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Les 35 heures, obsession de la droite...

Publié le 05 février 2010 par Thelynx

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La grande fixation de la droite, du gouvernement et de Notre Monocrate Adulé c'est les 35 heures.
Ce truc-là leur est resté en travers de la gorge depuis le début ! Une vraie obsession ! À leurs yeux, tout ce qui arrive de négatif dans le pays, c'est la faute des 35 heures ! C’est devenu leur antienne. L’explication récurrente à tous les maux de l’économie. Dix ans après leur entrée en vigueur, les 35 heures font figure de bouc émissaire préféré des gens de droite, notamment de ceux d'entre eux (et ils sont nombreux) qui considèrent les Français comme des feignants qui ne cherchent qu'une chose : en foutre le moins possible.
Lors de l’émission Paroles de Français sur TF1, notre bon président s’interrogeait : «Pourquoi y a-t-il plus de chômeurs chez nous ? Parce qu’on a fait le choix du partage du temps de travail au lieu de faire celui de la croissance, ce choix des 35 heures s’est révélé catastrophique». Ce qui est évidemment une absolue contre-vérité.
L'obsession est telle que Frédéric "Pulp Fiction" Lefebvre continue de répéter comme un automate déréglé : «Le partage du temps de travail est une des plus grandes fumisteries qui existe sur le plan économique».
Alors demandons-nous pourquoi, face à une telle «catastrophe», la majorité actuelle ne vote-t-elle pas le retour aux 39 heures ?
Simplement parce que au delà de son discours clientéliste elle sait très bien que les 35 heures, loin du catastrophisme claironné à l'envi, sont loin d’avoir été un fiasco économique.
- Si la France s’est mieux sortie de la crise que les autres pays, c'est notamment en raison des 35 heures et de la souplesse de la RTT, qui a permis à nombre d’entreprises de faire le dos rond durant la récession.
- Sur le plan de l’emploi, le ministère du Travail, reconnaît que les 35 heures ont permis de créer ou de sauvegarder près de 350 000 emplois.


- Le taux de chômage, aidé par la croissance, est ainsi passé de 10,8% en 1997 à 7,9% en 2002.
- De 1996-2005, la croissance, que notre Monarque estime sacrifiée sur l’autel des 35 heures, a été supérieure en France à celle des autres pays de l’Union européenne : 2,19% en moyenne annuelle durant ces dix années dans l’Hexagone, contre 2,12% en Europe ; 1,3% en Allemagne.
- La RTT a-t-elle contribué à la baisse des revenus des Français ? Non, estime l’Insee, dont les études montrent au contraire que le pouvoir d’achat par unité de consommation n’a jamais été aussi dynamique ces douze dernières années que pendant la période 1998-2002, où il a connu une progression comprise entre 2,5% et 2,8%.
- Question compétitivité, la RTT semble avoir été mise en place avec assez de contreparties en faveur des employeurs pour ne pas avoir affecté les entreprises. Les premières à avoir réduit leur temps de travail ont même vu leur valeur ajoutée croître de 5% de plus que les entreprises restées à 39 heures.
- Question productivité, contrairement à ce que claironne la droite, les 35 heures ont contribué à accroître la productivité des Français et a correspondu à une période d’enrichissement de la France. L’économiste Guillaume Duval rappelait ainsi qu’il y a cinq ans, une personne occupant un emploi en France produisait en moyenne 73400 dollars de richesses, contre 65700 pour un Anglais, 59900 pour un Allemand et 57800 pour un Japonais.
- Jamais la France n’a atteint un degré de productivité horaire aussi élevé qu’au moment de la mise en place de cette loi.
- Lors de ses vœux aux forces économiques, le 6 janvier, Notre Grandeur a déclaré : «Le problème extraordinaire des 35 heures, c’est que nous avons été les seuls à utiliser cette politique.» Encore un mensonge !
Qu’elle ait été générale, à l’image de la France, négociée dans certaines branches, comme en Allemagne ou réalisée au fil de l’eau comme dans d’autres pays, la réduction du temps de travail est loin d’être une exclusivité française.
- Historiquement commune à tous les pays riches depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la baisse du temps travaillé a été, depuis 1950, de plus de 500 heures pas an et par salarié en Grande-Bretagne, de 600 heures en Italie, de 671 heures en France et de 938 heures en Allemagne.
Résultat : si les Britanniques travaillaient, en 2007, 1 607 heures annuellement contre 1 559 heures pour les Français, les Allemands travaillaient encore moins, avec 1 432 heures annuelles. Quant aux Hollandais, dont le modèle est souvent cité en exemple, ils n’œuvraient que 1 413 heures.
- Au cours de l’année 2007, le salarié français travaillait en moyenne 35,3 heures contre 35,4 heures en moyenne au niveau de l’ex-Europe des 15. C’est dire le retard de la France !
- Les 35 heures sont loin d'avoir été une mauvaise affaire pour la France et les Français. Répondant à une vieille idée socialiste qui veut que si l’homme doit recevoir le juste prix de son travail, il ne peut pas être réduit à n’être qu’un facteur de production, cette réforme visait à libérer du temps pour les loisirs, la culture ou même les études.

- Les 35 Heures n'ont pas seulement contribué à créer des emplois en période de croissance, elles contribuent aussi à en sauver en période de crise.

Avec son « travailler plus pour gagner plus », notre Zélé Vizir – reconnaissons le – a prouvé son efficience dans les urnes mais, dans le même temps, son inefficience économique et sociale.
Aujourd’hui, le « travailler plus pour gagner plus » s’est évaporé. Les Français travaillent plus et gagnent moins. Quant aux 600 000 nouveaux chômeurs depuis un an, ils aimeraient, eux, simplement pouvoir vivre de leur travail,
Alors Notre Brillant Souverain a inventé le statut d’auto-entrepreneur. Une formidable machine à camoufler une précarisation croissante de l’activité professionnelle et une disparition déguisée des congés payés.
La casse du droit social fragilise systématiquement les salariés. Pour un pouvoir soi disant tellement attaché au travail, on remarquera l’acharnement qui est le sien à le dévaloriser et à précariser ceux qui détiennent les véritables savoir-faire.
Avec l’idéologie « anti-35 heures », on pointe un aspect de notre folklore national : le déclinisme, l’autodénigrement et la passion pour la mise en accusation d’une pseudo paresse des Français. Leur dénigrement permanent ne peut tenir lieu ni de politique ni d’alibi à la faillite politique de la droite actuelle.
Notre Altesse Sarkonissime rabâche, à juste titre, que la France a mieux résisté que les autres sur le plan du chômage pendant la crise. Mais en se gardant bien, étrangement, d’en livrer l’explication.


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