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[Critique DVD] The limits of control

Par Gicquel

« The limits of control » de Jim Jarmusch ( TF 1 Video )

Sortie  cinéma , 2 décembre 2009
En dvd  le : 21 avril 2010

C’est l’un de mes réalisateurs fétiches, et je ne me prive pas de le rappeler. Mais cette fois , ou la limite a été poussée à l’extrême, où Jim Jarmusch a perdu le contrôle.« The limits of control » est un exercice de style fort appuyé , sans la grâce de «  Dead man » ( dans ce blog ) qui pourtant mérite aussi son pesant de cacahouètes.

[Critique DVD] The limits of control

On y suit les déambulations d’un tueur dans l’Espagne contemporaine. Pour atteindre sa cible il rencontre des correspondants aussi étranges qu’anonymes qui après le mot de passe fatal, débitent ce qu’ils ont sur le cœur.Leur sujet de prédilection tourne le plus souvent autour de l’art, et donc du cinéma .

Ce que filmait autrefois très bien Jim Jarmusch sur le septième art dans le genre “Coffee and Cigarettes” , il le raconte ici dans des dialogues aussi pompeux que ceux du making of. C’est sa vision du monde, livrée façon Karl Lagerfeld ,  l’air de ne pas y toucher , tout en se prenant très au sérieux.Ca fait flop chaque fois, et même ses références à Orson Welles dans le film, comme dans les suppléments font contre-plaqué. C’est creux, étonnamment creux.

Bien avant que n’arrive Tilda Swinton en cow-boy blonde platinée, je me disais que Jarmusch flirtait ici avec le cinéma ésotérique de David Lynch, ses ambiances nocturnes et sa folie de l’irrationnel. Mais une fois la belle à l’écran, le doute est levé. Il y a  bien un peu de ça dans le jeu du réalisateur . L’inspiration en moins.

[Critique DVD] The limits of control

Il est beaucoup plus  intéressant de le suivre sur le tournage , d’observer une façon de travailler là encore très peu commune avec ce que l’on peut savoir des autres réalisateurs.Sa complicité, faussement distante  avec son directeur de la photo  Christopher Doyle , est assez étonnante à voir . A noter que ce Mr Doyle  réussit à illuminer des plans, à fixer des cadres de merveilleuse façons .

Il y a aussi un moment complètement surprenant quand toute l’équipe artistique attendent que les techniciens aient terminé leurs réglages. Jim Jarmusch joue à la star impatiente , (et là il est drôle ) puis se promène sur le plateau sans un regard pour un monsieur , un peu à l’écart, imperturbable dans son fauteuil . C’est John Hurt , en personne, quand même, l’un des mystérieux correspondants du tueur patenté. Il est joué par Isaach de Bankolé surprenant dans sa dégaine de solitaire affamé.

[Critique DVD] The limits of control

Gaël Garcia Bernal

[Critique DVD] The limits of control

John Hurt

[Critique DVD] The limits of control

Isaac de Bankolé

Le comédien répond de façon appuyée à mon avis à la demande du cinéaste, tout en énigmes et suggestions, traînant sans trop comprendre ce que l’on attend de lui. Il est un personnage sur un même tableau composé différemment au fil du récit, l’objet d’un désir esthétique lié à une musique toujours aussi hypnotique .

C’est ce qui fait le charme du film à ses débuts, c’est ce qui le casse très rapidement .


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