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Notes sur la poésie : Roberto Juarroz

Par Florence Trocmé

Poésie et réalité

La poésie est beaucoup plus qu’un genre littéraire ou qu’une formule ludique : c’est la parole de l’homme convertie en création et menée à son extrémité, là où le mot de Nietzsche acquiert une force à donner le frisson : DIS TA PAROLE ET BRISE-TOI. Oui, je crois que la poésie, finalement, consiste en cela : créer et se briser. Est-il une autre manière de résoudre l’énigme d’être et de ne pas être ?
    
La poésie sera toujours proche de l’amour. C’est un thème illimité et qui renaît à jamais comme s’il était inaugural. Sans doute ressemble-t-il en cela à l’amour même : tout amour est le premier.
    
Art de l’impossible, la poésie est une recherche constante de l’autre côté des choses, du caché, de l’envers, du non-apparent, de ce qui semblait ne pas être.
    
Ainsi en va-t-il de l’espace de la poésie et de l’espace de la réalité que je vais tenter de mettre en relation : ils ne tiennent pas l’un dans l’autre. Pas plus qu’ils ne tiennent dans l’espace tellement relatif de ces mots. Pourtant la poésie est une tentative risquée et visionnaire d’accéder à un espace qui a toujours préoccupé et angoissé l’homme : l’espace de l’impossible, qui parfois semble aussi l’espace de l’indicible.
    
Roberto Juarroz, Poésie et réalité, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson, collection «  Terre de Poésie », Editions Lettres Vives 1987, pp. 55/56, 47, 36, 8
    
    
Contribution de Maryvonne Lyoen


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