Magazine Culture

Poppy Z. Brite, Le Corps Exquis

Par Grazyel

corps.jpg J'ai pris un peu de retard dans mes articles cette semaine, avoir 20 ans, c'est compliqué ! On fait la fête, et on retrouve des amis, si bien que notre vie de solitaire s'écrase un peu. Est-ce mal ? Nan. (d'ailleurs, merci à Camille d'être venue chez moi de jeudi à dimanche, c'était juste génial !). Bref, aujourd'hui, je voudrais parler de mon dernier livre marquant auquel j'ai eu affaire, il s'agit du Corps Exquis de Poppy Z. Brite, un roman d'une noirceur parfaite, malsain dans n'importe quel mot et puissant jusqu'au bout. C'est un livre dont on ne revient pas sans quelques séquelles. On s'y attache et on ne comprend pas comment, ou pourquoi.

Résumé : Perversion des âmes et poésie du macabre au service d'une des fictions les plus noires jamais publiées sur les serial killers : sans concession, choquante, répulsive. Un roman fascinant et extrémiste. Un livre violent dont aucun lecteur ne sortira indemne.

Le ton est ainsi donné.

Lorsqu'une grande amie à moi m'a conseillé de lire ce roman, je n'ai pas tellement hésité, je l'ai cherché à Reims et je n'ai pas résisté. Il fallait que je le lise, rien que pour ce qu'on m'avait dit dessus, rien que pour savoir pourquoi c'était une expérience unique. Bref, je n'ai pas attendu, oubliant mes lectures en cours. Et je n'ai pas été déçu.

Une semaine plus tard, le roman ne me fait plus le même effet. Beaucoup de choses se sont passées depuis mardi dernier et je n'en garde qu'un sentiment trouble et une sorte de passion encore malsaine pour les personnages du roman. Andrew est, et restera mon favoris. Il est purement mauvais, ou du moins, différent... Parce que oui, il agit de manière immonde, une manière que la morale ne peut pas comprendre et c'est justement en découvrant ses actes à travers ses pensées qu'on arrive à une conclusion dérangeante, indécente. On peut en venir à l'aimer et accepter ce qu'il fait, ce que Jay fait, aussi, même si...

J'ai détourné de nombreuses fois les yeux, ayant la nausée ou me retrouvant face à des images glauques et répugnantes. Mais ce qui unit les personnages entre eux est plus fort qu'une envie de vomir ou un dégoût. C'est un amour fait dans le sang et l'horreur, fait dans tout ce que nous ne pouvons pas comprendre, et pourtant...

Ils sont macabres, violents, de véritables prédateurs, sans super-pouvoirs et honnêtement, les rencontrer serait la pire et dernière chose que l'on ferait sur terre. Me retrouver face à un Andrew me fascinerait, mais cette fascination signerait une souffrance mortelle.

Ce que j'ai surtout apprécié dans ce roman, c'est que Poppy Z. Brite semble avoir pour marque de fabrique la romance homosexuelle entre hommes. Cependant, ce n'est pas lourd, ou dénué de sens, je prends plaisir à connaîtres ces personnages gays, cela ne semble pas invraissemblable même s'ils sont nombreux, disons que la situation du roman veut que la principale cible soit homo. C'est tout à fait compréhensible. Malgré tout, il y a beaucoup de descriptions dans les rapports sexuelles, le romantisme n'est pas tellement présent même si l'auteur parvient à faire passer des mots grossiers avec une certaine délicatesse. C'est vraiment étrange.

Je déconseille fortement aux âmes sensibles de lire Le Corps Exquis, c'est un roman dérangeant, malsain et les amours gays sont très puissants. De plus, les personnages progressent dans un monde où le sida commence à grandir et prendre des vies. Il y a plusieurs réflexions sur cette maladie mais aussi sur les relations méfiantes entre hétéros et homosexuels.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Grazyel 1 partage Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines