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Au-delà des collines

Publié le 27 avril 2010 par Adelap @adelap10
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Quand je vous parlais d'une mise au vert, il s'agissait plutôt d'une totale immersion dans la maison écolo…Maison de 1900, elle faisait partie d'un corps de ferme, scindé en  plusieurs maisons dans les années 50. C'est là que mes arrières-grands-parents maternel se sont réfugiés. L'eau et l'électricité ont fait leur apparition dans les maisons, ce sont les seuls luxes modernes dont on dispose ici aujourd'hui. Toilette sèche, chauffage et eau chauffée au poêle à charbon, il est le cœur de la maison.Quand on arrive ici, quand les beaux jours se font plus nombreux et plus généreux, on pousse la porte d'entrée avec difficulté, on dérange les fourmis et les souris qui avaient trouvé refuge pendant ces longs mois d'hiver. Quand on pénètre dans cette maison, ce sont tous ces souvenirs qui reviennent. Plus de 10 années d'été et de week-end d'adolescence. C'est le seul, je dis bien le seul endroit où l'on partait en vacances avec mes parents. Je ne dis pas que cela a été des vacances merveilleuses tandis que les copines partaient à la mer, mais ce sont les seules que je connaissais. Et puis à l'adolescence, c'était le rendez-vous incontournable et indispensable de l'été. Les gamins des campagnes ne partaient pas en vacances, ils étaient donc tous là, s'ils ne travaillaient pas dans les champs avec les parents. Nous nous retrouvions donc chaque été, une vingtaine, de tous les bourgs alentour. Tous en mobylette, moi avec mon vélo bleu! Nous passions nos journées au baby-foot du café chez Mme Blois, au terrain de tennis ou de foot pour d'interminables parties, et la nuit venue, sous le porche de l'église qui sonnait encore tous les quart d'heure ou dans le cimetière à attendre les feux-follets. Je ne vais pas vous infliger ici la liste des conneries inhérentes à nos jeunes ages, les premières cuites avec le vin remporté à la course à l'œuf, les premières cigarettes, le premier  bal du 14 juillet, les premiers flirts, le premier amour…http://2.bp.blogspot.com/_txuBTB2__fE/S9X77AtOnUI/AAAAAAAANjY/kNp5FESZOq4/s1600/logron-adelap3.jpgEn somme à chaque fois que je pousse cette fameuse porte d'entrée tout ceci revient comme cette douce odeur de renfermé! C'est à présent au tour de mes enfants de profiter de la fragilité et de la simplicité de cette maison. On dit que c'est une maison de famille, je crois! Ils ont déjà leurs repères, leurs jouets, leurs ustensiles de cuisine, leur coin… Sitôt la porte ouverte, ils se précipitent sur leurs butins de l'année précédente. C'est émouvant cette passation de générations en générations…J'aime y venir seule avec les enfants, c'est un moment privilégié où chacun vaque à ses occupations.En véritable maîtresse de maison, je mets en route le compteur d'eau et d'électricité, branche et remplie le frigo presque centenaire!, il ronronne comme une Harley Davidson! Je décharge la voiture, fais le tour du propriétaire, inspecte, ôte les protections sur les lits, toujours avec cette curiosité d'y découvrir des nids de souris! J'ouvre l'armoire grinçante, y sors les draps de lin frais qui sentent la campagne! C'est bien, c'est simple, ça fait du bien![dame1.jpg] Le décorum participe à ce dépaysement. Ma mère a sans aucune difficulté contribué au prolongement de l'âme de cette maison. Mon arrière grand-mère, Marthe, était sorcière, elle parlait aux esprits, faisait tourner les tables, tirait les cartes (d'où mon obsession pour la Dame blanche…) tandis que le grand-père, Henry, se réfugiait dans sa salle de cinéma qu'il avait lui-même élaboré. Une merveille de technologie à l'époque. On a retrouvé par la suite quelques bobines que l'on a pu visionner avant que le projecteur ne prenne feu : Paris, Marthes en tenue légère dans les bois, d'une poésie déconcertante.Je vous écris dans le jardin inondé de soleil, tandis que les grenouilles et les crapauds, bourdons, tourterelles et autres êtres de la campagne se donnent la réplique. L'euphorie passée, les enfants se disputent déjà…http://4.bp.blogspot.com/_txuBTB2__fE/S9X76RWnKxI/AAAAAAAANjQ/VjBddPZGnGY/s1600/logron-adelap.jpg
On y boit des mauresques et du sirop de violette, on y écris avec de l'encre couleur caramel, on y chausse des espadrilles humides, on y passe un coin de jupe aux fonds des gamelles avant d'y faire cuire les carottes histoire de chasser les araignées, on y lit sous la table pendant que maman récure la gamelle qu'elle vient de bruler, on y laisse les portes ouvertes…"On dirait mamie!" me chante les enfants! Après le café et la clope, Chloé s'empresse d'aller chercher mes journaux intimes et se fait un malin plaisir à commenter les photos de moi que j'y avais collé…Le repas terminé, la vaisselle achevée, on improvise une promenade, tantôt le petit-tour, tantôt le grand-tour. On n'oublie jamais d'aller embrasser madame Damas dans son jardin, on y photographie les animaux écrasés la nuit dernière, on y cueille les premières fleurs ou le colza, on y observe avec effarement les maisons construites à deux mètres d'intervalle les unes des autres alors que d'autres semblent abandonnées… A 21h, tout le monde est au lit avec le bouquin commencé il y a plusieurs mois, 1/4 d'heure plus tard, extinction des feux, tout le monde dors! Les coqs commencent à chanter, 7h du matin nous sommes de parfaite humeur, Chloé en pyjama chausse ses bottes de pluie pour aller chercher le pain et les croissants tandis que le café coule tout doucement, la journée peut débuter! Nous sommes dimanche, c'est la fête de la Saint-Georges à 7km du village, au programme, brocante, tour de poney, saucisses-frites à 10h du matin, fanfare locale, il fait beau, les premiers coups de soleil apparaissent…http://2.bp.blogspot.com/_txuBTB2__fE/S9X75eWB1ZI/AAAAAAAANjI/M6n-DJ1unZs/s1600/logron-adelap2.jpg

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