les autres à s’exprimer ? Est-ce que cela a quelque chose à voir avec l’art engagé ?

T.Y: I had to say that to myself all the time when making that album, and I still do it a lot. I thought it might help someone else, too. Not just other artists. There are often voices in many people’s heads that tell them they shouldn’t or can’t do something, even when it’s the thing they’re called to do. So no matter what it is that someone feels passionate about, I think each of us could use a miniature cheerleader calling from somewhere far away, “You can do it!”
On the cassette that I first released, side A said, “you can do it” and B said, “put your back into it.”

J’ai dû tout le temps me le répeter à moi-même quand je faisais cet album et je continue de le faire. Je pense que cela peut aider d’autres gens aussi. Pas seulement des artistes. Souvent dans la tête de beaucoup de gens, il y a des voix qui leur disent qu’ils ne devraient ou qu’ils ne peuvent pas faire quelque chose, même quand c’est ce pourquoi ils sont fait. Alors peu importe ce qui passionne quelqu’un, je pense que chacun d’entre nous peut avoir recours à une mini pom-pom girl, qui lui crie de loin « tu peux le faire » !
Sur la cassette que j’avais tout d’abord sortie, face A j’avais mis « tu peux le faire » et face B  » met-toi au boulot ! »

Merci à tUnE yArDs qui a pris le temps de répondre malgré son emploi du temps visiblement très chargé ;)

Thanks to tUnE yArDs for taking the time to answer, though she was obviously on a very busy schedule ;)

interview in Ink 19
interview Pinglewood


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