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La Rambla Paralela - Fernando Vallejo - 2004

Par Elora

http://www.ombres-blanches.fr/uploads/electre/photos/9782714440242.jpg  (Belfond, 16,80€, 173 pages)
ISBN : 978-27144-4024-2

Un vieil écrivain colombien est invité à la Foire du livre de Barcelone. Perdu dans ses souvenirs, abruti d'alcool, il erre parmi la foule sur l'avenue des Ramblas. La rambla paralela de sa jeunesse en Colombie lui revient en mémoire, comme son enfance heureuse à la villa Santa Anita de Medellin ou sa rencontre éphémère avec un jeune prostitué... Amer, cynique et désabusé, le vieil écrivain confie au narrateur ses désillusions dans un ferme réquisitoire contre l'autorité et la vanité. 'La rambla paralela' s'inscrit dans un cycle autobiographique dont 'La vierge des tueurs' est le premier volume.
L’auteur, Fernando Vallejo, est d’origine colombienne, mais a été naturalisé mexicain en 2007, suite à la réélection de Alvaro Uribe dans son pays.

Aux vues de son engagement politique tout au long du roman, il n’en est visiblement pas à son coup d’essai quant à exprimer son opinion sur le gouvernement de son pays ainsi que sur l’immigration. D’ailleurs, il mène son récit d’une main de maître passant par un attachement certain à la culture de son pays comme par la perte d’identité de certains au départ vers d’autres pays. L’exemple donné ici, sans faire de spoilers, est celui d’individus partant de la Colombie vers l’Espagne où la majorité des immigrants perdraient l’accent de leur pays. Au contraire, l’identité du vieux se définit quasiment uniquement par l’appartenance et par son attachement à son pays. Fernando Vallejo donne implicitement son assentiment à ce personnage dans lequel  le lecteur pourra y voir un fragment autobiographique.   

Ce roman kaléidoscopique est écrit d’une manière bien particulière où beaucoup de choses se mélange : le vieux, ses souvenirs souvent quelque peu blessés, ses opinions impitoyables  et un « Je » à l’identité indéfinissable. Est-ce un narrateur inconnu ? L’auteur ? Une métalepse où le « vieux » interviendrait directement dans le roman ? A chacun de se forger une opinion.
 

La Rambla Paralela  fait nécessairement penser à Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Márquez de par la narration, l’importance de ses propres origines,  l’importance de sa famille et l’insertion dans la vie courante d’éléments surprenants. A peu de choses près, on pourrait rapprocher cette histoire au courant dont l’auteur de Chronique d’une mort annoncée est le plus connu : le réalisme magique.

 Fernando Vallejo écrit des choses que l’on a l’impression d’avoir déjà  vu mais les mots ont comme une saveur particulière dont la traduction n’a pas fait perdre son charme. 

A découvrir si l’on aime le style de Gabriel Garcia Márquez (qui, lui, est toujours colombien…).

http://escafandro.blogtv.uol.com.br/img/Image/escafandro/2008/Maio/0510A_Fernando%20Vallejo20070510090542.jpg

 Fernando Vallejo est un écrivain d'origine colombienne, né à Medellín en 1942 et naturalisé mexicain en 2007. Il est auteur d'essais (biographies, littérature, physique, biologie) et de romans autofictionnels. Il a été traduit en français, anglais et allemand. Son roman le plus connu est La vierge des tueurs (La virgen de los sicarios), adapté au cinéma par le réalisateur français Barbet Schroeder. Les thématiques principales de ses oeuvres sont la violence, la mémoire, l'histoire de la Colombie et de l'Amérique latine et l'homosexualité. L'ensemble de son oeuvre est génialement provocateur et polémique.
Lecture : Avril 2010


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