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La magie est-elle ringarde ?

Publié le 09 février 2010 par Eflamm
Dans l'Antiquité, les grand-prêtres usaient d'illusions pour asseoir leur pouvoir sur la crédulité du peuple. Il avait un temps d'avance sur celui-ci et en profitait. Au Moyen-Age, alors que les Mistères fleurissaient sur les parvis des cathédrales, les techniques d'illusionnisme étaient utilisées pour une mise en scène originale illustrant les scènes chrétiennes. Il en fut de même par la suite, des fêtes de Louis XIV aux réceptions de Fouquet, où les spectacles utilisaient des principes magiques. De tout temps, les illusionnistes ont eu un temps d'avance sur le peuple (moldu comme dirait Harry Potter) concernant certaines techniques. La magie surprenait, par l'usage de l'électricité alors qu'elle apparaissait à peine, par exemple. Robert Houdin fut aussi un précurseur, et son temps d'avance fit la gloire de ses soirées. Il s'avère qu'à l'heure actuelle, le magicien lambda (je ne parle pas des grands, mais de ceux qui font florès sur le territoire) a non plus un temps d'avance, mais un sacré temps de retard, le tout illustré par des décors kitschissimes des années 80, et des boîtes qui à mon sens n'ont plus rien de magique, pour couper des femmes en deux, en trois, en cinq... Ces boites fleurissent sur les scènes et on peut ainsi retrouver des clones magiques un peu partout. Le spectateur, où qu'il soit, aura le droit à une tranlucube, une malle des indes, une table volante ou une tête aux sabres. Plutôt que de s'appuyer sur les bases et les principes de l'illusionnisme, le magicien lambda préférera le prêt-à-présenter vendu par les marchands, mettant l'originalité et la personnalité au fond d'une quêteuse. Certes, les principes des illusions classiques sont  intéressantes, mais elles ont été crées en leur temps. Il faut donc les réactualiser mais plus encore, les personnaliser, et les intégrer dans une histoire, en les relookant et surtout en les revoyant. Ne plus faire l'illusion comme l'explique le modus operandi, mais en faire la présentation d'une oeuvre. J'ajoute qu'à mon sens, travailler une chorégraphie ou une mise en scène autour d'une illusion est une erreur, et que l'illusion doit être motivée par les besoins de l'histoire !!! On ne va pas présenter un tour parcequ'on l'a dans un placard ?!? Je vous l'accorde, cela nécessite du travail, mais au prix d'efforts, la magie d'un tour casse-tête se transformera en un moment magique Mais au-delà de cette révision des présentations, il est nécessaire de travailler de manière à avoir ce temps d'avance. Jack Barlett, initiateur du World Magic Park, en parle en connaissance de cause, et il est déplorable de voir le peu d'écho reçu de la part de confrères sur le travail de la réalité augmentée. L'important est avant tout de cultiver sa culture magique, et de s'ouvrir aux autres arts, aux avancées techniques. Sans cela, la magie actuelle restera ce qu'elle paraît être : ringardeEt vous, spectateurs ou magiciens, qu'en pensez-vous ?Illustration jointe : Fantasmagories de Robertson.

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