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Michel Onfray, l'assassin de Freud.

Par Manus

Michel Onfray, l'assassin de Freud.

Michel Onfray.  L'internaute Magazine/Florence Girardeau

Né le 1er janvier 1959, Michel Onfray, philosophe, fondateur de l'Université populaire de Caen, tient, dès sa préface dans ""Le crépuscule d'une idole"" (l'affabulation freudienne) éd. Grasset, 2010 (19,75 €) à mettre le lecteur dans le bain.

C'est ainsi que nous apprenons qu'il a passé "quatre années dans un orphelinat de prêtres salésiens, dont certains étaient pédophiles, et les livres, déjà, m'avaient sauvé de cet enfer dans lequel on ne sait pas si, le lendemain, on aura descendu une marche de plus vers l'infamie".  Il affirme également que "A quinze ou seize ans, je disposais d'un stock de dynamite considérable pour faire sauter la morale catholique, miner la machinerie capitaliste et volatiliser la morale sexuelle répressive judéo-chrétienne."

Le ton est donné.

Le lecteur continue à avancer dans la préface, se demandant ce qui l'attend encore.  Il n'est pas en reste, car voici que Onfray nous livre de but en blanc "Le petit garçon qui a senti le souffle de la bête chrétienne dans son cou; celui qui a connu la misère d'une famille dans laquelle le père ouvrier agricole et la mère femme de ménage travaillaient dur sans pouvoir assurer autre chose que la survie de la maisonnée; celui qui a dû raconter au confessionnal toute sa vie sexuelle, celle de tout être de cet âge-là, et à qui l'on a fait savoir que la masturbation envoyait directement dans les flammes infernales- ce petit garçon-là, bien sûr découvre Nietzsche, Marx et Freud trois amis..."

Je souris en vous retranscrivant ces lignes.  Il est déjà aisé d'imaginer la suite des pages, et surtout, n'importe quel quidam aura déjà compris le moteur de ce livre de 600 pages : tuer son père.

Je vous passe les autres détails du genre qui sont légions, surtout dans la préface, mais la suite n'est pas triste non plus.  C'est à se demander si l'auteur n'est pas en train de sombrer dans la folie.

Mais je m'avance, je raconte, je vais revenir en arrière, décortiquer un peu, vous déposer sur un plateau quelques zakouskis, histoire que ce soit plus concret.

Alors qu'Onfray avait lui-même suivi Freud de très près - en tant qu'enseignant, il abordait la doctrine freudienne, le complexe d'Oedipe, l'étiologie sexuelle des névroses (pulsions, refoulements, envie de pénis, angoisse de castration) - et songé à suivre une analyse didactique, il finit, aujourd'hui, par brûler ce qu'il avait adoré.

"On nous demandait d'enseigner une matière éminemment combustible auprès d'âmes inflammables.  J'ai un peu touché du doigt, là, le pouvoir dangereux des psychanalistes.  J'ai alors développé une méfiance instinctive et viscérale à l'endroit de leur caste sacerdotale et de leur pouvoir de prêtes..."

C'est dès cet instant que notre philosophe réalise l'ampleur de ce qu'il vient de comprendre.  Il décide de disséquer l'oeuvre entière de Freud, et passe des mois à lire chaque ouvrage, méticuleusement, scrupuleusement.  Il devient au fil de son étude freudienne, encore plus nietzschéen qu'avant.

Depuis, Freud devient abject à ses yeux, notamment parce que celui-ci fut adoré par sa mère, et donc, Freud serait un pervers haïssant forcément son père et aurait abusé psychiquement de ses trois filles.  Elisabeth Roudinesco (Le Monde : Onfray et le fantasme antifreudien) va encore plus loin : "L'appartement de Vienne était, selon lui, un lupanar et Freud un Oedipe ne pensant qu'à coucher réellement avec sa mère puis à occire vraiment son père, afin de fabriquer des enfants incestueux pour mieux les violenter.  Pendant dix ans, il aurait torturé sa fille Anna tout au long d'une analyse qui aurait duré de 1918 à 1929, et au cours de laquelle, chaque jour, il l'aurait incitée à devenir homosexuelle."

Je passe les détails du genre qui en disent long sur le regard qu'Onfray porte désormais Freud.

En clair, la psychanalyse aurait été le rêve le plus élaboré de Sigmund Freud.  Un rêve, une affabulation, que Onfray démantèle morceau par morceau.

Elisabeth Roudinesco (Le Monde) insiste en disant de Michel Onfray que celui-ci tient la psychanalyse en définitive comme "le produit d'une culture décadente fin de siècle".

A vrai dire, en lisant cet ouvrage, non seulement on ressent le malaise par l'excès des idées, par leur extrémisme, mais surtout, la question se pose de savoir où se trouve le débat.  Le lecteur voit des pages défiler, une à une, sans discontinuer, incitant à la haine, à la destruction, le laissant pantois par tant de rage.  

Peut-on évoquer la marque de fabrique d'un véritable duelliste que serait Onfray ?

Ce que l'on retient du livre, finalement, c'est que la psychanalyse, longue et coûteuse, ne guérit pas.

D'où la question qui pourrait entrer (enfin) dans un débat intelligent : qu'est-ce que la guérison ?

(p453) "La psychanalyse que Freud n'aura pas inventée, mais sur laquelle il aura effectué le hold-up idéologique le plus impressionnant du XXème siècle est devenue la science inventée, découverte par Sigmund Freud en personne.  Désormais, parler de psychanalyse, c'est nommer la psychologie littéraire freudienne."

Panthère. 


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LES COMMENTAIRES (3)

Par maximeg
posté le 04 mai à 22:56
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Michel Onfray a dénoncé la circoncision rituelle dans le documentaire "Silence, on coupe": http://ame.enfant.org.free.fr/silence.htm

Par Panthere
posté le 29 avril à 13:56
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Il est surtout ridicule.

Par emmanuel
posté le 27 avril à 23:39
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Onfray qui défend les thèses de la Nouvelle drotie et notamment les conseillers scientifiques d'Alain de Benoist et le GRECE c'est évidemment abject et c'est la honte pour lui...

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