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Poezibao a reçu, n°123, dimanche 18 avril 2010

Par Florence Trocmé

Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs. 
    
     
Ossip Mandelstam, Nouveaux poèmes, 1930-1934, Allia 
Christian Prigent, Météo des plages, P.O.L. 
Jean-Luc Parant, le Je des yeux, Atelier la Feugraie 
Ludovic Degroote, Le Début des pieds, Atelier la Feugraie 
Anne Portugal, La Formule Flirt, P.O.L. 
Bartolo Cattafi, L’Alouette d’Octobre, Atelier la Feugraie 
J’ai vu la mer, anthologie de poésie turque contemporaine, Bleu autour 
Nicole Brossard, Journal intime suivi de Œuvre de chair et métonymies, Les herbes rouges 
Michel Surya, L’Impasse, Al Dante 
          et les revues 
Rehauts, n° 25 
Ligne 13, n° 1  
Contre-Attaques, n° 1
 
Notices détaillées de chacun de ces livres en cliquant sur « lire la suite de…. »

 
 

Ossip Mandelstam 
Nouveaux poèmes, 1930-1934 
Traduit du russe et présenté par Christiane Pighetti 
Allia, 2010  
6,10 € 
 
À tes frêles épaules sous les coups de rougir 
sous les coups de rougir, sous le gel de brûler 
 
À tes mains enfantines de soulever les fers 
de soulever les fers et tresser les cordages. 
 
À tes tendres pieds nus d’aller nus sur le verre 
d’aller nus sur le verre et le sable sanglant. 
 
Mais à moi en ton nom, cierge noir, de brûler, 
cierge noir, de brûler, et ne pouvoir prier 
                                               février 1934 
 
 
Christian Prigent 
Météo des plages 
P.O.L., 2010 
13 € - sur le site de l’éditeur, avec premières pages 
en librairie le 23 avril 
 
Christian Prigent sous-titre son livre « Roman en vers », et de fait il s'agit à la fois d'un roman, d'un roman autobiographique dans la veine des derniers livres de l'auteur (Demain je meurs, Grand-mère Quéquette), et d'un livre de poésie.
Soit une journée à la plage, du « petit lever » au « nocturne » final, en passant par « pique-nique » et « petit quatre-heures ». Des personnages passent (parentèle, filles convoitées, déités en stage dans des marines rococo). Des événements ont lieu (idylles, marées noires, footing, noyades). On dialogue sur quelques points de morale et d'esthétique. C'est donc du roman (quoique tué dans l'œuf). Mais en vers. Ces vers sont métrés (mais impairs, non mélodiques), rimés (même si souvent par acrobaties bouffonnes) et distribués en quelques centaines de quatrains.) (site de l’éditeur) 
 
 
Jean-Luc Parant 
Le Je des yeux 
Atelier la Feugraie, 2010  
13 € 
 
« C’est parce que les yeux sont des ouvertures infiniment profondes que deux petites fentes dans le corps ont suffi pour voir le monde et pouvoir le saisir tout entier. La matière des yeux, sa brillance et ses couleurs, n’est due qu’à son immense capacité à tout saisir. Les yeux sont les trous les plus clairs parce qu’ils ont aspiré toute la lumière. Rien ne pourra jamais les remplir, les combler et les faire déborder. Jamais les yeux n’auront tout vu, jamais ils n’auront vu assez, tout ce qu’ils voient reste si insaisissable que rien ne peut s’additionner sans se soustraire. La vue laisse tout intact. » (p. 50) 
 
 
Ludovic Degroote
Le Début des pieds 
Atelier la Feugraie, 2010  
14 € 
 
« j’ai envie d’une bière 
 
voilà de la poésie prise au vif 
 
58% des français se plaignent de la poésie contemporaine, leurs attentes ne sont pas satisfaites, ils pensaient que ce serait autre chose, ils ont déjà tant de mal, c’est inutile d’en rajouter, ils croient qu’on le fait exprès.  
 
ils ont les pieds fidèles 
 
eux aussi iront à leurs lésions 
 
nous masquons si bien le vivant » 
(p. 26)  
 
 
Anne Portugal 
La Formule flirt 
P.O.L., 2010 – sur le site de l’éditeur, avec premières pages 
13 € 
en librairie le 23 avril 2010 
 
Ce nouveau recueil d'Anne Portugal évoque le tremblé des choses, il est construit à partir de textes qui vont deux par deux, se font face à face. Différents ils portent le même titre et se croisent en se frôlant, un peu à la manière de Jane et de Tarzan qui chacun sur sa liane  va de son côté mais ils s'approchent de si près cependant, s'effleurent, cela s'appelle le flirt. On pourrait dire qu'il s'agit de ne jamais conclure, de ne jamais figer, de ne jamais entrer dans la chronologie dramatique : rien ne commence, rien ne peut s'arrêter. Tout est en suspens, fugitif, évanescent : on peut appeler ça la poésie, une certaine formule flirt de la poésie, cela pourrait être l'amour. 
 
 
Bartolo Cattafi 
L’Alouette d’octobre 
Traduit de l’italien par Philippe di Meo 
Atelier la Feugraie, 2010  
16 €  
 
POINTS DE VUE 
 
« Mes points de vue je les prends 
je les place à différentes hauteurs 
et en cercle chaque point 
opposé à un autre 
qui se retrouve au beau milieu tombe 
est mis en pièces se liquéfie 
maintenant que je suis dans le plural dans le juste 
l’arène est sombre et vide 
ni vu ni connu 
l’œil sait-on quels autres 
mauvais tours en vain il savoure par avance 
(c’était le partial c’était seulement celui 
qui donnait aux branches leurs feuilles 
aux ailes leurs plumes)
 » (p. 125) 
 
 
Anthologie J’ai vu la mer 
Anthologie turque de poésie contemporaine 
Choix, présentation et traduction de Michèle Aquien, Pierre Chuvin et Guzin Dino, avec Enis Batur et Elif Deniz, Dessins Abidin Dino 
Bleu autour, 2010  
20 € 
en librairie le 26 avril 2010 
 
De la poésie turque, le lecteur occidental connaît l’ancienne poésie du Divan et, pour l’époque contemporaine, le grand Nâzım Hikmet. Après un premier élan avant-gardiste sous influence française, fin XIXe, début XXe, c’est lui qui introduisit le vers libre, avec bientôt Orhan Veli, l’un des artisans dans les années 40 du « Premier Nouveau ».
L’homme de la rue entrait en poésie, désormais affranchie des anciens codes. Dix ans plus tard, s’écartant de ce réalisme nu, les poètes du « Second Nouveau » firent davantage place au « moi », à l’imaginaire. En un siècle de fortes turbulences historiques, ces deux fractures ainsi que les traditions ottomanes et anatoliennes modelèrent une poésie foisonnante, multiforme, populaire. Plus que sous bien d’autres cieux, elle dit le pays et l’époque d’où elle sourd, elle est sur les lèvres, elle est vivante.
Près de cinquante dessins de Abidin Dino (1913-1993) – connu en France sous le nom d’artiste de « Abidine » – prennent place dans la présente anthologie. Ils offrent un chemin de lecture parallèle, en résonance avec les poèmes : le peintre et dessinateur Abidin Dino fut le contemporain et l’ami très proche de nombreux poètes, en particulier Nâzım Hikmet et Orhan Veli.  
Liste complète des auteurs : 
Ahmet Hâşim ; Yahya Kemal Beyatlı ; Nâzım Hikmet ; Ercüment Behzat Lav ; İlhami Bekir ; Asaf Hâlet Çelebi ;Ahmet Muhip Dıranas ; Cahit Sıtkı Tarancı ; Fazıl Hüsnü Dağlarca ; Orhan Veli Kanık ; Oktay Rifat ; Melih Cevdet Anday ; İlhan Berk ; Behçet Necatigil ; Cahit Külebi ; Salâh Birsel ;Sabahattin Kudret Aksal ; Necati Cumalı ;
Ahmed Arif ; Attilâ İlhan ; Metin Altıok ; Can Yücel ; Turgut Uyar ; Hasan Hüseyin Korkmazgil ; Metin Eloğlu ; Edip Cansever ; Ece Ayhan ; Sezai Karakoç ; Gülten Akın ; Hilmi Yavuz ; Ataol Behramoğlu ; Refik Durbaş ; İsmet Özel ; Nihat Behram ; Mehmet Taner ; Hulki Aktunç ; İzzet Yasar ; Enis Batur ; Tarık Günersel ; Şavkar Altınel ; Salih Ecer ; Lale Müldür ; Ahmet Güntan ; Haydar Ergülen ;Mehmet Yaşın ; Sami Baydar ; Birhan Keskin ; Küçük İskender ; Bejan Matur ; Bünyamin K. ; Azad Ziya Eren ; Gültekin Emre. 
 
Nicole Brossard 
Journal intime, suivi de Œuvre de chair et Métonymies 
Les herbes rouges, 2008 (nouvelle édition, format poche)  
 
« Certes le livre demeure un anti-journal intime et Nicole Brossard est aussi éloignée qu’on peut l’être d’une Anaïs Nin. Mais elle tire pourtant de ce genre un autre espace d’écriture, qui est avant tout celui d’une rencontre avec la beauté simple, follement aimée » (Pierre Nepveu, dos du livre) 
 
 
Michel Surya 
L’impasse 
Al dante, 2010  
8 € 
 
« Au risque de l’incongruité, mais c’est ici la victime qui choisit son supplice, L’impasse comme le tortionnaire conduit son lecteur vers la dernière extrémité. Le lecteur, il est vrai, sait qu’il n’en mourra pas. À défaut d’en mourir, il sentira qu’achève de se décomposer en lui le vieil idéalisme amoureux qui servait d’alibi à la sexualité. Tant pis pour lui s’il ressent cette décomposition comme une très ambiguë et très dérangeante affaire mystique… » 
(Bernard Noël, extrait de « Défiguration », revue Contre-Attaques#1, Al Dante, mars 2010). 
L'impasse, adresse désespérée à l'être aimé, a toute la force ravageuse des vraies mises à nu. Un livre aussi terrible que généreux. Dans ce nouveau récit, Michel Surya pousse les limites de l’excès jusqu’à l’étouffement, l’angoisse de l’être au monde se fait à chaque ligne toujours plus crue. 
 
 
           et les revues 
 
 
Rehauts, n° 25
(corps écrit)
13 € 
 
Au sommaire, Maurice Benhamou, Julien Bosc, Béatrice Casadesus, Jean-Pierre Chevais, Cédric Demangeot, Gérard Duchêne, Marie Etienne, Luc Grand-Didier, Karl Krolow, Sophie Loizeau, Mathieu Nuss, Stéphanie Oudin, Jacques Sicard, Claude Viallat, Isabelle Zribi.  
 
 
Ligne 13 
n° 1, printemps 2010  
13 € 
 
LIGNE 13 est une revue littéraire dirigée par Francis Cohen et Sébastien Smirou. « Pour savoir ce qu'on fait quand on écrit - avec qui, avec quoi (désirs, techniques, héritages, voisinages, questionnements quotidiens). » Une toute nouvelle revue dont Poezibao recommande de visiter son site
Au sommaire (ici par ordre alphabétique, mais dans un ordre différent au sein de la revue, qui est en fait conçue comme un véritable livre, avec ses chapitres) :
Marie-Louise Chapelle : L’étiquette
Michèle Cohen-Halimi : Les tirets de Nietzsche
Alain Cressan : Du jeu dans la lecture (Hocquard & Stevenson)
Jean Daive : François Martin : Monologue. Autoportrait.
Jean-Michel Fauquet (avec Francis Cohen) : Le grand séparateur
Frédéric Forte : Re-Collecte
Rémi Froger : t-i-t-r-e
Roger Giroux : Lettre à Roger Laporte
Christophe Mescolini : Clinamen (Accidents de lecture)
Laurent Prost : strike / texte rayé / strike
J.H. Prynne : To Pollen (traduction et postface : Abigail Lang)
marie rousset : Conversation avec les plis
Sébastien Smirou : Dans le sillon du plus simple appareil
+ Sylvain Lazarus : Conviction remplace lumière.
L’ensemble est précédé d’une introduction par Francis Cohen et Sébastien Smirou, à lire ici ainsi que les premières pages du numéro. L'ensemble est comme "traversé" par des dessins de François Matton. 
 
 
Contre-Attaques#1 
Perspective 1 
Al Dante / Collectif, 2010 
23 € 
 
Contre-attaques, série de collectifs dirigés par Alain Jugnon, philosophe et dramaturge, s’identifie comme un réseau en continuel mouvement, où s’expérimente et se vit une pensée ouverte, non normée. Chaque publication de Contre-attaques offre au lecteur de suivre les pistes réflexives menées par les actants de ce réseau… 
Avec Michel Surya, s’organisent autour de cette première perspective :
Michel Surya, Franco Berardi, Barbara Cassin, Alain Jugnon,  Bernard Noël, Jacob Rogozinski, Philippe Hauser, Christian Prigent, Marc Nichanian, Jean Paul Dollé, Mehdi Belhaj Kacem, Claude Louis-Combet, Mathieu Bénézet, Alain Rebours, Francis Cohen, Malek Abbou, Yann Goupil, Camille Dumoulié, François Brémondy, Michael Löwy, Véronique Bergen, Catherine Hélie, Philippe Corcuff, Amador Fernandez-Savater, Margarita Padilla, David Christoffel, Julien Blaine, Aïcha Liviana Messina, Alain Brossat, Ronald Klapka, Jacques Broda, Muriel Moutet, Jean-Clet Martin. 
 
 


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