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Owen Pallett – Heartland [2010]

Publié le 26 janvier 2010 par Feuavolonte @Feuavolonte

Owen Pallett - HeartlandOwen Pallett
Heartland

Domino
Canada
Note : 9/10

Créature hybride composée de pop orchestrale épique, de folk subtile et d’une construction indie rock, Heartland, premier disque d’Owen Pallett sous son véritable nom, se qualifie aisément de trésor canadien laissé pour compte. Pourtant, ce mélange entre nervosité de trame sonore pour jeu vidéo et arrangements flamboyants constitue le meilleur disque en ce début d’année.

L’écoute peut s’avérer difficile, étant donné l’audace et la créativité assez avancées de l’album. L’instrumentation se compose essentiellement du violon de Pallett, d’un orchestre de Prague et d’ajouts électroniques fréquents, mais extrêmement bien dosés. S’il ne s’agit en aucun cas de musique classique, l’impression qui s’en dégage demeure semblable : celle d’être profondément touché et troublé par la majesté d’une expérience noble mais purement organique.

Par exemple, sur Lewis Takes Action, le rythme se base sur des cuivres et des cordes intermittents, laissant une bonne partie de l’espace sonore à la voix du multi-instrumentiste. Entre les blocs vocaux, des envolées de cordes dominent l’écoute, tout ça pour se terminer sur une mélodie extrêmement fantaisiste. The Great Elsewhere se compose d’une architecture électronique détachée et complexe à laquelle se greffent une batterie et l’orchestre. Ce mélange donne lieu à une escapade musicale dégringolante et inquiétante de par le mélange entre les frappes de percussions et les orchestrations magistrales, le tout assimilé à une ambiance de course contre la montre.

Lewis Takes Off His Shirt constitue un suspense auditif, avec une présence électronique nerveuse et des arrangements sublimes toujours localisés au bon moment pour créer un effet. La chanson monte en crescendo pour redescendre aussitôt, accouchant ainsi d’une sensation globale de transport maritime coincé dans le courant se brisant, au final, sur un récif rocailleux.

Un autre point fort d’Heartland, outre son improbable mélange entre folk, indie rock et pop orchestrale et sa splendeur flamboyante, est sa capacité à transporter l’auditeur dans un voyage à travers le concept du disque. La trame narrative se compose essentiellement d’un dialogue entre un violent fermier nommé Lewis et son créateur, Pallett, le tout dans un monde nommé Spectrum. Si ça peut paraître étrange, le résultat se rapproche d’un conte, hanté et tordu, à propos du contrôle et du pouvoir vis-à-vis sa propre destinée.

À travers les 12 pistes de l’album, on découvre un musicien extrêmement talentueux et inspiré, capable de mélanger des genres incongrus pour aboutir à un résultat immensément riche et surprenant. Entre l’aventure épique, l’orchestre magique, l’enchantement musical et l’alternatif, Heartland fait bande à part et impressionne grandement.


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