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Soul Kitchen

Publié le 12 avril 2010 par Mg

Fatih Akin est toujours un jeune réalisateur, et pas des moins doués de la nouvelle génération allemande, alimentant son cinéma des influences de l’immigration turque des années 60. Et loin d’en faire un discours, il utilise justement cette mixité pour livrer un dernier film venant tout droit d’Hambourg qui se détache des conventions et ne se destine qu’à une chose : la comédie.

Zinos possède un restaurant bien à lui dans un quartier populaire d’Hambourg. Mais tout n’est pas rose ; sa copine part s’installer à Shangaï, et les convoitises s’aiguisent pour s’approprier son établissement, ou plutôt le terrain sur lequel il se trouve. Entre une serveuse artiste peintre, un frère en semi-liberté et un nouveau chef gastronomique aux couteaux bien aiguisés, le fisc, les rapaces de l’immobilier et sans compter son hernie discale récente, le voilà coincé de tous les côtés, sans trop savoir quoi faire. Et c’est bien ça, Soul Kitchen. On pourrait croire à une comédie sociale parlant des difficultés de l’entreprise, blablabla… Et bien non, Akin fait plutôt dans le vaudeville où deux guignols (Zinos et son frère) cherchent des solutions et trouvent de nouveaux problèmes. Imbriquant une douzaine de personnages dans son histoire, il arrive à tout relier pour évidemment finir en une apothéose finale assez réjouissante. Soul Kitchen, c’est avant tout de la bonne humeur.

Et loin de baisser les bras, Zinos a au moins la force de persister dans ces engagements. L’histoire suit ainsi ses péripéties à la manière d’une chronique urbaine moderne. On pourrait découper le film en plusieurs épisodes, on peut aussi imaginer plusieurs suites à ce Soul Kitchen, tant chaque personnage existe de son côté, et est évidemment capable du meilleur comme du pire. Fatih Akin, dans le cadre d’une ville magnifique et cosmopolite comme Hambourg, serait donc capable de nous livrer une vraie comédie à l’instar d’un certain homologue américain qu’on appellera Woody Allen. Et comme toute bonne chronique, ce Soul Kitchen se laisse regarder sans déplaisir, mais ne marquera pas forcément les esprits. Emprunt de musique (forcément, avec un nom comme ça), Soul Kitchen délivre sa dose de positivisme dans ce grand moment de crise. Un bon point donc.


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