Magazine Culture

Poezibao a reçu, n°118, dimanche 14 mars 2010

Par Florence Trocmé

Cette rubrique suit l'actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s'agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.
°Saint-Pol-Roux, Litanies de la mer, précédées de Pour une Cathédrale du Verbe, Rougerie
°Kiki Dimoula, Mon dernier corps, Arfuyen
°Kiki Dimoula, Le Peu du monde, suivi de Je te salue Jamais, Poésie/Gallimard
°John Ashbery, Trois poèmes, Al Dante
°Pierre Dhainaut, Plus loin dans l'inachevé, Arfuyen
°Anthologie Calligrammes & Cie, etc., Al Dante
°Xavier Grall, Œuvre poétique, Rougerie
°Matthieu Gosztola, Débris de tuer, Atelier de l'Agneau
°Jean-Loup Trassard, Eschyle en Mayenne, Le Temps qu'il fait
°Henri-Pierre Jeudy et Maria Claudia Galera, Petit Traité de scissiparité, Al Dante
°Anthologie Femmes poètes du XIX e siècle, Presses Universitaires de Lyon
°Norbert Paganelli, Un Sel d'argent, La Gare
°Jean-Loup Trassard, Traquet motteux, Le Temps qu'il fait
°Joe Ryczko, Apophtegmes au court brouillon, Les Friches de l'art
Et les revues
° Autre Sud, n° Jacques Ancet
° Cahier du Refuge (cipM), n° 187
° Décharge, n° 154
et aussi
°Ficelle, n° 95, Les Morceaux de l'image (Jacques Ancet)
Notices détaillées de chacun de ces livres en cliquant sur " lire la suite de.... "

" NDLR : il faut signaler que ce numéro est hélas le dernier de la belle revue Autour de la rencontre sur le thème " Les Temps multiples à l'œuvre " avec Hubert Lucot, Danielle Mémoire, Jacques-Henri Michot, qui s'est tenue le 12 mars 2010 au cipM à Marseille. Autour également d'une autre rencontre, avec Sophie Braganti et Caroline Dubois (20 mars 2010) Au sommaire de ce numéro, notamment Mahmoud Darwich, Hans Georg Bulla, cinq poètes corses (Agostini, Cesari, Di Meglio, Fusina, Maoudj), Guénane, etc. Jacques Ancet, Saint-Pol-Roux
Litanies de la mer, précédées de Pour une Cathédrale du Verbe par René Rougerie
Rougerie, 2010
21 €
: ce livre est volontairement placé en tête de ce Poezibao a reçu en raison du décès, cette semaine, de l'éditeur René Rougerie. Poezibao lui donne la parole, extrayant de son introduction à cette très belle édition, ces propos : " Une cathédrale du Verbe doit être édifiée. Là, est le seul souci de Saint-Pol-Roux [...] Naît alors dans son esprit l'idée de mettre en scène, dans un grand poème polyphonique, les humbles pêcheurs face à l'immensité de l'océan. "
Il s'agit ici, magnifiquement édité, de la reproduction d'un des nombreux exemplaires des Litanies de la mer écrits à la main par le poète ou par sa fille Divine.
Kiki Dimoula
Mon dernier corps
Traduit du grec par Michel Volkovitch
Arfuyen, 2010
Prix Européen de Littérature
" À l'occasion de la remise du Prix Européen de Littérature le 13 mars 2010, est publié l'un des grands recueils de la maturité de Kiki Dimoula, Mon dernier corps (1981). Traduit avec un soin tout particulier par un traducteur émérite, Mon dernier corps est donné en édition intégralement bilingue avec une préface du traducteur et un ensemble d'informations qui en font une édition de référence pour la découverte de cet auteur. Dans le même temps, paraît dans la collection Poésie Gallimard un autre recueil de Kiki Dimoula, Le peu du monde (1971), également traduit par Michel Volkovitch.
Les poèmes de Kiki Dimoula sont écrits comme des récits, avec une grande simplicité apparente. Mais ce qu'ils racontent est de l'ordre de l'infime, du trivial, l'insignifiant. Et le récit semble à chaque vers au bord de basculer vers autre chose, dans un état de déséquilibre permanent dans un espace qui ne cesse de s'élargir, se creuser à mesure qu'on avance. " L'unique thème de Dimoula, écrit le critique Nìkos Dìmou, c'est le passage - progressif ou soudain - de l'être au non-être. Ce passage qui s'appelle temps, usure ou mort. "
Il ne se passe rien, mais l'enjeu est immense, d'ordre surhumain. Un ordre souverain semble s'exercer sur les menus événements qui sont là, comme si les dieux de l'antiquité hellénique étaient toujours à l'œuvre, implacables jusque dans le plus dérisoire de nos vies. Une femme passe l'aspirateur, et c'est une tragédie grecque qui se déroule sous nos yeux. On a voulu voir en Kiki Dimoula une descendante des poètes métaphysiques anglais du XVII e siècle ou d'Emily Dickinson. Tout aussi bien pourrait-on y voir l'étrange mariage du prosaïsme le plus absurde du monde moderne et les desseins mystérieux du monde des dieux et des héros antiques.
Signalons l'existence en français d'une Anthologie de Kiki Dimoula, trad. Eurydice Trichon-Milsani (L'Harmattan, 2007). " ( site de l'éditeur)
Kiki Dimoula
Le Peu du monde
suivi de
Je te salue Jamais
Préface de Nikos Dimou, traduit du grec par Michel Volkovitch
Poésie/Gallimard, n° 457, 224 p
6,50 €
" Kiki Dimoula est actuellement la grande voix, la voix majeure, de la poésie grecque. Née en 1931, elle impose son univers si personnel, si détaché de toute espérance après les visions du monde lumineux ou combattant de Ritsos, Elytis ou Seféris. Le temps, l'absence, la mort, le néant sont les constantes d'une thématique très noire, mais incarnées dans des scènes quotidiennes inattendues, éclairées par un art de la métaphore et une invention verbale inouïs. Cette poésie en fait ne ressemble à rien de connu - sinon peut-être aux Metaphysical Poets du XVII e siècle anglais. Comme eux, et comme tous les explorateurs lucides de l'être, Kiki Dimoula ne craint pas d'avouer : ″Oui l'impossible me suffit″ " (Prière d'insérer)
Le Prix européen de littérature a été remis à Kiki Dimoula lors des 5èmes Rencontres européennes de Strasbourg ces 12 et 13 mars 2010.
John Ashbery
Trois poèmes
Traduction de l'anglais (américain) et postface de Franck André Jamme
Al Dante
17 €
Les premières pages du livre
" Trois poèmes ou la méditation : sur le jeune âge et le temps manqué ; sur ce que l'on rêverait parfois qu'il advienne ; sur sans les oublier en rien mais plus loin encore qu'hier et demain ; donc sur la royauté finale, à l'instant, de l'instant ; sur l'observation méticuleuse du déroulement incessant des mouvements de la conscience tandis même qu'elle se déroule, se déplie, constamment ; sur cette espèce de danse ; sur le désir et la nécessité aussi, un jour ou l'autre, d'un grand chambardement intérieur, d'une vraie révolte au dedans ; sur la matérialisation en mots des si fugaces mais si puissantes apparitions de ce soulèvement, quand il affleure ; sur effectivement fugaces, vite balayées par les heures, les jours, les années, mais repoussant chaque fois telle queue de lézard ; sur magique ; sur l'amour et ses labyrinthes ; sur une pensée donc en méditation, mais qui n'aurait pas vraiment de règles, qui plutôt se baladerait, flânerait où elle veut, quand elle veut, aussi libérée que divagation, sa sœur chérie, ou peut-être jumelle... " (Franck André Jamme, dos du livre)
John Ashbery est le plus connu des poètes de l'école de New York. Des traductions de lui on paru au Seuil ( Clepsydre, traduction Michel Couturier et Serge Fauchereau, 1975) et chez P.O.L., ( Quelqu'un que vous avez déjà vu, traduction Anne Talvaz, 1992). Autre traduction d'Anne Talvaz : Autoportrait dans un miroir convexe, parue en version bilingue aux éditions Atelier La Feugraie en 2005.
Pierre Dhainaut
Plus loin dans l'inachevé
Arfuyen, 2010
108 p. - 12 €
Forte de quelque 30 ouvrages publiés depuis près de 40 ans, l'œuvre de Pierre Dhainaut, inaugurée avec Le poème commencé (Mercure de France, 1969) apparaît de plus en plus comme l'une des œuvres majeures de la poésie française contemporaine. L'anthologie parue au Mercure de France en 1996, Dans la lumière inachevée, le colloque Pierre Dhainaut à la Sorbonne en 2007 et la monographie de Sabine Dewulf en 2008 (éd. des Vanneaux) en sont la confirmation. Plus loin dans l'inachevé est publié à l'occasion du Prix de Littérature Francophone Jean Arp 2010 qui lui a été remis à Strasbourg dans le cadre des 5èmes Rencontres Européennes de Littérature les 12-13 mars 2010.
Conçu comme particulièrement représentatif de son œuvre, ce nouveau recueil de Pierre Dhainaut comporte trois grandes parties : Perpétuelle éphéméride, Rituel de l'imprévoyance et À toi ce qui commence. Il est suivi d'un texte en prose : Journal des bords.
Perpétuelle éphéméride est un ensemble introductif très court, composé de 5 poèmes de trois tercets. Dès les trois premiers vers, on reconnaît la voix de Dhainaut, calme, claire, inaugurale : " Si fraîche, immense, c'est déjà l'aube / quand le vent afflue dans la moindre fente / jusqu'à secouer les parois. " Aucun pathos, aucun lyrisme facile. Une simple présence. Et le dernier tercet de cet ensemble résume le propos : "On peut se taire à l'ombre de ses ailes / tremblante, éparse, tremblante et libre / de se recueillir, de naître à nouveau. " Une écriture fragile, frémissante. À l'écoute du monde, dans une position de totale réceptivité, d'effacement.
Rituel de l'imprévoyance, le deuxième " mouvement " du recueil voudrait-on dire tant cette écriture est naturellement musicale, comporte 10 séquences : Nuit double, Actes de passage, Entrouvertures, Fragments d'insomnie, Un chemin d'arbres, Seuils pour l'hiver, Sur la foi des sables, Oiseaux d'ici, Le bienvenu et Syllabes de souffles.
À toi ce qui commence est un ensemble de fragments comme Pierre Dhainaut aime à les faire alterner avec les poèmes. Ici le temps se resserre, la sensation s'aiguise, l'intuition se livre nue : " Poussière, pollen, entrer d'un mot, / entrer en connivence. " Le poème est toujours un travail d'approche pour cette entrée en échange avec le monde, cette introduction dans l'Ouvert.
Le Journal des bords nous ouvre le plus intime de l'atelier de l'écrivain : le sens même d'une esthétique, qui est tout aussi bien une éthique : " Écouter, écouter jusqu'à ce que nous ne puissions plus dire "le silence" ,jusqu'à ce que le silence soit aussi sensible que la rumeur des vagues. " " L'écriture, la seule tolérable, celle qui veut tout, celle qui admet qu'elle n'est pas tout, comme la vie, la seule acceptable, lorsqu'elle comprend que chaque jour elle doit renaître, vaincre les puissances d'inertie, se rendre moins avare. Ainsi l'écriture et la vie sont-elles solidaires, elles s'entraident, elles se tournent vers le même horizon. "
Quel horizon ? Là encore, par humilité, par souci de justesse, Dhainaut préfère laisser le mot en suspens : " Le poème dit l'arbre ou la vague, et ce à quoi il nous ouvre, nous n'avons plus de noms pour le désigner. " ( sur le site de l'éditeur)
Anthologie Calligrammes & Compagnie, etc.
Préface de Jean-François Bory, postface d'Isabelle Maunet-Saillet
Al Dante, 2010
30 €
Attention : mise en vente le 16 avril 2010

Plus qu'une anthologie, ce livre est une véritable exposition de papier réunissant des textes poétiques à typographie complexifiée de toutes les époques et de toutes les nationalités: calligrammes d'Apollinaire à nos jours, mots en liberté des futuristes catalans, russes et italiens, vibrationnistes uruguayens, dadaïstes, fluxus, poésie typographique, poésie concrète... Jusqu'aux expérimentations actuelles les plus diverses.
Voir quelques pages sur le site de l'éditeur
Xavier Grall
Œuvre Poétique
présentée par Mireille Guillemot, Yvon Le Men, Jan Dau Melhau
Photographies de Gabriel Quéré
Rougerie, 2010
19,50 €
NDLR : Ce livre sera avec Les Litanies de la Mer, de Saint-Pol-Roux, également présentées dans cette édition de Poezibao a reçu le dernier livre publié de son vivant par l'éditeur René Rougerie, livre qu'il venait présenter aux libraires en Bretagne, lorsqu'il a été pris d'un malaise qui devait mener à son décès dans la nuit du 11 au 12 mars 2010.
Matthieu Gosztola
Débris de tuer
Rwanda 1994
Préface de Bernard Pignero
Atelier de l'Agneau
Mathieu Gosztola narre le parcours imaginaire d'un enfant Tutsi cherchant à échapper aux massacres perpétrés par les miliciens Hutus.
L'auteur a déjà publié deux livres à l'Atelier de l'Agneau et il a obtenu pour le 2 ème tome de la Musicalité du vide le Prix des Découvreurs en 2004.
NDLR : A titre exceptionnel, en raison de la nature du projet de ce livre, Poezibao a accepté de publier un point de vue rédigé par l'auteur sur le thème " peut-on passer de l'horreur génocidaire à la poésie ". Ce texte sera publié la semaine prochaine.
Jean-Loup Trassard
(textes et photographies)
Eschyle en Mayenne
Le Temps qu'il fait, 2010
22 €
" Soudain pris du regret d'ignorer le grec, et n'ayant assisté à aucune représentation du théâtre d'Eschyle, ni sur la ruine des palais respiré l'air que juste viennent de quitter ses héros (seulement dans ma main le toucher, une fois, des pierres du Parthénon, mais combien forte, encore vivace, l'impression), cet été je reprends, ne lâche plus - en traduction - les sept pièces polies par 2 500 ans, presque, de lecture. Est-ce le sable terreux du jardin sous mes sandales ? tandis que tourné vers le soleil dans un fauteuil de bois et toile, par léger vent d'est, j'ouvre et ferme le livre, les paroles que j'y entends me paraissent, également chaussées de sandales, crissantes du sable où le pied s'imprime, de la terre que la main égrène. Les Danaïdes venues des bouches du Nil pour se réfugier en Argos se hissent sur un tertre où sont, blanches près de la mer, quelques statues de dieux. Elles fuient le mariage que cherchent à leur imposer des cousins, fils d'Égyptos, et appellent une tempête contre cet " insolent essaim de mâles " qui les poursuit, si pressé de " monter, malgré la loi qui l'interdit, dans des lits qui les repoussent ". Elles se lamentent, prêtes à déchirer le lin : " Vivante, je me rends à moi-même les honneurs des morts. " Mais leur père, Danaos, qui observait l'horizon, annonce : " J'aperçois un nuage de poussière, muet avant-coureur d'une armée. Des moyeux grincent, entraînant des essieux... " Ici ce sont charrettes de foin, menées au tracteur, dont les pluies récentes ont retardé la récolte, là des cavaliers qu'une fine poussière levée à la fois dissimule et annonce. Ils s'arrêtent, chevaux renâclent, dialogue. Tombent des fleurs de tilleul, sur le tertre peut-être où se serrent les jeunes filles, sur la page. " (l'auteur, sur le site de l'éditeur)
À travers un enchevêtrement de fictions, certaines drôles, d'autres surprenantes, voire inquiétantes, où sont racontées divers cas de déformations physiques ou de monstruosités (sœurs siamoises, amputations, excroissances plus ou moins mystérieuses...) mais, également de doubles (gémellités, doubles amoureux, affectifs, ou fantasmés - fantômes), les auteurs nous amènent, petit à petit à une réflexion sur ce qui, chez chacun d'entre nous, est duel. S'invente ainsi, au fil des mots une réflexion de "l'homme séparé". (sur le site de l'éditeur, lire un extrait du livre)
Femmes Poètes du Sous la direction de Christine Planté
PUL (Presses Universitaires de Lyon), 2010
16 € - sur le site de l'éditeur
Réédition corrigée et augmentée du recueil paru en 1998, Femmes poètes du propose une anthologie de la production minorée mais aucunement indigente des femmes poètes françaises de ce temps. Plus nombreuses qu'on ne l'imagine (occultées par la renommée moins confidentielle de Marceline Desbordes-Valmore, Renée Vivien ou Anna de Noailles), ces créatrices surent souvent retenir l'attention de leurs contemporains. Pour réparer une injustice mais surtout restaurer la juste dimension d'une " poésie féminine " dont les notices permettent de mesurer la diversité des écritures comme des engagements, le retour de cette somme épuisée s'imposait.
Norbert Paganelli
Un sel d'argent
Mimoria Arghjintina
Sur des photos de Joseph Nicolaï
La Gare, A Fior di Carta, 2010
14 €
Un série de textes écrits par le poète Norbert Paganelli sur des clichés d'un ancien correspondant de presse dans le Sud de la Corse, à la fin des Trente Glorieuses.
Jean-Loup Trassard
Traquet motteux ou l'Agronome sifflotant
Le Temps qu'il fait
160 p - 10 €
" Depuis le néolithique, il s'agissait de produire plus et mieux : le succès brutalement s'est retourné contre les métiers de la campagne. Il faudra produire moins et moins bon. Ayant vidé les villages, coupé les arbres, rasé les haies, mis les races animales au musée, fait disparaître la faune sauvage et la flore, envoyé ceux qui auraient assuré la relève travailler en ville, on fera de l'élevage ″hors sol″ L'auteur sur le site de l'éditeur)
Les textes de ce livre, même s'ils ne sont parfois que l'ébauche de ce que j'aurais aimé qu'ils fussent, doivent être entendus comme, incomplet, maladroit, mais joyeux d'aimer, un hommage à la civilisation rurale au moment où, parée de toutes ses variantes régionales, corps et biens, elle sombre. Ce qui, lecteurs, pour nous, les terriens, s'accompagne d'une émotion. " (
Faut quand même pas déconnecter !
(juron branché).
"
Autre Sud ( voir l'article d'Alain Paire). Au sommaire, en plus de nombreuses pages d'inédits de Jacques Ancet, des textes notamment de François Bon, Antoine Emaz, Jacques Lovichi, Bernard Mazo, Jacqueline Saint-Jean, Joëlle Gardes, Frédéric Jacques Temple, André Ughetto.
Les Morceaux de l'image
lavis de Colette Deblé
mars & avril 2010
7 € - site de l'éditeur


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