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États-Unis : les récidivistes de Guantanamo

Publié le 06 avril 2010 par Roman Bernard
1. Guantanamo (heureusement) toujours en activité

Barack Hussein Obama, on le sait, s’était engagé à fermer le centre de détention de Guantanamo en janvier 2010 au plus tard. En ce début du mois d'avril, ledit centre de détention est toujours en activité. De fait, le président américain, confronté à la réalité du terrorisme récidiviste et sous la pression des républicains, a été obligé, dans ce dossier comme dans d’autres, de faire marche arrière. Les opposants à la fermeture du centre de Guantanamo font, à juste titre, valoir que, relâcher les détenus, reviendrait à renvoyer des terroristes au combat. Mitch McConnell, le chef de la minorité républicaine au Sénat, a ainsi déclaré que « Guantanamo est le meilleur endroit pour garder les terroristes, et notamment ceux qui, dans un pays tiers, ne pourraient pas être détenus dans les mêmes conditions de sécurité. » L’on ne peut que saluer la sagesse de cette déclaration.

2. Récidivisme croissant chez les libérés de Guantanamo

Ainsi apparaît-il que près de 20 % des anciens détenus de Guantanamo auraient repris leurs activités terroristes au lendemain de leur libération. La tendance serait même clairement à la hausse, puisqu’au début de l’année 2009, cette proportion n’était vraisemblablement que de 11 % et qu’en avril de la même année, elle aurait été de 14 %. À cette époque, l’on considérait ainsi que sur les 530 prisonniers libérés, l’on connaissait 27 cas avérés de récidive, alors que 47 autres ex-détenus étaient soupçonnés d’avoir repris leurs activités terroristes. Parmi ces 74 individus, 29 sont formellement identifiés par leur nom dans un rapport classé du Pentagone dont le New York Times s’est procuré une copie. Ils sont originaires d’Afghanistan, de Russie, d’Arabie saoudite, du Koweït, du Maroc, du Pakistan, de Turquie et du Bahreïn. Les organisations et groupes de pression humanitaristes, qui exigent la fermeture de Guantanamo, prétendent, quant à eux, qu’il est impossible de vérifier ces estimations de manière indépendante et réfutent le terme de « récidive », arguant qu’aucun procès n’est venu le prouver. Ils sous-entendent aussi que « tous » les détenus et ex-détenus de Guantanamo n’étaient pas forcément des terroristes avant leur incarcération. Mais à cela nous pouvons rétorquer que cela non plus n’a guère été prouvé par un procès.

3. Des cas avérés de récidive

En outre, parmi les cas avérés, figure un chef de la branche yéménite d’Al-Qaïda, qui est suspecté d’être impliqué dans l’attentat contre l’ambassade américaine à Sanaa, en 2008, ou encore un individu, auteur d’un attentat dans la ville de Mossoul, en avril 2008. Citons aussi le cas de ces deux Saoudiens relâchés de Guantanamo en 2006 et en 2007 (sous l’administration Bush, certes, mais sous la pression de l’angélisme humanitariste, CQFD…), qui auraient joué un rôle primordial dans les activités d’Al-Qaïda au Yémen. Il est peu probable, en effet, que ces personnages n’aient découvert le terrorisme qu’à leur arrivée à Guantanamo, quoique prétendent les ergoteurs de l’humanitaire. Ajoutons que, quelques jours avant la tentative d’attentat sur le vol Amsterdam-Détroit (25 décembre 2009), perpétrée par le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, Barack Hussein Obama avait renvoyé au Yémen 6 détenus de Guantanamo. Or, il se trouve qu’Abdulmutallab aurait reconnu avoir reçu ses instructions de la branche yéménite d’Al-Qaïda. Acculé, Obama a donc annoncé qu’il ne relâcherait plus de prisonniers yéménites, ceux-ci constituant environ la moitié des 192 prisonniers encore détenus à Guantanamo. Une réponse partielle, prise dans la précipitation, voire sous l’emprise de la panique, qui ne constitue en aucun cas une réponse appropriée à la question fondamentale du terrorisme djihadiste.

Éric Timmermans


Sources :


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