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Dead fish tells no tale: interview Eddie Kramer

Publié le 23 mars 2010 par Cloudsleeper

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On a beau avoir tout entendu de lui et pourtant quand il y a du nouveau, il parvient encore à nous bluffer. Il n'y en a pas beaucoup comme cela. Ici il s'agit de Jimi Hendrix dont un album de titres plus ou moins inédits sort ce mois-ci. Rien de neuf en soi mais qu'est-ce que ça fait du bien! J'ai interviewé Eddie Kramer qui fut son ingénieur du son. Cet article paraitra dans le Rif Raf d'avril.
Pour tout ceux qui veulent s'essayer au mix, j'organise ce samedi 27 au Floréo deux heures de session avec ceux que ça motive: apportez du bon son (en fichier mp3) à faire découvrir et une bonne bande de potes pour arroser le tout et c'est parti. Spread the word & rameutez ceux qui voudrais s'y coller pour le prochaine fois.
Dans l'agenda, ne manquez pas le concert de Manou Gallo le lundi 29 mars à l'AB, d'autant que Dobet Gnahoré sera de la partie également, ça va bouger à fond!
Give it up for the Peas Project qui fête la sortie de son nouvel album le 3 avril au Bota!

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Dead fish tells no tale

Comment il vécut, comment il est mort ? Ça vous a plu, vous en demandez encore ? Près de 40 ans après son décès, la musique Jimi Hendrix arrive encore à susciter un engouement certain. Énième album posthume, ‘Valleys Of Neptune’ fait revivre douze enregistrements studio captés en 67 et en 69, peu avant le grand couac. Si la plupart n’étaient pas vraiment inédits pour les collectionneurs, ils méritent tout à fait leur place dans la discographie officielle du guitariste peut-être le plus inventif et prolifique qu’on ait entendu. Ce sont ces qualités qu’on retrouve sur cet album qui ravira surtout les fans invétérés car, bien entendu, tout avait déjà été écrit de son vivant. Pour en discuter, Eddie Kramer, qui fut, est et sera (pour longtemps) l’ingénieur du son de Hendrix. Écoutons cet autre sorcier du son qui s’est mué avec le temps en gardien des légendes.

Après tout ce qui est sorti comme inédits de Jimi Hendrix, comment se fait-il que ces enregistrements studios sortent seulement maintenant ?

Eddie Kramer : « On avait ces chansons depuis un bon moment ; certaines étaient sorties partiellement sur une compilation au début des années 90’ ou quoi mais on voulait les sortir de façon cohérente et au bon moment. Ces chansons n’auraient pas pu se retrouver sur ‘South Saturn Delta’ par exemple, il fallait un album pour tous ces enregistrements studio. Près de 40 après la mort de Jimi, c’est un bon moment aussi ! »

À quel stade d’avancement étaient ces chansons lorsque vous avez commencé à travailler dessus : démo ou bien prête à l’emploi ?

Eddie Kramer : « Beaucoup de ces titres étaient en cours d’élaboration pour un futur album. Mais la qualité de composition et d’enregistrement était telle qu’il nous est apparu indispensable de les sortir. Dans cet album on trouve aussi deux titres qui sont des versions de travail d’un grand intérêt : ‘Mr Badluck’ va donner plus tard ‘Look Over Yonder’. Pour les fans, c’est l’occasion d’entendre le parcours qu’a fait un titre comme cela. On a aussi des titres qui proposent de nouveaux arrangements tels que Jimi les avaient élaborés sur scène : ‘Fire’ et surtout ‘Stone Free’ n’avaient jamais été entendus de cette façon-là. Le ‘Red House’ qu’il avait l’habitude de jouer sur scène avec un tempo beaucoup plus lent et des solos absolument inouïs est présenté ici dans une version sans doute la plus aboutie qui soit. »

Votre position d’ingénieur et de producteur implique aussi une série de choix artistiques sur des œuvres d’un compositeur mort. Pensez-vous que Hendrix aurait été content avec ces chansons de ‘Valleys Of Neptune’ ?

Eddie Kramer : « Comment savoir ? Mais ce qui est sur c’est que j’avais déjà des idées assez claires sur ce qu’il imaginait à cette période de son parcours artistique. Il faut garder à l’esprit que c’est un artiste qui était en évolution permanente, même jusqu’à la fin de sa vie. »

Parmi toutes les chansons de Hendrix, comment situez-vous ‘Valleys Of Neptune’ ?

Eddie Kramer : « C’est un titre intéressant car elle est typiquement une de ces chansons un peu rêveuse avec une mélodie presque pop en fait ! »

Tout le monde connaît le personnage flamboyant sur scène. Comment ça se passait en studio avec Hendrix ? On imagine qu’il avait beaucoup d’idée à la seconde, ce qui peut parfois être un peu difficile à canaliser ?

Eddie Kramer : « En studio, Jimi avait une attitude très différente que quand vous le voyiez sur scène. Il avait des idées assez précises sur ce qu’il voulait faire et dire et sur la direction qu’il voulait prendre. Donc c’était un processus beaucoup plus contrôlé que sur scène par exemple où là, c’est une autre vie pour Jimi. Mais le studio, c’était une plaine de jeux pour lui, une école d’expérimentation car il était très impliqué dans toute la production. »

Les guitar-heroes ont souvent un ego surdimensionné et il y avait une sacré concurrence à l’époque ! Est-ce pour tancer Eric Clapton que Hendrix a fait cette reprise de ‘Sunshine Of Your Love’ des Cream ?

Eddie Kramer : « Non pas du tout et s’il y avait eu de la compétition entre tous ces guitaristes des sixties, Hendrix serait au sommet de la liste. Jimi avait cette faculté de pouvoir faire des reprises avec une facilité déconcertante, comme celles qu’il a fait de Bob Dylan. Il arrive à en tirer une quintessence fascinante. En fait il avait vraiment conscience de ce qui se passait en Angleterre à ce moment-là et il adorait Cream. Il a voulu répondre à ce qu’il avait entendu. Quand il entend une structure d’accords qui sonne bien pour lui, il doit se l’approprier avec cette maîtrise et cette spontanéité que vous entendez. On entend qu’il joue ça avec tel fun… c’est communicatif et ça se ressent dans tout cet album. »

Durant votre carrière vous avez travaillé avec un autre Jimmy qui a aussi influencé durablement le rock jusqu’aujourd’hui, Jimmy Page…

Eddie Kramer : « Oui à l’instar de Hendrix, c’est quelqu’un qui avait une vision très précise de là où il voulait arriver avec sa musique. Tous deux ont proposé des albums extrêmement aboutis. Mais comme soliste Page n’est quand même pas parfait et il est le premier à le reconnaître. Et puis ce Jimmy-là… demande à un gosse qui il veut être comme guitariste, il te répondra Hendrix et pas un autre… »

Dans le blues rock actuellement, les duos sont très à la mode, White Stripes, Black Keys…

Eddie Kramer : « J’apprécie White Stripes. Jack White est quand même un phénomène et, s’il n’est pas réellement innovant, il représente une direction significative. Mais je trouve que dans tous ces duos, il me manque la basse ! Un trio est beaucoup plus puissant ! »

Est-ce la dernière fois qu’on nous fait le coup de sortir encore du Jimi Hendrix ? Sa discographie ne sera-t-elle jamais close ?

Eddie Kramer : « Non tu en auras encore pour dix ans ! (rire) On prépare un nouvel album, là ce sera du live ! »

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The Peas Project

Sorte de big band diablement funky et habitué des scènes où ça transpire, les petits pois belges du funk n’ont cessé de grandir depuis leurs débuts en 2003. Du Jazz Marathon aux premières parties de Maceo Parker, on trouve sur leur Myspace une poignée de nouveaux titres qui témoignent d’un parcours en grande ébullition. On y entend de la matière nouvelle et inattendue : certes du funk et encore du funk mais moins organique et avec un son délibérément futuriste. Partant de cette combinaison, on ne sera pas étonné d’entendre un Peas Project plus hip hop que jamais. D’excellent augure pour un nouvel album qui sera présenté le 3 avril au Botanique. Groove it to your body ! (jd)

http://www.myspace.com/thepeasproject

Agenda : 3 avril, The Peas Project, Le Botanique

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Various

‘Tumbélé !’

Soundway Records

Nous avait échappé à la fin de l’année dernière cette galette ensoleillée et plantureuse !Elle nous emmène tout droit dans les Antilles françaises des années 1963 à 1974, à une époque où le zouk n’avait pas encore tout envahit comme le pissenlit. On y entend, presque incrédule, de joyeuses biguines,du calypso, des tambours gwo ka entrant en collision avec des rythmes tumbélés et des sons de carnaval. Les influences haïtiennes, congolaises et puertoricaines sont ajoutées à ce melting-pot au délicieux son de tambouille locale et dans une atmosphère festive de célébration de l’esprit afro caribéen. Souvent dans l’ombre des Antilles anglophones, on prend un plaisir irrésistible à se laisser aller à ces tambours éclatés, ces clarinettes, ces vocals mélancoliques ou exubérants qu’on ne trouvait que sur les ondes et les pistes de danse de Guadeloupe et de Martinique. Une pièce absolument immanquable à rajouter au puzzle caribéen déjà bigarré à souhait ! (jd)

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Bonobo

‘Black Sands’

Ninjatune/PIAS

Dans un univers sonore toujours aussi riche, Bonobo nous livre un quatrième opus electro-jazz qui confirme ses talents de compositeur et de producteur. Sans qu’il soit d’une originalité folle, il faut souligner la direction un peu moins soul jazz qu’auparavant comme en témoigne le ‘Kiara’ d’ouverture qui lorgne plus vers l’electronica encordée. Mais on apprécie encore des titres comme ‘Wonder When’ en guise de joli swing jazz actualisé chanté par Andreya Triana, et ‘Black Sands’ qui clôt l’album du même nom sur une valse cinématique de laquelle s’échappe quelques émotions inattendues. ‘El Toro’ apporte une touche brésilienne sans perdre le bon beat pour autant et ‘All In Forms’ s’ouvre avec une beauté soyeuse, poursuivant avec une belle interaction beat/basse. D’autres titres laissent la part belle à une instrumentation plus électronique encore, sans pour autant flirter avec la lougne douteuse, mais sans éclat particulier non plus. Une assez belle pièce quand même que ce ‘Black Sands’. (jd)


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