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"A Kiss before dying" ("Baiser mortel") : un homme fatal

Par Vierasouto

Pour une fois, ce n’est pas d’une femme fatale qu’il s’agit mais d’un homme fatal. Bud Corliss, étudiant ambitieux prêt à tout pour sortir de sa condition sociale modeste, aurait bien épousé sa richissime petite amie Dorothy si celle-ci ne s’obstinait à ne rien demander à son père. Apprenant que Dorothy est enceinte et qu’elle veut absolument renoncer à son héritage paternel pour l’épouser et vivre d’amour et d’eau fraîche, l’obligeant ainsi à quitter l’université, sa décision est prise : il va l’assassiner. Un crime prémédité : n'ayant pu empêcher Dorothy d'organiser la cérémonie de mariage un vendredi à la mairie, Bud commence par lui donner la veille des pilules empoisonnées, présentées comme des vitamines pour l’enfant à naître. Comme la jeune femme n’a pas marché, il fait mine d'aller se marier avec Dorothy, elle, pomponnée en tailleur beige de mariée, lui, menteur, feignant d'ignorer les horaires de fermeture de la mairie... Pour tromper l'attente, Bud emmène alors sa fiancée sur le toit de l’immeuble de la mairie pour contempler le paysage et la pousse tout en l’embrassant d’un baiser mortel, la précipitant dans le vide. Dorothy morte, Bud disparaît de la circulation. 


La police conclut à un suicide et on retrouve ensuite Bud Corliss fiancé à la sœur de Dorothy, Ellen qui, elle, l’a présenté à son père milliadaire comme un gendre idéal… Mais l’adjoint de l’inspecteur, qui a aidé son oncle policier à mener l’enquête, s’intéresse aussi à Ellen et fait du zèle, on rouvre alors le dossier de la mort de Dorothy…
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Le portrait de Dorothy est assez caricatural, la jeune femme, amoureuse et bornée, reste sourde à la douleur de Bud d'être obligé d’abandonner ses études et ses ambitions pour prendre un emploi minable et nourrir une famille si elle le force à l’épouser. Elle ne mesure en rien le désir forcené de Bud de sortir de son milieu d’origine pauvre qu’il déteste, vivant en tête à tête avec une mère qui l’exaspère. Les pleurs et la crédulité de Dorothy, son romantisme de petite fille riche innocente des préoccupations matérielles, en font une victime idéale. Sa sœur Ellen s’en sort mieux, elle pense !

Robert Wagner, séducteur années 50/60 (qui fut deux fois le mari  de Natalie Wood), tient le rôle de Bud, psychopathe compensé qui va révéler sa folie petit à petit, étant contraint de multiplier les meurtres. Bon et bel acteur, Robert Wagner n’est pourtant ni Anthony Perkins ni Marlon Brando, il ne sera jamais génial, mais, comme il donne la réplique à deux actrices bien fades dans le film, Joan Woodward (épouse de Paul Newman à la ville, Dorothy dans le film) et Virginia Leith (Ellen), ça passe... Car tout est moyen dans ce film pas désagréable à regarder, un thriller tiède avec une bonne intrigue mais traitée de manière sage, presque lisse, un film sans rythme et sans relief ayant l’intelligence de ne durer qu’1h30.
A voir pour se détendre, pas revoir…


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