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Sukkwan island; David Vann

Par Sylvielectures
Sukkwan island; David VannSukkwan island; David VannCe livre voyage, et c'est Ys qui l'a mis sur la route.
Il fait une pause chez moi avant de repartir pour je ne sais pas encore quelle destination...
Il a déjà fait beaucoup parler de lui et il a fait trois fois le tour de la blogosphère des lecteurs...
Pour un premier roman paru à la "rentrée de l'hiver 2010", c'est plutôt remarquable.
J'ai eu très envie de lire ce roman parce qu'il mettait en scène les retrouvailles d'un père et de son fils de 13 ans dans un huis clos étrange, sur une île, en Alaska...
J'imaginais la forte présence de la nature, (ce titre est paru dans la collection "Nature writing"), et bien sûr, j'attendais le dérapage annoncé avec une certaine curiosité...
On est prévenu, mais quand même, la fameuse page 113 vous donne un sacré coup !
Le lecteur s'attend au drame qui couve petit à petit sur cette île qui pourrait être un rêve,
"L’espace d’un instant, Roy eut la sensation de débarquer sur une terre féerique, un endroit irréel"
et dans cette cabane qui produit chez l'enfant des réminiscences de "La petite maison dans la prairie" :
"Ils s’installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A. Elle était blottie dans un fjord, une minuscule baie du Sud-Est de l’Alaska au large du détroit de Tlevak, au nord-ouest du parc naturel de South Prince of Wales et à environ quatre-vingt kilomètres de Ketchikan. Le seul accès se faisait par la mer, en hydravion ou en bateau. Il n’y avait aucun voisin. Une montagne de six cents mètres se dressait juste derrière eux en un immense tertre relié par des cols de basse altitude à d’autres sommets jusqu’à l’embouchure de la baie et au-delà. L’île où ils s’installaient, Sukkwan Island, s’étirait sur plusieurs kilomètres d’épaisse forêt vierge, sans route ni sentier, où fougères, sapins, épicéas, cèdres, champignons, fleurs des champs, mousse et bois pourrissant abritaient quantité d’ours, d’élans, de cerfs, de mouflons de Dall, de chèvres de montagne et de gloutons."
Le rêve fomenté par le père immature est tout près de prendre réalité...
Ce dernier a tout quitté pour venir vivre un an seul avec son fils, tels des robinsons au beau milieu de la nature sauvage...
Le lecteur et l'enfant, qui est le narrateur de la première partie, comprennent très vite le fallacieux mensonge : cet homme a été abandonné en guise de tout plaquer, il fuit ses échecs plutôt qu'il ne choisit son destin en vendant tout, et il compte se servir de son fils comme d'une bouée l'aidant à ne pas sombrer dans une dépression qui l'englouti plutôt que de tenter de renouer avec lui après de trop longues absences...
L'enfant se sent pris au piège de la folie de son père, il comprend qu'il est mis en danger physiquement par l'amateurisme de ce dernier qui ne s'est pas vraiment préparé à une telle aventure.
"C'est quoi ton rêve ? Roy réfléchissait et ne trouvait rien à répondre. Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père."
Il veut très vite fuir, cesser cette expérience inutile qui le fait souffrir et qui le dépasse.
La deuxième partie est au delà de la descente aux enfers.
Le narrateur a changé.
C'est dorénavant le père que le lecteur suit dans ses pérégrinations. Hébété et atterré, il s'enfonce progressivement dans la douleur pour finir dans les eaux glacées.
Ce livre surprend par sa force de captation vers l'angoisse et semble vous aspirer dans un abîme dont on ne toucherai pas le fond tellement il va loin dans la noirceur et le morbide.
Je me suis demandée plusieurs fois jusqu'où l'auteur voulait nous amener, les situations s'enchaînant du pire vers le pire dans une spirale que l'on souhaite voir s'arrêter de tournoyer.
C'est donc un roman qui dérange jusqu'à mettre le lecteur mal à l'aise.
Cette impression prend une nouvelle dimension quand nous apprenons le lien étroit qui existe entre cette fiction et la réalité vécue par l'auteur.
Deux articles à lire :
Une interview de l'auteur sur L'express.fr,
et le billet d'Incoldblog qui l'a rencontré deux fois et nous en fait part ici,
son article élogieux .
Le site de l'auteur,
Une revue de presse très complète chez l'éditeur,
"Noir, captivant, écœurant : tout bonnement sidérant.", Faustine Amoré sur Evene,
"Sukkwan Island, d'une noirceur maléfique, porte le trouble à l'incandescence. Magnifique.", Martine Laval, pour Télérama,
Des liens presse, blogs et lecteurs sur bibliosurf,
Stephie est contente de l'avoir découvert,
Tulisquoi a reçu un grand coup à l'estomac,
"L’écriture, abrupte, chirurgicale comme un état des lieux ou une autopsie va droit à l’essentiel", écrit le Livraire,
Papillon en a eu le souffle coupé,
Le billet de la lettrine, qui s'attendait à une robinsonade...
Cette lecture a mis Mango très mal à l'aise,
leiloona est déçue, Audrey A aussi,tout comme laila,
C'est un livre profondément original et dérangeant pour cuné,
Yspaddaden qui me l'a prêté (meci:) et l'a apprécié,
pimprenelle a un avis plutôt mitigé sur la première partie mais a été soufflée par la seconde,
Pour Plaisirs à cultiver “Sukkwan Island” est beaucoup plus qu'un roman à suspense, c'est avant tout une incroyable catharsis."
J'aime bien le billet original de Franswa P. ,
Bladelor est restée indifférente,
Uncoindeblog a été profondément dérangée.
Ce livre fait partie de la liste du Challenge du premier roman, keisha, L'or des chambres et Saphoo l'ont lu dans ce cadre,Sukkwan island; David Vann je prends la suite;)

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