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Comment parler le belge ? Philippe Genion.

Par Manus

Comment parler le belge ? Philippe Genion.

Non, ce n'est pas de la "haute" littérature, ni un roman, ni quoi que ce soit de cet ordre là; il s'agit ici d'un ouvrage, sur lequel je suis tombée par hasard il y a quelques jours, et qui avait attiré mon attention.

Philippe Genion, l'auteur,  "est né en 1962. Gros et fier de l'être, il est épicu-tout.

Belge, européen, oenologue et oenophile, naturaliste, puis musicien rock industriel, artificier, critique gastronomique, organisateur de concerts et de conventions, un peu de cinéma et de télé, et à présent, en plus, il écrit.  Pff, cet homme est fatigant..."

Bref, Philippe Genion donc, écrit un livre "Comment parler le belge" aux éditions Points, 2010.

Un livre que l'on parcourt rapidement, qui présente avec humour et un esprit potache la mentalité belge, un livre du terroir certainement, qui passe en revue, par ordre alphabétique, le vocabulaire typiquement belge.

Il ne sera jamais mon livre de chevet - ce n'est pas mon type de lecture -  mais il m'a émue : au vu des difficultés et de la crise sans précédent que traverse aujourd'hui la Belgique, j'avais envie de mettre en avant ce petit ouvrage, tout simple, tout humble, qui est un peu le coeur de la patrie qui bat encore, alors que celle-ci se meurt, d'une lente agonie, offrant aujourd'hui en spectacle ses derniers soubresauts.

Dans son introduction, il dit ceci (P10) : "(...) Ce petit pays, indépendant depuis 1830 malgré les tentatives de certains extrémistes flamingants de le séparer en deux, reste uni pour le meilleur et pour le rire" 

Si c'était vrai.  Mais il est trop tard.  Aujourd'hui, pour la cinquième fois, le Premier Ministre Leterme présente sa démission au Roi, qui l'a acceptée.  La Belgique ne rit plus, elle pleure.

"Bourgmestre : Chez nous, les communes et les villes n'ont pas de maire, elles ont un bourgmestre.  Littéralement "Maître de Bourg".  Ses adjoints sont les échevins, d'où l'expression "collège échevinal", parmi lesquelles les femelles sont des échevines, parfois ouvrières."

Pour l'heure, échevins et politiques francophones sont encore à se demander ce qui a pris à Alexandre De Croo (Président du VLD) de saborder son propre pays, sans avoir voulu négocier quoi que ce soit.  Alors qu'Herman Van Rompuy est à l'Europe, la Belgique, elle, se coupe en petites lamelles bien définies et nazillonnes.

"Chope : Verre de bière aussi appelé pinte, ou crasse-pinte, ou pintje à Bruxelles et au Nord"

Désormais, on appellera les bières "chope" qu'à Bruxelles.

"Faire la file : faire la queue (alors que "faire la pipe" c'est sucer la queue, ou aussi nettoyer une pipe (voir aussi Magritte et Deep Throat)"

Le belge fait la file maintenant, c'est certain.  Le rang s'allonge tel un serpent grouillant sur le trottoir, certains se demandent s'ils se rattacheront à la France, d'autres s'ils iront plutôt vers les luxembourgeois, et les derniers enfin, qui tempèrent, et espèrent encore que les élections prévues au vu de la situation délicate, auront encore du sens, et permettront au pays de se reconstruire, d'une façon ou d'une autre.

Allez, un petit dernier de chez Genion avant de terminer :

"Rire : Verbe fondamental dans la langue et l'attitude belges.  Il n'y a pas de belgitude sans rire.  La truculence fait partie intégrante de la belgitude.  L'expression "Rire c'est rire" signifie qu'il y a un temps pour tout : quand on plaisante, on doit être clair, et lorsqu'il faut redevenir sérieux, ben... on ne rit plus !  Il existe aussi une expression très imagée : "Rire c'est rire, mais pischi sul dos dè's'grand-mère et dire qu'elle transpire, ca, ca n'est plus rire !"

Panthère.


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