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Xavier Darcos stigmatise le stress au travail

Publié le 19 février 2010 par Sequovia

Xavier Darcos  stigmatise le stress au travailAprès la vague de suicide qui a touché France Télécom en 2009, Xavier Darcos, ministre du travail  avait sollicité 1500 entreprises de plus de 1 000 salariés  pour qu’elles ouvrent  les discussions sur le stress au travail. Un classement  sur internet vient d’être publié hier. Il s’inscrit dans le cadre du plan d’urgence sur les Conditions de Travail du 9 octobre 2009.


Le stress  au travail, un risque majeur des organisations et des entreprises

Le rapport « bien être et efficacité  au travail », élaboré par des  personnalités comme Henri Lachmann ( Schneider Electric), Christian Larose (CGT) et Muriel Pénicaud (DRH de Danone), montre bien que le stress au travail constitue un enjeu social majeur pour les organisations. Les auteurs du rapport formule dix propositions pour réduire le stress en entreprises, dont certaines très novatrices comme :
1-    Investir dans la santé au travail est une obligation sur le plan humain et non une charge
2-   Donner aux salariés les moyens de se réaliser dans le travail  en restaurant des espaces de discussion et d’autonomie dans le travail
3-    Systématiser les possibilités de recours au supérieur hiérarchique de niveau n + 2 et un responsable RH de proximité en cas de problème avec son chef direct
4-    Négocier sur les facteurs de risques propres à chaque métier et sur les bonnes pratiques existantes pour les prendre en charge
5-    Prévoir un bilan et un plan d’actions annuels sur les risques psychosociaux de plus de 50 salariés
6-   Impliquer la direction générale et son conseil d’administration .L’évaluation de la performance doit intégrer le facteur humain, et donc la santé des salariés
7-    Juger sur la performance économique ne peut être le seul critère d’attribution de la rémunération variable. La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail – par exemple le turn over, les accidents du travail, la satisfaction des salariés, la promotion interne


Le ministère du travail distribue les bons et les mauvais points

Les quatorze pages publiées hier distribuent des codes couleur comme des bons  ou des mauvais  points. Ils  indiquent le degré d’avancement des entreprises dans la mise en œuvre d’une politique de prévention du stress professionnel.
Tout d’abord, les « feux verts », c’est à dire les  bons élèves, qui regroupent des entreprises qui ont déjà signé un accord de fond, de méthode ou qui ont engagé un plan d’action avec les syndicats et les représentants du personnel. Elles sont 33%, parmi elles on retrouve des sociétés comme Yoplait, Areva, EDF, Eurodisney ou encore Thales.
La deuxième catégorie : « feu orange » regroupe les industries qui ont déjà entamé des discussions sans avoir signé un accord. Elles sont au total 55%.  La liste n’est désormais plus accessible sur le site internet du ministère du travail, ce dernier ayant manifestement décidé de la supprimer à la demande expresse des entreprises incriminées.
Enfin la troisième et dernière catégorie « les feux rouges » concentre les entreprises qui   n’ayant pu permettre de constater un engagement de négociation ou d’action sur le stress (12 % d’entreprises) .  A noter que 600 entreprises n’ont pas répondu du tout au questionnaire du ministère. Là aussi, la liste a disparu ; dommage ! Pour les connaître, se rapporter au quotidien Le Echos du 18 février 2010.
Dans son communiqué, Xavier Darcos analyse que « Ces premiers résultats, encourageants, doivent inciter davantage d’entreprises à mettre en œuvre l’accord national interprofessionnel de juillet 2008 sur le stress au travail ».

Une liste actualisée chaque mois
Le palmarès a  provoqué des réactions rapides de la part des entreprises concernées. La société  Coca-Cola s’est enchantée d’être classé vert, alors que Picard Surgelé a dénoncé son classement rouge, précisant que « Les négociations  démarreront en mars 2010, même si le groupe a déjà évoqué ce sujet à plusieurs reprises avec les partenaires sociaux ». La  liste a crée un véritable « buzz » sur le site du gouvernement. Elle doit être actualisée tous les mois durant l’année 2010.

Avis Sequovia :
Selon le ministère du travail, les maladies professionnelles sont en augmentation constante : 43 000 cas étaient recensés en 2007 , 45 000 en 2008. Le stress professionnel  a par ailleurs coûté entre 2 et 3 milliards d’euros en 2007, selon une étude de l’Inres. Les causes sont désormais bien connues : réorganisations, restructurations, peur du chômage et incertitude sur l’avenir, accélération et augmentation des exigences des clients… L’idée de cette liste est cohérente  puisque à travers ce classement, le gouvernement souhaite  amorcer une dynamique et  faire « bouger »les organisations vers plus d’actions contre le stress.

Si l’image de l’entreprise peut pâtir de la généralisation du stress dans ses rangs, voir dans cet esprit la dégringolade de France Telecom dans le baromètre Posternak-Margerit d’octobre 2009,  il n’en reste pas moins que cet état de fait souligne la distance pouvant exister entre le discours et les actes.  Communiquer responsable c’est bien, à condition de démontrer dans les faits la justesse de son propos et ceux qui sont à même de mieux le faire sont les salariés de l’entreprise, dans leur vécu quotidien.

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