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Amour Platonique

Par Mayday
Amour Platonique
Reste une demi-illusion!
Tel une brise, une voix, une ombre ..
Et laisse moi rêver de ton âme et te décerner mon premier amour platonique.
Pour la première fois de ma vie - sulfureuse comme une partie de chasse dans les jungles de la folie et de l'avidité, sur le seuil de la petite mort où la frontière entre enlacement  et dévoration se perd...-
Pour la toute première fois, je me sens envahie par la douceur de la transparence.
Je m'incline devant mon rêve au lieu de le détruire.
J'aspire à une présence - la tienne- qui me semble venir de mes racines éloignées et du fond des caves de mes ancêtres où sont conservés les trésors de la mystérieuse sagesse ..
Pour la première fois, je rêve d'une présence sans corps.
Avant toi, je ne rêvais que d'objets. De cadavres cauchemardesques. D'océans dont les vagues ont, au toucher,  l'aspect de la peau d'un amant. Je rêvais d'ascenseurs fermés qui me faisaient monter vers ma déchéance. Je rêvais d'hommes sans visages, de chambres sans fenêtres, de joies sans empreintes, de jours sans lendemains..
Aujourd'hui je rêve de tes mots. Je revis mon enfance.
Et je te déclare mon amour platonique.
Les ongles qui laissent leurs traces sanglantes dans le dos d'un amant. Les ébats fébriles des nuits anesthésiantes dans des chambres blanches comme les murs des hôpitaux.  Je m'en évade vers les forets mystérieuses de ton merveilleux monde englouti.
Avec toi, je découvre comment tes mains se démultiplient sur le corps frémissant de mes rêves, tant que je ne les touche pas. Et comment tes lèvres prolifèrent sur mon cœur frileux, tant que je ne déguste pas la coupe de tes baisers...
Je découvre à quel point ton don de toi-même est abondant tant que je n'y touche pas- sinon il se transformerait en mirage. A quel point ton piquet est dressé et fort, tant que je ne le l'enfonce pas pour tendre ma tente... Et à quel point je t'aime, tant qu'on n'est pas amants!!...
Quelque chose en toi me rend insatiablement friande du goût de cet amour platonique qui s'est installé majestueusement, tel un conquéreur, sur le trône du royaume déchu de mes fantasmes désuets...

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