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Anthologie permanente : Claude Ber

Par Florence Trocmé

photographie

je passe ma main sur ta photo
ma main – patte plutôt que main – sur ton visage
sur ta photo
patte animale ma main sur ta photo
pas seulement à cause de la meute des animaux
d’amour convoqués au bestiaire des amants – tous les
meine teddy Bär frischling coney-cooky loveliebe –
à cause du geste
de mon geste passant ma main sur la photo de ton visage
comme        maladroit
comme        primitif
comme        animal
resurgissant au bout des gestes oubliés
comme
cet autre qui me fait passer la pain sur mon crâne
d’arrière en avant
mein Hand über mein Kopf wie in Berlin wenn…
ma main sur ma tête
comme        j’ai vu les singes le faire
comme        j’ai vu cette femme amazonienne le
faire devant son enfant mort
comme        cela ne se fait pas mais le faisant dans
l’intimité de la douleur semblable à (comme)
celle de l’amour
passant              ma main        sur ton visage
passant              ma main        sur mon crâne
primitivement     rituellement   ma main

Découpe 19

Un coup de frein. Un sac dégringole. C’est une tête
effarée qui capote dans le cercle de ses anses. Dans le
vide de cette tête sans ouïe où je passe la main pour
le recaler contre ma jambe par où entrer ?

Claude Ber, La mort n’est jamais comme, Éditions de l’Amandier, 2007, pp. 27 et 59.

bio-bibliographie de Claude Ber

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