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Irréversible

Publié le 04 mai 2010 par Flow

Irréversible. (de Gaspar Noé)

Sujet à polémique.

Lorsque sa femme se fait violer, Marcus voit rouge et se laisse emporter par un engrenage de violence dévastateur et irréversible...

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Ce film est un ovni. Un ovni dans la mise en scène tout d’abord, mais également dans la façon de raconter. Enfin, c’est un ovni car il fait partie de ces films qui ne laissent personne indifférent. Soit on l’aime, soit on le déteste mais il n’y a pas de demi-mesure. C’est pourquoi je vais écrire en adoptant la technique du pour/contre.

 

POUR.

Gaspar Noé s'évertue à retranscrire une violence ordinaire et banale. Parce qu’elle était au mauvais endroit au mauvais moment, la fatalité s’est abattue sur elle. Que peut on y faire? Rien. L’homme est impuissant face au hasard implacable. C’est dans ces moments que les hommes varient. Alors que certains seront inconsolables et perdus, d’autres seront perdus mais chercheront la vengeance. Seulement lorsque l’on choisit cette voie on ne fait pas marche arrière. L’engrenage est tel que l’on va toujours plus loin jusqu’à se perdre dans la violence. La justice est là pour protéger le droit. Se faire justice soi-même n’apporte rien de bon. Le débat n’a pas de fin et le film ne prend pas position. Il montre seulement et de manière clinique comment un homme peut sombrer dans la folie et être happé par ses pulsions animales de manière brusque et irréversible.

La réalisation sert parfaitement le sujet. Raconté à l’envers, on ne comprend que petit à petit comment cet homme a pu basculer. En plein trip hallucinogène, la caméra exprime bien l’état d’esprit de ses personnages. Entre rage, urgence et désespoir.

Au final, le film est sans concession. Difficile d’accès et à la violence insoutenable il en rebutera plus d’un.

 

 

CONTRE

Ce film repousse d’entrée de jeu. La réalisation psychédélique donne la nausée. Elle peut sembler n’être qu’un artifice pour masquer le vide du scénario. Le tout sent la provocation et la violence gratuite. Pourquoi la scène de viol dure elle si longtemps? De même, le fait de raconter le film à l’envers équivaut à se donner un style. Le spectateur qui souhaite qu’on lui raconte une histoire est il forcé de supporter les effets de caméra tape à l'œil?

Quant au scénario, il tient sur un post-it. Un homme venge sa femme, violée. Point. Le débat sur la vengeance, aride à la base, n’évolue pas. Aucune réponse n’est donnée, aucun jugement pour les personnages. Rien. La violence c’est mal et se venger n’apporte que la violence. On le savait déjà. et pourtant les gens continueront à être violent. Donc d’autres, en échange, se vengeront. Pas besoin d’un film pour en être convaincu.

 

Je ne prendrais pas position sur ce film car je pense que les deux visions se tiennent. Le cinéma est une question de perception, au même titre que n’importe quel art. Et ce film en est la preuve. Alors que certains y verront le coup de génie d’un réalisateur virtuose, d’autres y verront la tentative ratée d’un réalisateur inutilement provocateur. C’est vrai pour tous les films, c’est juste que pour ce dernier ce postulat est plus significatif... Soit c’est blanc, soit c’est noir. Et de manière irréversible.

 

 

 

 


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