Cèpe de vigne, dites-vous ?

Par Daniel Sériot

Cèpe de vigne, dites-vous ?

Ce serait un joli pied-de-mouton à l’orthographe, sauf à prendre des vesses-de-loup pour des lanternes.

Et pourtant de cèpe à cep… il n’y a qu’un pas, non qu’un « e » ! et encore un « e » qui ne féminise même pas notre champignon.

Même origine, même signification…pour ces deux mots en effet et ce jusqu’au XVIIIème siècle.

Le latin cippus désignait par ce terme une stèle sur laquelle les inscriptions mentionnaient un événement important ou (à l’instar de nos bornes routières) les limites des territoires.

Les cippes ont rapidement été détournés de leur fonction utilitaire pour devenir des ornements religieux ou numismatiques.

Ou même des ornements militaires… destinés à empaler ou à embrocher les braves trubliontourix défenseurs de leur gaule natale. Dans la Guerre des Gaules, Jules César écrit : « quo qui intrauerant se ipsi acutussimis uallis induebant. Hos cippos appellabant »

Je traduis : « ceux qui entraient là, s’empalaient à la pointe acérée des pieux. Ils les appelaient cippes. »

C’est cet usage-ci qui s’est appliqué pour le cep de vigne et c’est métaphoriquement l’image de la stèle qui a plutôt servi pour qualifier le bolet ! Hélas pour notre vigne !

Mais bon…Suis assez d’accord pour être perforée d’Aiguilhe…

Isabelle

Cippes en gros plan