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Treme… L’après Katrina à La Nouvelle-Orléans

Publié le 04 mai 2010 par Sfar @ToujoursUnCoup

Treme… L’après Katrina à La Nouvelle-Orléans

Après avoir passé 5 saisons à dépeindre  Baltimore et sa faune dans la série The Wire, David Simon et Eric Overmeyer prennent possession de Treme : quartier défavorisé de la Nouvelle Orléans.   Nous voilà donc plongés dans cette toujours magnifique et atypique Louisiane pour y suivre les tribulations de quelques habitants des quartiers populaires de sa cité la plus emblématique.  La Nouvelle-Orléans est pour beaucoup la capitale du jazz mondialement connue dont la seule évocation nous plonge dans l’exotisme de ses bayous et de ses curiosités culinaires.

Trois mois se sont écoulés depuis le passage de l’ouragan Katrina, la ville tente un difficile retour à la vie « normale ».  Les habitants de la Nouvelle-Orléans partagent tous des situations plus ou moins désespérées suite aux dévastations provoquées par l’ouragan et le gouvernement s’investit timidement (assez lâchement il faut dire) dans l’effort de reconstruction d’un état dont il se préoccupe peu. Treme pointe  du doigt tous les clichés et autres préjugés que ces habitants ne cessent de combattre. Le personnage d’activiste politique joué par John Goodman, acteur fétiche des frères Coen, met en avant toutes les aberrations humaines liées à la catastrophe vécue. Treme est une somme de difficiles combats que chacun mène.

La note d’espoir qui rapproche tous les protagonistes de Treme vient de leur amour de la musique. Omniprésente au fil des épisodes, cette musique fait véritablement partie du casting de choix de la série. Beaucoup des personnages sont artistes ou liés de près au monde de la musique. Beaucoup de scènes se passent sur fond de fanfares ou se situent dans des bars musicaux. D’ailleurs la plupart des personnages se retrouvent autour de l’un des « héros » de la série : le tromboniste de jazz : Antoine BatisteTreme n’est pas une série facile, aussi bien pour les sujets traités que pour le téléspectateur. Il m’a fallu pas moins de quatre démarrages pour y entrer et m’en imprégner convenablement. Treme n’est pas ce genre de séries que l’on peut  suivre du coin de l’œil en parallèle d’une séance de repassage, de corrections scolaires ou de confections culinaires. Treme nécessite une attention particulière et nécessaire pour en apprécier l’intensité et l’importance des sujets traités.   Cet effort de mise en route se révèle payant tant la richesse de la série est formidable : souci de la véracité du détail géographique et historique, qualité musicale et un jeu d’acteurs irréprochable. Pour chipoter sur le fond, on pourrait reprocher à Treme sa prise de position un peu trop compassionnelle. (Lire l’article de Slate : « Treme et les saints de la Nouvelle-Orléans« ).

Voilà donc une série qu’il faut suivre presque par devoir humanitaire ou devoir de mémoire. Voilà une série qui hélas, malgré son soupçon d’optimisme et son désir magnifique de reconstruction, se suit désormais avec un goût amer. Il est impossible de ne pas penser à cette récente marée noire, nouveau « désastre créé par l’homme » qui une fois encore dévaste une partie de cette Louisiane qui, depuis cinq ans, tente sa bien  difficile reconstruction.

En images qui bougent :

Treme page officielle sur HBO


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