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Retraites : les jeunes ne sont pas un alibi

Publié le 17 mai 2010 par Letombe

 

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Dans le débat public, les jeunes sont souvent l’argument de vente imparable d’une réforme d’ampleur voulue par la droite. Vous devez parler des retraites ? Vendre des sacrifices ? Rien de plus facile. Dites que vous le faites au nom des « générations futures » et le tour sera joué. Et pourtant, jamais dans un débat de cet ampleur dans notre pays on a aussi peu considéré une génération et son avenir. Nous ne sommes que l’argument d’autorité justifiant l’augmentation de la durée de cotisation qui serait destinée à « pérenniser le système des retraites » à l’horizon 2050.

Cette communication sur des réformes structurelles qui seraient menées au nom de la jeunesse et de son avenir n’est qu’une imposture. Qui se soucie des jeunes ? Quelles sont les grandes réformes pour résorber leur chômage, pour régler leur problème de logement, où est le volontarisme pour s’attaquer aux bas salaires et à la précarité ?

La réalité est que la droite a choisi de se désintéresser de la situation économique et sociale des jeunes de 2010, tout en prétendant préparer leur avenir. Il y a là un paradoxe flagrant, car comment assurer la pérennité d’un système de protection sociale fondé sur la solidarité, si d’ores et déjà la partie la plus jeune de la population est également celle la plus fragile ?

Avoir 20 ans aujourd’hui, c’est être jeune dans une société qui vieillit et qui pour la première fois voit une génération vivre moins bien que celle de ses parents. Les jeunes sont les principales victimes des crises qui affectent notre société. S’il veut obtenir et garder un travail, un jeune doit accepter d’être moins bien rémunéré, de travailler plus longtemps et dans des conditions de stress plus grandes du fait de la précarisation de l’emploi.

Personne n’ose dire que cette génération au nom de laquelle cette réforme serait faite aura le moins de semestres cotisés du fait de l’allongement du temps des études. Elle aura un niveau de pension inférieur à celui de ses parents. Une personne née en 1935 touchait plus de 80% de son dernier salaire en partant en retraite alors qu’une personne née en 1985 en touchera 60%.

L’objectif devrait être d’atteindre le plein emploi pour assurer des conditions de vie décentes aux jeunes d’aujourd’hui tout en garantissant l’avenir du système des retraites par répartition.

Aucun ministre, parlementaire, ou membre du COR n’a moins de 30 ans. Le jeudi 6 mai prochain, le Mouvement des Jeunes Socialistes sera reçu par le Ministre du Travail, Eric Woerth. A cette occasion, nous invitons le gouvernement et les partenaires sociaux à considérer les organisations de jeunesse comme de véritables interlocuteurs.

Nous sommes partisans d’une forte solidarité intergénérationnelle et rien ne serait plus absurde qu’une guerre des âges. Mais nous ne nous laisserons pas confisquer notre avenir, avec des réformes faites en notre nom, sans nous consulter réellement et qui nous pénaliseraient les premiers.

Par Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes
Tribune parue dans les pages Rebonds du quotidien Libération le vendredi 30 avril 2010

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