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Peter Gabriel fourbe et rusé avec Scratch My Back

Publié le 24 février 2010 par Actualitté
Haaa ! Peter Gabriel !!!! Quand ma petite guitare m’a annoncé qu’après huit ans d’absence où l’homme dégarni, leader du groupe mythique Genesis, qui s’est consacré à la défense des droits de l’homme, revenait avec un nouvel album, je fus ravie ! Impatiente donc d’avoir Scratch My Back entre les mains ! Et de l’impatience, j’'ai glissé vers le doute ! L’album est enveloppé d’inspiration mystique et troublante collant à des photos AFP en noir et blanc témoignages du monde dans lequel nous vivons, certes. Toutefois, Peter, allez… Pet’ quelques précautions auraient dû être prises.
Les classiques rock réarrangés en du classique symphonique
Peter Gabriel fourbe et rusé avec Scratch My BackAlors que des artistes ne cessent de prôner une humanité amputée de cœurs et d’émotions, d’autres se posent en témoins magiciens. Nous serions les grands invalides de la réceptivité aveuglés par la lumière artificielle froide dont l’insipidité nous ronge de l’intérieur laissant un tatouage lourd sous les yeux luttant contre un cancer de l’abandon, du mal-aimé, du mal protégé. Un concept à relativiser. Une mise en perspective des priorités que Peter Gabriel a cherché à mettre en lumière avec Scartch My Back. Un album sensible qui à première vue pouvait décevoir. Douze titres de pop, folk repris sous l’angle de l’émotion cristalline où les guitares folk des années 80 se transforment en une orchestration symphonique scintillante. Mais attention à ce qui rend aveugle…

Du Bowie à Radiohead en passant par Neil Young

Peter Gabriel n’est pas un homme fainéant, tenez-vous le pour dit. S’il revient avec un album de douze reprises, pensez-vous sincèrement que ce ne sont que des reprises dont la simplicité ferait défaut à la réputation du grand monsieur et finalement ne serait qu’une pâle copie de ses amis ? Ou pire une copie d’une copie de la copie à la sauce candidat Star Ac’, qui pense qu’une énième reprise minable d’un groupe de rap d’un Gung Of Four est en fait le morceau original ? Soyons sérieux l’espace d’un instant et prenons en considération le travail de ce retour musical.

L’album s’ouvre comme un livre sur « Heros » de David Bowie et tous les titres se succèdent de manière à ce que les textes se répondent les uns aux autres. Ainsi, parce que Peter a sélectionné avec minutie les titres, il n’est pas incongru de voir du vieux avec du Neil Young, Paul Simon et du récent avec des textes peu ou pas connus des Arcade Fire, Talking Heads soufflés les mots dont Peter maîtrise l’interprétation à la perfection. Perfection néanmoins discutable avec la reprise de Radiohead « Street Spirit » et « Mirrorball » de Elbow où c’est penaud, confus, chaotique et bien trop lourd.

Scartch My Back une poussière d’étoiles

Cependant, il y a des albums comme ça qui se passent de commentaires tant les mots semblent vides de sens, inappropriés, perturbant et créant des interférences à la magie du moment. Ce genre de moment où seul le regard aurait les expressions justes. Ce genre de moments dans la vie où on se retrouve à regarder un ciel de mille étoiles. Quelques étoiles filantes se meurent dans notre atmosphère et nous faisons le vœu d’être bien. Cette nuit-là, j’ai dû faire le vœu que Peter mette huit ans pour retravailler des classiques du rock dont deux perles « The Power Of The Heart » de Lou Reed et « My Body is a Cage » de Arcade Fire en accord avec les astres.
Le soleil donne la vie à un album bouleversant et transpirant de générosité dans son ensemble. Mais les rayons brûlent aussi la peau et l’aspect respectueux de certains titres reste encore à démontrer. En collaboration avec John Metcalfe violoniste, c’est un concert de piano, de violon, de douceur, de force. C’est une caresse sur notre âme comme celle d’une main sur notre visage, qui pénètre ce cœur alors cité comme cliniquement mort. Ce ne sont pas des palettes de réanimation que Peter utilise, mais la maîtrise d’une voix qui fait cligner la courbe sinusoïdale.
Un bon album dans son unité par sa douceur qui transforme l’espace d’un instant notre intérieur sclérosé en un monde où tout serait peut-être permis, tout serait relatif… néanmoins, c’est aussi un l’album qui détourne peut-être un peu trop le sens initial des titres.

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