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Christelle corrigée (de Romain Scolombe)

Publié le 30 mars 2010 par Ceciledequoide9
Christelle corrigée (de Romain Scolombe)Bonjour François
Bonjour les zotres
Lors du salon du livres 2009, les éditions du Serpent à Plumes avaient offert des livres aux membres du DLE que j'avais organisé pour l'occasion. Il y avait de bons livres, de très bons livres même mais l'un d'eux s'est avéré franchement affligeant.

Ce qui suit n'est pas de moi mais de François Martini. D'ici quelques heures, mon avis personnel (moins indulgeant) sera en ligne.

Ce petit roman satirique en forme de fable narre les tentatives timides d'une fausse ingénue, écrivaillonne velléitaire en mal de publication. Au moment du récit, elle a les deux bras dans le plâtre et trompe l'ennui sur un forums de l'internet. Un éditeur, fétichiste, la drague et l'intrigue se noue. L'ingénue avoue écrire «depuis toujours. » et l'éditeur trouve tout naturel de vouloir la publier. Miracle. Commence alors une correspondance doublement intéressée entre les deux protagonistes. Le suspens augmente au fur et à mesure que la possibilité d'une rencontre se précise.
Le roman est composé alternativement d'échanges de mails et d'extraits d'un roman que l'éditeur écrit au fur et à mesure que se développe la relation épistolière, puis amoureuse, alchimie savante de désir et d'impatience, la jeune plâtrée étant par ailleurs engagée. Une autre jeune fille, également plâtrée, vient se mêler de l'affaire. Autour d'eux gravitent virtuellement d'autres plâtrés. Comme dans une pièce de Marivaux, les relations se nouent, les amoureux se fâchent, se réconcilient et clopinent vers la consommation de l'acte. L'auteur laisse flotter un léger flou, sans gravité, car on devine que tout cela va se terminer bien : le ton est celui de la comédie. Elle s'exprime en langage basique d'adolescent, l'éditeur écrit volontiers précieux, chacun tient bien son rôle, l'ambiguïté n'est pas de mise. La scène annoncée par le titre du roman, la correction, récompense le lecteur patient.
Romain Slocombe écrit journalistique, précis, sans effets appuyés, il raconte.
C'est bien fade. Les péripéties manquent singulièrement d'intérêt. Le roman, quoique fort court, semble long. On peine à croire au fétichisme des plâtres, l'auteur ne semble pas avoir le tempérament voulu car jamais on ne ressent l'excitation qui est censée être celle de l'éditeur. C'est une eau tiède qui coule doucement, sans ennui et sans intérêt. Le vocabulaire est rudimentaire, ce qui peut assez bien passer pour la retranscription de mails, mais devient franchement ennuyeux dans les extraits du roman en cours d'écriture. Il y aurait eu une belle occasion d'écrire un méta-roman, l'éditeur pervers inventant aussi ses personnages, mais non. Dommage. C'est raté.
La scène de punition, fantasme sado-masochiste avorté, est très pauvre, avec une citation fort mal venue des Cent-vingt journées de Sodome. L'érotisme se situe au niveau de la série "Brigade mondaine", le sadisme en moins et, je dirais, sans pornographie. Dommage, encore. La donzelle s'en tire avec les fesses rougies au martinet et le chemisier déchiré, quelle émotion ! Elle rentre chez elle par le premier train. Plus tard, devenue auteur à succès, elle méprisera son amant d'un soir. C'est moral. On est content pour elle. Tout ceci semble assez bâclé.
Infos sur le livre sur le site de l'éditeur ici

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