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California Dream : The End ?

Publié le 27 avril 2010 par Edelit @TransacEDHEC

Symbole de l’American Dream, la Californie est l’une des zones les plus prospères de la planète. Majoritairement peuplé d’Amérindiens avant la Ruée vers l’or du 19ème siècle, le Golden State est désormais le reflet par excellence de l’économie américaine : puissant, riche et dynamique. Mais les différentes crises technologiques, immobilières et financières de ce début de 21ème siècle ont révélé un Etat californien fortement endetté. Et si la Californie était aux Etats-Unis ce que la Grèce est à l’Union Européenne ?

Le constat économique de la Californie est inquiétant. Le chômage est passé de 4,5% en 2007 à 15% aujourd’hui, alors que la moyenne aux USA est redescendue sous la barre des 10%. De même, les prix actuels de l’immobilier ne dépassent pas 56% des prix de 2006. Même la si renommée Silicon Valley subit la fuite des investisseurs. Ce pôle de compétitivité high-tech où siègent les cadors du web tels Google, Yahoo ou eBay est en effet principalement financé par le capital-risque devenu si rare ces derniers temps. Le cabinet Dow Jones Ventures Source rapporte que les fonds investis par les capital-risqueurs au premier trimestre 2009 ont été les plus faibles depuis 1998. La situation de l’Etat californien n’est guère plus reluisante : le déficit public pour l’exercice actuel s’élève à 20 milliards $. Il résulte en partie de la réduction des recettes budgétaires, puisque celles-ci proviennent du revenu et sont donc corrélées aux très pâles performances de la bourse ! Si la situation venait à se prolonger, l’Etat pourrait même payer ses fournisseurs par des reconnaissances de dettes, comme ce fut déjà le cas l’été dernier.

La faillite de la Californie contaminerait l’ensemble des USA

Les Etats-Unis ont tout intérêt à surveiller la situation du Golden State car son influence sur l’économie américaine n’est pas des moindres. Economiquement d’abord, l’Etat de Schwarzenegger réalise 13% du PIB des USA et, par l’intermédiaire de la Silicon Valley, est à la pointe de l’innovation high-tech, biotechnologique et écologique. Culturellement ensuite, car la Californie s’est transformée en formidable outil pour véhiculer l’image de l’American Dream à travers le monde : le mythe de la Ruée vers l’Or, Hollywood ou encore les parcs d’attractions Disneyland et Sea World nous évoquent à tous monts et merveilles. Nul doute donc qu’une crise prolongée en Californie risque d’être dévastatrice pour l’économie américaine. Jamie Dimon, directeur de JP Morgan, compare d’ailleurs la situation de la Californie à celle de la Grèce et avertit qu’en cas de faillite de l’Etat de Californie, celle-ci s’étendrait aux autres Etats par un effet domino. Rappelons d’ailleurs que la Californie était déjà un Etat à l’origine de la crise des Subprimes, avec les conséquences que l’on connaît. Il devient donc urgent de trouver des solutions.

Le grand plan de relance d’Obama insuffisant

Pour l’Etat californien, tous les moyens sont bons pour pallier à ses difficultés budgétaires. Les fonctionnaires sont d’ores et déjà priés de rester chez eux 3 jours de plus par mois. Le gouvernement de Schwarzy tente même de grignoter les revenus fiscaux ordinairement destinés au financement des services des villes, mais cette solution n’est pas viable au vu des fortes protestations. La plus grande aide est finalement venue du fameux plan de relance de 787 milliards $ de Barak Obama. Celui-ci a momentanément permis de compenser les déficits budgétaires tout comme de faire face aux dépenses de santé et d’éducation. Mais l’impact direct du plan de relance sur l’économie tarde à se faire sentir. L’économie californienne devra donc compter davantage sur sa compétitivité que sur les aides publiques pour se relancer. La Silicon Valley devrait ainsi bénéficier du retour des investisseurs pour redynamiser l’activité ; ce retour étant toutefois conditionné à une reprise durable de l’activité des pays développés.

David Shuman, dirigeant du centre de recherche universitaire Anderson Forecast de l’UCLA, résume finalement assez bien la situation : « En cas de reprise, la Californie suit l’économie américaine avec un retard d’environ six mois. Si la tendance actuelle se confirme, vers la fin du printemps et le début de l’été on commencera donc à voir s’améliorer l’économie californienne. En revanche, la Californie sera leader dans le scénario d’une rechute en récession ». Espérons qu’au pays d’Hollywood on évite le scénario catastrophe…

E.B


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