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Tetro

Publié le 03 février 2010 par Olivier Walmacq

Tetro

Une ampoule s'allume dans un ultrason. Un papillon de nuit vole autour de l'ampoule en s'y cognant, comme s'il était attiré fatalement par la lumière. En contrechamp, Tetro (Vincent Gallo) regarde ce papillon ...

Ainsi s'ouvre le dernier opus d'un maître de l'image : Francis Ford Coppola. Réalisateur aux multiples chefs d'oeuvre (Le Parrain, Apocalypse Now ...), Coppola signe avec Tetro un film étonamment riche. Le cinéaste décrit une histoire de famille au lourd passé, où rivalité et concurrence font loi. Tetro a coupé les ponts avec sa famille et vit reclus avec sa compagne Miranda dans une banlieue de Buenos Aires. Un jour, son frère Bennie arrive par bateau en Argentine et pendant que son bateau est à quai pour cause d'avarie de moteur, il rend visite à son frère, dont il attend toujours un signe pour partir. Ainsi démarre une dualité théâtrale entre deux frères où jouent les influences familiales, la domination du père, la rivalité et l'amour des frères.

Le paradoxe du film réside dans le fait que Coppola, sous les traits d'un petit film indépendant (Tourné en Argentine, en noir et blanc), fasse un film grandiose par son scénario. Le drame intimiste de Tetro et Bennie se transforme en fresque magnifique dont la dimension fait penser à l'opéra. La mise en scène virtuose et classieuse de Coppola, en utilisant notamment un noir et blanc qui n'est pas sans rappeler Rusty James nous emporte dans un film-somme ahurissant de beauté, de profondeur et de force dramatique.

La force dramatique du personnage de Tetro est accentuée par l'acteur qui l'incarne. Vincent Gallo incarne son personnage avec une vivacité qu'on ne trouve que chez les grands acteurs. La trempe de Gallo se sent sur l'écran et rend Tetro touchant, et son destin fascinant. Pour tenir tête à Gallo/Tetro, Alden Ehrenreich campe son frère Bennie. Il exprime avec justesse l'opposition qu'il a avec Tetro (Opposition qui se ressent jusqu'à la photographie des deux personnages, l'un (Tetro) tirant plus vers le noir tandis que l'autre (Bennie) apparaît plus blanc). A noter aussi pêle-mêle, les interprétations remarquables de Maribel Verdu dans le rôle de Miranda, de Klaus Maria Brandauer qui joue le rôle de Carlo, le père, et de Carmen Maura, qui joue le rôle d'Alone, critique de théâtre un peu excentrique ...

Grâce à une mise en scène fabuleuse, une distribution éclatante et un scénario passionnant, Coppola retrouve la force et l'ampleur de ses films passés. Véritable film-somme à mettre aux côtés de films comme Le Parrain, Tetro est sans doute l'un des meilleurs film de Coppola, si ce n'est le meilleur ... un petit grand chef d'oeuvre indépendant d'un maître qui n'a décidément, en fin de compte, rien perdu de son génie ...


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