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La Marseillaise: chant de guerre, symbole révolutionnaire et hymne national

Publié le 16 février 2010 par Bastienb
Par un long et froid vendredi d’hiver, un choix difficile et douloureux devait être fait: la « ferme célébrité »… ou « Metropolis » (Fritz Lang, 1927). La décision fut rapide. rougetdelislemarseillaise

Rouget de l'Isle chantant « La Marseillaise », 1849, Isidore Pils

Dans cette version exceptionnelle de cette œuvre intégrant des images inédites depuis sa première diffusion, l’orchestre symphonique de la radio de Berlin accompagne ce film muet sur la partition d’origine de Gottfried Huppertz pour l’ouverture de la 60e cérémonie de la Berlinale. Lors de la scène de la révolte dans le film, l’orchestre interprète un court passage extrêmement reconnaissable pour bon nombre d’entre nous: la Marseillaise. Mais revenons tout d’abord sur la genèse de la Marseillaise. Claude Joseph Rouget de Lisle (c’est son nom complet), est capitaine dans une garnison de Strasbourg en 1792… et également compositeur (mais assez médiocre…). Le maire de la ville à cette période, le baron de Dietrich, l’engage pour lui écrire un chant de guerre, au lendemain de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche (conséquence directe de la Révolution française de la fuite manquée de Varennes de Louis XVI, l’Autriche se mêlant façon ingérante des affaires de la France notamment à cause de la parenté de Marie-Antoinette). Le jeune compositeur rédige ce qui va devenir l’ »Hymne de guerre dédié au maréchal de Luckner » dans la nuit du 25 au 26 avril 1792. Il faudra cependant attendre la IIIe République (1879) pour que la Marseillaise devienne l’hymne nationale de la France. Pourtant, la version musicale que nous connaissons aujourd’hui n’est pas celle qui était à l’origine. En effet, la version actuelle se base une l’orchestration de Berlioz de 1830, qui l’arrangea fortement. Rouget de Lisle écrivit même à Berlioz: « Votre tête paraît être un volcan toujours en éruption ; dans la mienne, il n’y eut jamais qu’un feu de paille qui s’éteint en fumant encore un peu. Mais enfin, de la richesse de votre volcan et des débris de mon feu de paille combinés, il peut résulter quelque chose. » Mais si la Marseillaise est aujourd’hui connu pour être l’hymne national français, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, La Marseillaise se répandit rapidement dans toute l’Europe comme un chant révolutionnaire, au point même d’avoir une version en chinois ! Toutefois, le changement de statut de la Marseillaise comme hymne national était en contradiction avec l’idée de chant révolutionnaire, et un nouveau chant lui succéda, également bien connu: l’Internationale. Pour s’en convaincre aisément, il est tout à fait possible de chanter les paroles de l’Internationale sur l’air de la Marseillaise comme il a été prévu à sa création. L’utilisation de la Marseillaise pour accompagner la révolte dans le film « Metropolis » semble tout à fait adaptée, alors que la Marseillaise a encore cette empreinte de chant révolutionnaire. Chant de guerre, symbole de révolution avant de devenir hymne national sur une musique qui varie fortement dans le temps, il est assez étrange de prendre une version de la Marseillaise comme acquise et immuable, et de voir des hommes de peu de foi, à la critique acerbe, facile et stupide s’en prendre à Gainsbourg pour sa version reggae. Un peu comme certains sur d’autres articles de culture-générale. Mais, comme conclut « Metropolis », « entre le cerveau et les mains, le médiateur doit être le cœur », et ceci est une autre histoire.


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