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La mort de Pierrette Micheloud

Par Florence Trocmé

Jean-Pierre Valloton m'informe du décès de la poète et peintre Pierrette Micheloud.
Je publie ici le communiqué qu'il m'a adressé :

Dans la nuit de mardi à mercredi, la poétesse Pierrette Micheloud est décédée en Suisse, des suites d’un cancer. Elle allait avoir 92 ans.
D'origine suisse, des montagnes valaisannes, elle habitait Paris
depuis 1950 (peut-être appel de sang d'une arrière-grand-mère maternelle), tout en gardant un lien étroit avec son pays.   
Vivant en poésie, elle  n'en mena pas moins une existence très active dans le domaine des Lettres : collaboration à plusieurs journaux suisses où elle présentait des poètes de France et d'ailleurs, puis aux Nouvelles Littéraires, avec des articles sur les Poètes-libraires de Paris.
En 1963, elle fondait avec Edith Mora,  critique littéraire, le prix de poésie Louise Labé, dont le jury est féminin. Non par ostracisme, mais volonté de rétablir quelque peu l'équilibre, les femmes étant alors presque absentes des jurys littéraires.
Elle a été également rédactrice en chef de la revue La voix des poètes, fondée et dirigée par Simone Chevallier, collection Les Pharaons (poètes éveilleurs de conscience).
Auteur d'une vingtaine d'ouvrages de poésie, elle a été lauréate de plusieurs Prix, entre autres, Prix Schiller et Prix de Consécration de l'Etat du Valais pour la Suisse; Edgar Poe, Apollinaire, Charles Vildrac pour la France.
Dans L'ombre ardente (témoignage en prose), elle évoque son adolescence et la découverte de son âme gynandre.
“ Nature, femme, quête de la conscience ” : de ces trois fonds d'inspiration, sa poésie embrasse l'univers d'une voix généreuse et passionnée.“ L'artisane du verbe ”, qu'elle se veut être, se révèle dans ces deux vers :

Libérer le chant
De la sclérose des mots.

D'où la vie et la magie qui se dégagent de sa poésie.
Dans les Cahiers de la Baule n° 72, la poétesse Andrée Chedid écrit:

“ Je la connais fidèle à son destin de poète. Je la sais inscrite dans la simplicité, dans la force, dans l'élan de chaque saison, de chaque jour. Je la devine semblable à ce père qu'elle évoque :
Taillant la pierre pour en dégager
le vocable transparent. ”

Egalement artiste-peintre, Pierrette Micheloud a livré en plusieurs expositions une œuvre personnelle importante et forte, témoignant d'une femme qui a su assumer avec détermination une voie singulière.
La Fondation Pierrette Micheloud veillera désormais à perpétuer son œuvre et sa mémoire.
A lire : Présence de Pierrette Micheloud, ouvrage publié sous la direction de Jean-Pierre Vallotton, Editions Monographie, 2002, Sierre (CH).


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