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Critiques en vrac 20: Shuttle – Hors de Contrôle – Millénium, le Film – Incontrôlable

Par Geouf

Shuttle

Critiques en vrac 20: Shuttle – Hors de Contrôle – Millénium, le Film – Incontrôlable

USA, 2009, DTV
Réalisation: Edward Anderson
Scénario: Edward Anderson
Avec: Tony Curran, Peyton List, Cameron Goodman, Cullen Douglas, Dave Power, James Snyder

Résumé: Alors qu’elles rentrent de l’aéroport à bord d’une navette privée, deux jeunes filles ne tardent pas à regretter de ne pas avoir choisi de prendre le bus. Car le chauffeur semble avoir d’autres plans que de les ramener chez elles…

Premier film d’Edward Anderson tourné pour le marché de la vidéo, Shuttle ne se distingue a priori pas du lot des très nombreux autres longs métrages édités chaque année en DVD. Lorsque le film commence, on s’attend à un torture porn classique, avec ses victimes geignardes (quatre étudiants, deux filles deux garçons, et un père de famille), son tueur sadique, et ses scènes gores dégueu. Et pourtant, le film d’Anderson n’est pas du tout un torture porn, et est bien loin du classique survival. Il s’agit en fait d’un plutôt bon thriller horrifique, prenant et stressant, et surtout globalement assez imprévisible. Les rebondissements sont très nombreux, et Anderson parvient à tenir son public en haleine du début à la fin. Etonnamment, on prend assez rapidement fait et cause pour les personnages principaux, notamment grâce à leur combattivité et leur (relative) intelligence. Dès le début, tous les protagonistes pris en otage par le chauffeur se rebiffent et tentent de sauver leur peau, s’entraidant dans ce but. Du coup, on espère tout le long du film qu’ils vont s’en sortir, tout en se demandant quel est le but du mystérieux chauffeur. Car là aussi, on est bien loin du psychopathe crétin enlevant les gens juste pour les torturer. Le chauffeur, excellemment interprété par Tony Currant, est un homme normal, intelligent, posé et réfléchi, avec une idée bien précise du but qu’il cherche à accomplir.

C’est d’ailleurs la question de savoir quel est ce but qui pousse à regarder le film jusqu’au bout, malgré quelques défauts un peu gênants, comme certains rebondissements peu crédibles pour maintenir le suspense (mais cela fonctionne suffisamment pour qu’on se laisse prendre au jeu) ou une première partie qui traine un peu en longueur. Malgré ces défauts, le film se rattrape largement dans un final inattendu et très pessimiste, qui le raccroche à une réalité sordide malheureusement bien crédible et véridique. Une fin en uppercut comme cerise sur le gâteau de ce petit film plutôt réussi.

Note : 6/10


Hors de Contrôle (Edge of Darkness)

Critiques en vrac 20: Shuttle – Hors de Contrôle – Millénium, le Film – Incontrôlable

USA, 2010
Réalisation: Martin Campbell
Scénario: William Monahan, Andrew Bovell
Avec: Mel Gibson, Ray Winstone, Danny Huston, Bojana Novakovic

Résumé: Le détective Thomas Craven voit sa fille abattue sous ses yeux par un homme cagoulé. D’abord persuadé que le tueur le visait lui, il ne tarde pas à découvrir que sa fille était impliquée dans une affaire la dépassant. Il va dès lors tout faire pour retrouver les responsables et les faire tomber.

Cela faisait quasiment 10 ans (depuis Signes en 2002) qu’on n’avait pas vu Mel Gibson sur un écran de cinéma dans un premier rôle. Une absence surtout due au fait que l’acteur avait souhaité se concentrer sur sa carrière (réussie) de réalisateur. C’est donc à Martin Campbell, auréolé du succès public et critique de Casino Royale, qu’échoit la lourde tâche de faire revenir le grand Mel sur le devant de la scène. Pour ce faire, il adapte sa propre mini série, réalisée en 1985. Le résultat : un honnête thriller conspirationniste, mais qui ne restera malheureusement pas dans les annales…

Le très gros problème de Hors de Contrôle, c’est son manque flagrant d’originalité et de punch. L’enquête-croisade que mène le détective Craven est finalement assez pépère, et le film manque sérieusement d’implication émotionnelle, malgré la bonne prestation de Mel Gibson. Jamais on ne ressent le danger que doit affronter le personnage, et on se demande très souvent pourquoi les bad guys ne décident pas tout simplement de l’éliminer, vu comme il les dérange du début à la fin (surtout qu’ils ne se privent pas pour tuer quiconque se met en travers de leur route). Le scénario tente bien de se justifier en cours de route, mais peine à être crédible sur ce point. Du coup, le film est assez poussif, surtout que comme dit précédemment, il n’a rien de très original. On s’intéresse en effet une fois encore aux agissements des milices privées, sujet décidemment très en vogue en ce moment, puisque déjà exploité dans les jeux vidéos (Metal Gear Solid 4), à la télé (la saison 7 de 24) et au cinéma (l’excellent Jeux de Pouvoir, autrement plus réussi). De plus, le final est plutôt loupé, enchaînant les rebondissements qui sentent bon le remontage par le studio (mais pourquoi donc enlever Craven pour l’emmener dans le repère des méchants alors qu’il est déjà empoisonné ?) et résolution trop rapide pour être honnête.

Reste que Martin Campbell déploie un certain savoir faire au cours du film, emballant quelques bonnes scènes bien nerveuses (dont une tentative de meurtre à coup de voiture très brutale) et réussissant à insuffler parfois un peu de rythme, notamment dans le deuxième tiers. Et puis le plaisir de revoir Mel Gibson à l’écran est intact, surtout que l’acteur a toujours autant de charisme. Son regard égaré permet in extremis de se raccrocher aux émotions du personnage, et ses quelques scènes dialoguées avec Ray Winstone constituent les meilleurs moments d’un long métrage plutôt décevant dans l’ensemble.

Un retour plutôt raté donc, et on espère que l’acteur saura trouver un rôle à sa mesure prochainement (peut-être dans The Beaver de Jody Foster ?), même s’il est privé de Mad Max 4

Note: 6/10


Millénium, le Film (Män som hatar Kvinnor)

Critiques en vrac 20: Shuttle – Hors de Contrôle – Millénium, le Film – Incontrôlable

Suède, 2009
Réalisation: Niels Arden Oplev
Scénario: Rasmus Heisterberg, Nikolaj Arcel
Avec: Michael Nyqvist, Noomi Rapace

Résumé : Ereinté après avoir été reconnu coupable de diffamation au cours d’un procès fortement médiatisé, le journaliste Mikael Blomkvist (Michael Nyqvist) décide de prendre de la distance avec son journal, Millénium, afin de protéger ses collègues. Il est débauché par le milliardaire Henrik Vanger, qui lui demande d’élucider une affaire vieille de 40 ans, la disparition de sa nièce Harriet. Pour résoudre cette affaire tortueuse, Mikael sera bientôt rejoint par la talentueuse mais torturée Lisbeth Salander (Noomi Rapace), une enquêtrice de génie. Ensemble, ils vont lever le voile sur une histoire bien plus compliquée qu’il n’y parait…

Suite au succès mérité de la trilogie littéraire de Stieg Larsson, il n’aura pas fallu très longtemps pour qu’une adaptation cinéma voie le jour. Et c’est donc sous la forme d’une coproduction suédo-danoise que l’intrigue du premier roman a été portée à l’écran (avant le très probable remake hollywoodien). Une adaptation fidèle à l’œuvre d’origine, et qui devrait contenter les fans du romans, malgré quelques légères trahisons.

Ce qui impressionne le plus lorsque le film commence, c’est le soin apporté aux détails visuels. En effet, difficile de ne pas être satisfait par les décors ou les acteurs choisis pour incarner les différents personnages, tant ceux-ci ressemblent à leurs homologues de papier. La palme revient à Noomi Rapace, qui campe une Lisbeth Salander plus vraie que nature. Le scénario se permet quelques raccourcis par rapport au roman, mais là encore, rien de bien dommageable, vu la complexité de l’intrigue. Certaines sous-intrigues sont aussi éliminées, voire fortement réduites, comme la relation Mikael Blomkvist – Erika Berger, ou l’antagonisme avec le financier Wennerström, mais sans que cela soit un problème. On saura gré à l’équipe de ne pas avoir non plus éliminé certains des passages les plus dérangeants du roman, comme le viol de Lisbeth.

Là où le bât blesse par contre, c’est dans le développement des personnages, et notamment la relation Lisbeth-Blomkvist. La première reste assez proche de son homologue de papier, mais manque un peu de rage et d’agressivité, tandis que le second a été un peu trop « lissé » pour les besoins du film. Exit donc ses relations avec de multiples partenaires, exit aussi sa gouaille et son ton détendu, ainsi que son idéalisme. Le Mikael Blomkvist ciné est un pur héros sans peur et sans reproche, totalement focalisé sur sa mission. Dommage, car du coup le personnage est beaucoup moins attachant.

L’autre point problématique vient de la réalisation assez plate de Niels Arden Oplev. Il est vrai que l’intrigue est assez complexe et très bavarde, et que le réalisateur parvient à ne jamais perdre le spectateur, mais on aurait aimé un peu plus d’ampleur dans la réalisation, un peu plus de vie, et surtout un peu plus de suspense.

Mais malgré ces défauts qui empêchent le film d’être réellement mémorable, il s’agit d’une adaptation très correcte et suffisamment respectueuse de l’œuvre d’origine pour être appréciée par les fans et les profanes. Reste à voir ce que donneront les deux suites qui devraient, elles, être beaucoup plus dynamiques.

Note : 6.5/10


Incontrôlable

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France, 2006
Réalisation: Raffy Shart
Scénario: Raffy Shart
Avec: Michaël Youn, Hélène de Fougerolles, Thierry Lhermitte, Patrick Timsit

Résumé : George Pal (Michaël Youn) est un scénariste raté à la vie minable : personne ne veut de ses scripts, il boit trop, fume trop, mange n’importe quoi, et de manière générale a une hygiène de vie déplorable. Suite à un curieux accident, le corps de George décide de prendre le contrôle des opérations pour montrer à celui-ci qu’il doit prendre plus soin de lui.

Certains films sentent la bouse avant même qu’on se décide à les visionner. Rien qu’une bande-annonce permet de présager l’ampleur des dégâts. Et pourtant, certains cinéphiles déviants, dont je fait partie, s’évertuent à regarder ces daubes. Incontrôlable était donc le film qui était censé faire de Michaël Youn le « Jim Carrey français ». Sauf que Youn a oublié un petit paramètre dans l’équation : Jim Carrey est lui, un très grand acteur. L’insupportable Youn passe donc le film à faire le gentil benêt, puis à gesticuler comme un beau diable pour montrer que son corps est devenu une entité indépendante, qui en plus parle avec la voix du doubleur d’Edddie Murphy (rires). Malheureusement pour lui, la sauce ne prend jamais, tant le film est d’une stupidité crasse, d’une vulgarité hallucinante, et surtout d’un manque flagrant d’originalité. C’est bien simple, Incontrôlable s’apparente un peu à un best of déviant des derniers succès américains (et surtout des films de Jim Carrey). On trouve donc un nain policier comme dans Fou(s) d’Irene (l’occasion de taper sur les flics et de se moquer des nains de façon très fine), des pets et des rots façon Shrek, toutes les blagues pipi caca possibles et imaginables, une quasi scène de sexe avec une grand-mère… Le plus étonnant c’est que Youn a réussi à rameuter un casting impressionnant autour de lui: Thierry Lhermitte en beau papa coincé, Hélène de Fougerolles en love interest, Patrick Timsit en agent véreux… On se demande s’ils ont pris la peine de lire le scénario avant de signer…

On pourrait presque pardonner cette malheureuse tentative si le film n’était pas d’une suffisance hallucinante. Parce qu’en plus de proclamer que Youn est le Jim Carrey français, on a même doit à une mise en abyme ridicule à la fin, lorsque le personnage de Youn écrit un scénario à partir de sa mésaventure, et que tout le monde lui dit que c’est un script génial. Dans le genre « je ne me prends pas pour de la merde », le scénariste et réalisateur Raffy Shart se pose là.

Encore une comédie française ringarde qui vient un peu plus creuser l’écart entre les Américains et nous…

Note : 0/10


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