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“Légion - L’armée des anges” : quand le nanar ne s’assume plus

Par Kub3

Les nanars ont leurs bienfaits. Dans les sous-sols crasseux de la grande maison du cinéma, ils parviennent à divertir voire  à contrebalancer parfois leur manque de moyens par un peu d’inventivité. Loin de la sympathique série B, Scott Stewart invente pourtant avec Légion un film qui sort de l’alphabet : le nanar qui s’ignore parce qu’il a un budget conséquent. Résultat ? Affligeant, lamentable, ridicule… on hésite encore.

“Légion - L’armée des anges” : quand le nanar ne s’assume plus

Voilà l’idée : mécontent de ses rejetons, Dieu a décidé de se la jouer façon Céline Lesage. Il envoie donc ses anges sur Terre afin d’exterminer la race humaine. Au milieu du désert californien, on rencontre Charlie (Adrianne Palicki), serveuse dans une relai routier miteux. Cette fille un peu paumée attend un gamin dont elle ne connaît même pas le père. Allez savoir pourquoi, ce bébé à naître est apparemment le seul espoir restant à l’humanité. Autour d’elle va se former un groupe de résistance dont le leader improvisé n’est autre que l’archange Michael (Paul Bettany). Parce qu’il pense encore que l’homme n’est pas le cancre de la création, Michael a décidé de désobéir à son boss et d’aider le petit groupe à survivre. Quitte à se bastonner avec un de ses collègues, l’archange Gabriel.

Au vu de ce scénario, pastiche de Terminator, un premier constat s’impose : nous avons vraisemblablement en face de nous un nanar, un vrai. Détrompez-vous pourtant. Là où le nanar peut contrebalancer son scénario misérable en nous amusant, Légion se retranche dans le fric et ce que le cinéma hollywoodien a produit de plus mauvais.

Il y ‘a d’abord les effets spéciaux. Scott Stewart a les moyens et tient à le montrer. On a donc droit à certaines scènes  vaguement impressionnantes (on pense notamment à la grand-mère qui monte au plafond), mais entrecoupées de blabla faussement ésotérique mais véritablement moraliste qui confère à l’ensemble un rythme bancal, pour ne pas dire soporifique.

Les choses se gâtent encore lorsqu’on se tourne vers les personnages. Philosophie à deux balles et psychologie de comptoir : tout y est. Le seul noir est bien évidemment un gangster en possession d’une arme mais qui, au fond de lui, est un homme au cœur tendre. Il le prouvera en procédant à un sacrifice débile. De leur côté, les femmes ont le choix : vieille et possédée, en cloque et inutile, égoïste et prête à troquer le bébé contre sa survie. On l’aura compris, le salut ne pourra venir que des hommes, les vrais, qui pendant dans ce temps là tirent à qui mieux mieux sur les corps possédés qui s’attroupent autour de la station service.

Particulièrement nuls, les acteurs ne peuvent quant à eux rien faire pour sauver leurs personnages. Paul Bettany   a un visage aussi expressif que celui de Régine et Adrianne Palicki semble être restée bloquée en mode larmoyant. Lucas Black, qui joue une lavette amoureuse de Charlie, remporte sans conteste la palme de la médiocrité avec son charisme d’huître.

On espérait que Légion essayerait de combler ses faiblesses en cherchant tout de même à nous divertir. Mais il a fallu que Scott Stewart joue à celui qui a la plus grosse, à grand renforts d’effets spéciaux grandiloquents, utilisant la corde usée du film apocalyptique et massacrant le reste à coup de bons sentiments et de moralisme religieux. C’est gras, lourd, parfaitement indigeste. Assurément le pire navet de l’année 2010.

affiche-legion

En salles le 24 mars 2010

Crédits photos : © Bold Films (ironique non?)

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