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SAW IV : l'épisode de trop

Par Rob Gordon

La saga Saw, c'est un peu comme le Beaujolais nouveau : ça revient tous les ans aux alentours du mois de novembre, et on a beau savoir que c'est parfaitement dégueulasse, on y porte quand même les lèvres. Pour constater que c'est encore pire que l'année précédente. Que je mange mon chapeau si Saw V parvient à être plus mauvais que ce quatrième opus parfaitement nul.

Soyons clairs : les deux précédents épisodes (mettons de côté le premier, pas ultime mais assez ludique à condition de ne pas le considérer comme le premier d'une looooongue série) étaient nuls, mais foncièrement amusants. On se disait "naaaaan? mais où vont-ils chercher tout ça?", le "ça" désignant à la fois cette mise en scène toujours plus chiatique, ces acteurs toujours plus médiocres et ces scènes prétendument choc qui feraient peut-être rougir ma grand-mère mais sûrement pas Nacho Cerda ou Ruggero Deodato. Là, rien de tout ça. Juste un insondable ennui dû au fait que les nouveaux auteurs ont souhaité remettre un peu de (ouvrez les guillemets avec d'énormes pincettes) crédibilité et d'humanité dans les aventures sans doute jugées trop mécaniques d'un Jigsaw sans faille. Ainsi donc, après douze mille flash-backs (et flash-backs dans le flash-backs, et flash-forwards dans le... etc.), on aura appris que le vilain tueur est en fait un homme blessé, et on se sera tapé des caisses d'états d'âme et de réflexions bas de plafond. Le voyeur qui sommeille en nous se réveille alors et demande sa part d'exactions débiles, de sang qui gicle, d'yeux qui éclatent... Et Darren Lynn Bousman (quel joli nom), après une scène d'ouverture inutile mais pleine de viscères, de lui offrir de mini-doses même pas rigolotes, et qui ne satisferont même pas l'amateur très premier degré d'horreur qui tache. Non, décidément, ce Saw IV est une coquille encore plus vide que les précédentes, qui n'éveille aucun plaisir coupable ni envie de rire aux éclats. Même l'envie d'aller voir le prochain rien que pour se marrer, comme on va goûter au Beaujolais rien que pour être bourré et avoir les gencives toutes noires, a totalement disparu. Si c'est pas le signe d'un gros ratage... 

1/10


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