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Vous avez tort

Publié le 26 janvier 2010 par Malesherbes

Samedi 23 janvier, Valérie Pécresse était sur France 2 l’invitée de Laurent Ruquier dans son émission On n’est pas couché. Venue faire la promotion de son livre-programme Et si on parlait de vous ?, elle n’a pas laissé passer l’occasion de doper sa candidature aux élections régionales en Ile-de-France.

Attaquée par Eric Zemmour à propos de la composition sociologique de la population estudiantine, elle finit par s’accorder avec lui sur le fait que l’origine de ce problème résidait dans « l’effondrement de l’enseignement primaire et secondaire ». Il est certain que supprimer alors les postes d’enseignants par dizaines de milliers est assurément le meilleur moyen de redresser ces enseignements. Décision d’autant plus imbécile que, la natalité ayant sensiblement progressé en France depuis l’an 2000, même sans suppression de postes, le nombre moyen d’élèves par classe ne peut dans les années à venir que progresser, ce qui, comme chacun sait, facilite le suivi personnalisé tant prôné par nos gouvernants !

Le cas d’Henri Proglio étant évoqué, Valérie Pécresse croit judicieux de déclarer que, pour s’attacher les services du meilleur, des entreprises ont parfaitement le droit de se le partager. Non, madame. Deux entreprises privées peut-être. Mais une entreprise publique est en droit d’exiger que son PDG lui consacre la totalité de son temps.

Comme les participants déplorent ensuite le manque de présence de l’Europe en Haïti, notre ministre déclare qu’en Géorgie, l’Europe (entendez notre génial stratège) était là. Comment peut-on continuer à colporter des fables pareilles? Notre Président a toujours prétendu avoir mis fin à la guerre Russo-Géorgienne d’août 2008. En réalité, Dimitri Medvedev avait ordonné le cessez-le-feu avant son départ. Et pour voir dans cette intervention de la Présidence du Conseil européen un succès, il faut supposer que son objectif était d’entériner la sécession de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. Les accords conclus alors n’ont pas été respectés, les observateurs qu’ils prévoyaient n’ayant pas pu pénétrer en Ossétie du Sud avant ce mois de janvier.

Mais tout cela n’est pas selon moi le plus grave. Sans m'attarder sur ces nouvelles expressions de l'immense flagornerie de nos ministres, j'ai relevé un travers tout aussi critiquable. Par deux fois, Valérie Paresse s’est adressée à un de ses interlocuteurs en ces termes : « Vous avez tort ». Ce genre de propos ne me semble pas prédisposer son auteur à la négociation. Il serait déjà moins présomptueux de dire : «  il me semble que vous faites erreur », ou mieux : « je ne partage pas votre avis ». Mais tonitruer comme elle s’est permis de le faire, sous-entendant, « vous n’avez rien compris, c’est moi qui détient la vérité », l’expose à de nouvelles difficultés dans les universités.


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