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Fight Club: présentation d'un schizophrène

Publié le 13 mai 2010 par Olivier Walmacq

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l'histoire: Un simple employé de bureau mène une existence terne et anonyme. C'est pourquoi il devient membre du Fight Club, un lieu clandestin où il va pouvoir retrouver une identité. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d'anarchiste entre gourou et philosophe.

Attention, il ne s'agit pas d'une chronique de Fight Club, le film ayant déjà été évoqué sur ce blog. Non, il s'agit plutôt ici de réfléchir sur son personnage principal, un employé de bureau, et d'en brosser le portrait psychologique. Première chose étonnante, le héros n'a pas de nom.
Pourtant, c'est bien lui le narrateur du film. Il brosse alors le portrait d'une vie pour le moins impersonnelle.

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Il vit seul dans son appartement confortable, c'est un modeste employé de bureau qui mène une vie quelconque et sans incident majeur.
Pourtant, cette vie ennuyeuse est bousculée par la rencontre avec un fabricant et un vendeur de savons, un certain Tyler Durden (Brad Pitt).
Pour le narrateur, cette rencontre est une véritable révélation.

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Tyler Durden l'entraîne alors dans son univers, donc le Fight Club, qui contient des règles très strictes. La première, et la plus importante étant qu'il ne faut jamais parler du Fight Club.
Tyler Durden suscite donc l'admiration du héros principal. Bientôt, les deux hommes partagent la même maison. Le Fight Club attire très vite de nouveaux membres.
C'est une véritable organisation qui propose des combats violents dans lesquels chacun est amené à se dépasser. Tyler Durden devient rapidement populaire et semble avoir fondé une sorte de secte à part entière.

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Le but ? S'évader de notre société individualiste, de cette consommation qui nous formate comme des individus tristes et solitaires, abandonnés dans quelques groupes de paroles sur les alcooliques anomymes ou les cancéreux en phase terminale.
Le narrateur a donc choisi de suivre Tyler Durden dans ce nouveau trip. Il arrive même à prendre confiance en lui et à quitter son boulot sordide et ennuyeux.

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Oui mais voilà, le narrateur prend alors conscience de ce qu'il est. Tyler Durden n'existe pas. Ce n'est pas une personne réelle. Tyler n'est qu'une création délirante de son esprit.
Le narrateur est donc schizophrène. Sa perception de la réalité est donc altérée. En même temps, Durden représente l'idéal du moi: Tyler parle comme le narrateur aimerait parler, Tyler baise comme le narrateur aimerait baiser...

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Mais Durden ne peut pas continuer à envahir le monde et les pensées du narrateur: en régressant de cette façon, le héros court également à sa perte.
Pour cela, il faut tuer symboliquement Durden de son esprit. Le narrateur se tirera alors une balle en pleine tête. Le monde qui l'entoure est à l'image de son esprit: il est perturbé, chaotique, dispersé.
Ce n'est pas pour rien que le réalisateur, David Fincher, nous montre une ville sur sa fin et en train de s'écrouler dans les dernières minutes du film.

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En tuant symboliquement Durden, le narrateur espère retrouver un certain contact avec la réalité. Pourtant, pendant tout le film, il n'a pas conscience de sa maladie.
On parle d'anosognosie, un trait typiquement psychotique et donc schizophrène. Ce qui explique probablement ses changements d'humeur, une tendance à l'autodestruction et des hallucinations aux thématiques complexes.
Le narrateur semble souffrir d'une forme particulière de schizophrénie que l'on appelle héboïdophrénie. Tout du moins, les traits évoqués dans le film sont une forme grave de schizophrénie. Cette dépersonnalisation va avoir de nombreuses conséquences sur la vie du narrateur: chaos, confusion, savon.

Eelsoliver


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