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Le modernisme est vivant

Publié le 02 décembre 2007 par François Monti

Je ne suis pas un lecteur régulier du TLS mais Stephen Mitchelmore signalait il y a deux jours la présence dans le numéro de cette semaine d’une retranscription (élaguée) de la conférence sur le modernisme donnée par Gabriel Josipovici à Londres en début d’année. Il nous promettait que l’article valait, à lui seul, l’achat de la revue. Le bougre ne mentait pas, c’est vraiment à lire absolument. Intitulé « Why the Modernists live on » sur la couverture et « Fail again. Fail better. » à l’intérieur, Josipovici y explique en à peine trois pages d’où vient le modernisme, en quoi les réactions à sont égards (conservatrices, marxistes ou postmodernes) sont surtout parvenues à souligner son importance plus que ses défauts et surtout pourquoi le modernisme reste pertinent aujourd’hui, alors que le monde littéraire essaie d’en oublier les leçons. D’une richesse énorme, ce papier est une invitation à la réflexion pour qui s’intéresse à la littérature et au roman. Malgré sa courte longueur, il m’a fallu une bonne heure pour le terminer : je m’arrêtais à chaque paragraphe pour réfléchir à ce que je venais de lire. Vraiment stimulant, mais malheureusement non consultable en ligne.

J’évoquerai rapidement une des choses dites par Josipovici sur la différence entre modernisme et postmodernisme : les modernistes considéraient que la Vérité existait mais qu’elle était inatteignable, alors que les postmodernistes pense qu’il y a des vérités, très nombreuses. C’est, étrangement, ce qui sépare William Gaddis des autres écrivains US avec lequel on le classe régulièrement : contrairement à Coover ou à Pynchon par exemple, il paraît évident à la lecture de Gaddis que la Vérité existe. C’est notamment pourquoi il me semble appartenir à la tradition moderniste bien plus qu’au postmodernisme. Par ailleurs, puisque j’évoque Pynchon, on notera que « V. », son premier roman, est peut-être le cul entre deux chaises : on y voit déjà tout ce qui en fera le grand auteur PoMo mais il reste, d’une certaine manière, dans une quête moderniste. Ce ne sera plus le cas par la suite.


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