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Des rituels et porte-bonheur

Par Dablemont

trefle a quatre feuillesLa semaine dernière, j’avais discuté ici-même de l’entrée sur scène en évoquant les « grigris ». Aujourd’hui je vais me concentrer sur l’avant-concert et ses rituels ainsi que les porte-bonheur. Certains n’ont rien de tout ça, et certains possèdent des rituels complexes associés aux porte-bonheur le tout devenant totalement obsessionnel. Caprice de stars ou réelle nécessité?

Le mieux est peut-être que je me dévoile d’abord un petit peu. Je suis, comparé à d’autres, peu sujet aux comportements rituels avant un concert. Pas d’exigences pharaoniques, mais quelques petites habitudes devenues rituelles: je dois repasser moi-même ma chemise peu avant le concert ou nettoyer le clavier du piano par exemple. L’isolement et le silence total avant de jouer fait également partie de mes habitudes mais je suppose que c’est plus pour une question de concentration qu’autre chose.

En revanche, j’ai ou plutôt j’avais des porte-bonheur indispensables au bon déroulement du concert. D’abord, aussi ridicule que cela puisse paraitre, mes chaussettes « magiques ». Et oui, je portais toujours la même paire de chaussettes depuis un concert particulièrement réussi. J’avais décidé qu’il s’agissait de chaussettes porte-bonheur, absolument nécessaires, que j’ai perdues… Catastrophe, impossible de retrouver les fameuses chaussettes, j’ai donc été obligé de jouer avec d’autres et le concert ne s’étant finalement pas si mal passé, je me suis libéré de ce grigri et porte maintenant n’importe quelle paire de chaussettes.

Deuxième objet incontournable: le mouchoir. Pratique pour s’éponger s’il fait trop chaud sous les projecteurs, mais aussi pour sécher le clavier du piano, mon mouchoir est mon objet fétiche, qui me pousse à des comportements rituels particuliers: repassé au même moment que la chemise, je vérifie plusieurs fois que celui-ci est bien dans la poche interne de ma veste avant le concert. Une fois sur scène, la première chose que je fais est de mettre le bout de tissu à sa place, toujours la même, sur le cadre entre les chevilles et le meuble. Certainement mon truc pour faire de ce piano étranger mon piano le temps d’un concert.

Rien d’extraordinaire de mon coté, mais certains ont des demandes plus complexes. J’ai vu un chef exiger 100 roses dans sa loge avant de jouer, des musiciens piquant des crises pour la taille d’une loge. Mais pour nous défendre un peu, je dois bien dire que certains organisateurs se permettent des choses impensables: présence de caméras non prévues par les contrats, de micros qui immortalisent sans autorisation une performance, piano désastreux, manque d’encadrement. Même s’ils sont généralement peu nombreux, ces incidents se produisent, et donnent souvent lieu à des annulations au dernier moment par les artistes, vilipendés ensuite par la presse et les dits organisateurs. Ce n’est pas toujours juste, et tout ceci augmente le nombre de nos exigences pour éviter d’avoir à lutter contre ce genre de désagréments.

Il faut comprendre que le concertiste est soumis à un stress énorme, et ces rituels, exigences et porte-bonheur qui peuvent sembler étranges sont souvent un moyen inconscient de tenir face à la pression. Certains savent évacuer le stress sans devenir des « despotes », d’autres pas…

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